Des coupures sur le réseau mobile cet hiver : c'est possible !

Des coupures sur le réseau mobile cet hiver : c'est possible !

La France va avoir bien du mal à s'approvisionner en énergie cet hiver, et le réseau de téléphonie mobile pourrait en pâtir. Des coupures électriques allant jusqu'à deux heures par jour seraient à prévoir…

L'hiver s'annonce rude avec la crise énergétique que nous traversons. D'une part, à cause de la guerre en Ukraine quia engendré une forte hausse des prix du gaz, du pétrole et de l'électricité. De l'autre, à cause des 32 réacteurs nucléaires actuellement à l'arrêt en France pour  maintenance. Même si trois d'entre eux vont redémarrer d'ici fin novembre selon les promesses d'EDF, des coupures d'électricité ponctuelles vont certainement avoir lieu durant les pics de consommation. Pour éviter ce cas de figure au maximum, le Gouvernement a lancé le 6 octobre un plan de sobriété énergétique mais, si cela venait à pas à suffire, Enedis, qui est en charge de la gestion et de l'aménagement de la majorité du réseau de distribution d'électricité en France, prévoit des coupures de courant dans certaines parties du pays – à tour de rôle – pour une durée maximale de deux heures, ce qui devrait impacter fortement le réseau de téléphonie mobile. Les opérateurs font de leur mieux pour se préparer.

Crise énergétique : les opérateurs mobiles se préparent à des coupures de 2 heures

Des coupures sur le réseau électrique mobile… Un scénario de plus en plus plausible pour quatre responsables du secteur des télécommunications interrogés par Reuters, qui jugent les systèmes de secours pour faire face à des coupures de courant généralisées actuellement insuffisants. En effet, en Europe, la majorité des tours de télécommunications sont équipées de batteries de secours capables de tenir pendant environ 30 minutes. Or, les coupures annoncées par Enedis seraient d'une durée maximale de deux heures… Dans ce cas, seules les sections du réseau relatives aux services jugés essentiels seront préservées – police, défense, hôpital, industries critiques, armée... Les opérateurs téléphoniques ne sont donc pas concernés, et seules les collectivités peuvent ajouter les infrastructures locales des opérateurs à la liste. Une mesure qui pourrait permettre de protéger les réseaux fixes, mais pas les réseaux mobiles, puisqu'il est difficile d'isoler une antenne mobile sur délestage. Alors 50 000 antennes de téléphonie sans fil, n'en parlons pas.

Enedis a déclaré à Reuters que tous les clients seraient traités sur un pied d'égalité en cas de pannes exceptionnelles. Alors, les opérateurs mobiles tentent de se préparer au mieux, et ont demandé à Enedis de rallonger le délai entre l'annonce d'une coupure et son application – les opérateurs sont prévus la veille pour le lendemain.  Comme le rapporte le Journal du Net, Orange a prévu de choisir les zones d'effacement pour "continuer à y assurer une couverture via des antennes installées sur des zones adjacentes," comme l'explique Gaëlle Le Vu, directrice la communication et de la RSE d'Orange France. L'opérateur prévoit "de basculer une heure par jour plusieurs milliers d'installations du réseau fixe sur batteries" afin de permettre "d'économiser sur ce laps de temps jusqu'à 20 MW, soit la consommation instantanée d'une ville moyenne de 40 000 habitants". De son côté, Iliad choisit d'éteindre certaines bandes de fréquences la nuit. "Un effort qui se traduit par une baisse de la consommation électrique du site supérieure à 10 % […] sans impacter les usages et la qualité de service", précise l'entreprise. Elle s'engage à "effacer jusqu'à 7,05 MW de la consommation instantanée de ses datacenters cet hiver en cas de tension énergétique à l'échelle du pays, et ce pendant des durées de 1 à 24 heures consécutives à chaque fois que nécessaire pour participer à l'équilibre du réseau français d'électricité".

Crise énergétique : des risques de coupures Internet

Les réseaux mobiles ne sont malheureusement pas les seuls concernés. En effet, Jean-Noël Barrot, le ministre de la Transition numérique, a annoncé sur Europe 1 que des coupures Internet auront très certainement lieu cet hiver. Le Gouvernement prévoit d'imposer aux fournisseurs d'accès à Internet (FAI) de mettre automatiquement en veille les box durant la nuit. Rien d'alarmiste cependant, puisque certaines box disposent déjà d'un système de veille automatique, qui se met généralement en route la nuit. Il ne s'agit donc que de réaliser une "mise à jour qui permette cette mise en veille de manière plus systématique". Les nouvelles box qui arriveront sur le marché, elles, devront obligatoirement intégrer cette fonction. Ainsi, le Gouvernement espère "réduire la consommation énergétique sans aller demander des efforts trop importants aux Français".

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