RAM : type, format, CAS, vitesse, tout sur la mémoire vive
"RAM : type, format, CAS, vitesse, tout sur la mémoire vive"

RAM : type, format, CAS, vitesse, tout sur la mémoire vive

RAM : type, format, CAS, vitesse, tout sur la mémoire vive

La mémoire vive (ou Ram) est l'un des composants essentiels d'un ordinateur. Si sa quantité est importante, il ne faut pas pour autant négliger ses autres caractéristiques techniques qui impactent les performances. Revue de détail.

La mémoire vive – ou Ram, pour Random Access Memory en anglais –  est l'un des trois composants les plus importants de votre PC, avec le processeur central (CPU) et le stockage (que l'on peut aussi appeler "mémoire de masse").La mémoire vive est indispensable au fonctionnement de votre ordinateur (PC ou Mac, peu importe) puisqu'elle reçoit, stocke et redistribue les données que lui envoient le processeur et le disque dur lorsqu'il s'agit de lancer un programme, quel qu'il soit. C'est un composant vital qui, s'il dysfonctionne, peut mettre en péril toute la stabilité de la machine jusqu'à la rendre (très) lente voire inopérante. 

La mémoire vive est semblable à un quai d'entrepôt de marchandise en transit. Beaucoup de données y passent mais aucune n'y reste très longtemps. À peine arrivées dans l'entrepôt "mémoire", déposées par un camion "programmes" ou "composants", les données sont stockées le temps qu'un autre camion (toujours "programmes" ou "composants") viennent la reprendre. Ce camion l'achemine vers son destinataire qui peut être... soit un logiciel soit un autre composant. Entre le moment où le dépôt s'effectue et que le nouveau départ est pris, c'est souvent immédiat, mais quelques nanosecondes peuvent également s'écouler. Une chose est sûre : la mémoire ne stocke pas inutilement des données trop longtemps et encore moins en dehors des heures d'activité !

La mémoire vive est dite "volatile" et n'a pas vocation à conserver quoi que ce soit. Elle a besoin d'être alimentée en permanence pour rester en alerte et faire son travail correctement. C'est sa nature. Tout l'inverse des disques durs, des SSD, des clés USB et des antiques supports magnétiques, qui peuvent conserver leurs données même sans aucune énergie électrique.

Sur les fiches techniques des machines vendues dans le commerce, la mémoire vive est toujours annoncée sous forme de quantité. Si, par le passé, cette quantité (ou capacité) atteignait quelques Mo (mégaoctets), elle se compte aujourd'hui en Go (Gigaoctets). Suivant les PC ou les Mac, cette quantité varie entre 4 à 128 Go ; la quantité de mémoire standard pour qu'un ordinateur avec Windows 10/11, Linux ou MacOS tourne correctement est 8 Go mais nous recommandons toujours 16 Go pour être plus à l'aise. Des gigaoctets qui sont concentrés au sein de petits composants électroniques rectangulaire que l'on appelle "module mémoire".

Ces "modules" sont soit tous soudés à la carte mère directement et sont donc inamovibles (sur les PC ultrafins par exemple), soit ils sont disposés sur un circuit imprimé rectangulaire que l'on appelle "barrette". Dans les deux cas, ils sont tous reliés à la carte mère par le biais d'une interface, qu'elle soit visible ou non.

Dans le cas de la mémoire soudée, les modules sont très proches du processeur et sont solidaires de la carte mère. Dans le cas des barrettes mémoire, l'interface de connexion est bien visible : elle se matérialise sous la forme d'une rangée de connecteurs qui viennent prendre place dans un emplacement précis de la carte mère (les emplacements DIMM), à proximité du processeur. Pourquoi ? Afin que les dialogues et les échanges d'informations se fassent le plus vite possible entre eux pour garantir une réactivité sans faille. La vitesse de dialogue est déterminée par un contrôleur mémoire, intégré au processeur, les temps de latence et la vitesse de la mémoire elle-même.

© howtogeek.com

Bien que nous reviendrons sur tout ceci plus en détail, il est bon de préciser tout de suite que, à l'instar du processeur, la mémoire vive est plus ou moins rapide suivant les modèles et les générations. Son indice de vélocité est le même que celui du CPU : le hertz. Dans le cas de la mémoire, on parlera plus facilement de MHz, même lorsque l'on dépasse les 1000 MHz (soit 1 GHz, pour rappel). Pour faire simple, plus le nombre de mégahertz est élevé plus la mémoire est rapide et peut donc répondre efficacement à toutes les sollicitations, que ce soit pour héberger des données ou les rendre.

RAM et ROM : quelles différences ? 

La "ROM" est une mémoire morte (Read Only Memory). Elle n'a pas besoin de courant pour vivre, uniquement pour être consultée. En clair, on y a inscrit des données précises, qui y restent et dont la nature n'a pas vocation à changer sauf en cas de reprogrammation. Il en existe différents types comme la PROM (Programmable ROM), l'EPROM (Erasable PROM), etc.

La mémoire de nos disques durs, SSD, clés USB, etc. elle, est dite "de masse" car, elle peut conserver des données dans ses cellules (sous forme de langage binaire) elle et peut répercuter des changements à la volée (modification, réécriture, suppression, etc.)

© circuitbasics.com

Les barrettes mémoire, elles, sont faites de "RAM" d'où leur appellation de mémoire vive. La RAM - elle... n'a pas de "mémoire" autre qu'immédiate. Si vous éteignez votre PC, elle oublie tout. Votre disque dur ou votre SSD, non. Si vous passez en veille, la mémoire continue d'être alimentée en basse tension ; suffisamment pour que toutes les données ne soient pas effacées.

C'est pour cela que lorsque vous éteignez votre PC et que vous le rallumez, le temps de démarrage de l'OS correspond généralement à celui dont la mémoire a besoin pour :

  1. Engranger toutes les commandes nécessaires pour le lancement de Windows (ou macOS, Linux, etc.), exécutées par le processeur à partir de toutes les informations stockées sur le disque dur ou du SSD, les traiter puis...
  2. Se débarrasser de toutes les informations de démarrages qui une fois le Bureau affiché, sont devenus inutiles et ne lui serviront plus.

C'est après qu'une fusée ait décollé de son pas de tir. Au fur et à mesure qu'elle progresse sur sa trajectoire, elle se débarrasse des éléments dont elle n'a plus besoin et qui pourrait la ralentir et donc ne pas lui permettre d'atteindre la bonne distance hors atmosphère pour accomplir sa mission. La mémoire fait de même au démarrage du PC et va jouer sans cesse avec les données, tel un cuisinier préparant les ingrédients frais d'une recette, à la minute, les réservant sur sa planche, à portée de main, car ils doivent intégrer son plat dans les prochaines minutes et dans les temps sous peine de ralentir tout le service.

Comment fonctionne la RAM ?

Chaque module élémentaire de mémoire vive RAM, bien aligné sur la barrette, est composé d'un nombre faramineux de petits condensateurs emmagasinant des charges électriques en fonction de leur utilisation, c'est-à-dire de la présence ou non d'une information à conserver. Ils sont tous bien organisés, en quadrillage, comme sur une feuille de papier à petits carreaux. Pour faire simple, chaque petit carré détient un fragment d'information, 1 bit d'information, et ces petits carrés sont regroupés par lots pour faire des octets. On rappelle que 1 octet = 8 bits. Pour stocker sans cesse plus de bits dans les modules de mémoire élémentaire, on en augmente la densité grâce à la miniaturisation de gravure et, aussi, en les empilant les uns sur les autres.

C'est ce nombre de paquets qui est ensuite traduit par la capacité totale de la mémoire vive, annoncée sur les étiquettes des ordinateurs ou les fiches techniques des composants. Voilà pour la partie architecture, passons au fonctionnement interne de manière très simple.

© G.Skill

Les composants qui ont accès à la mémoire vive et qui ont besoin de stocker ou d'utiliser des informations ne peuvent pas le faire comme bon leur semblent. Là encore, pour faire (très) simple, c'est un "archiviste" qui se charge de consigner et ranger les données constituant les informations. Lorsqu'un composant a un besoin, il en fait la demande à "l'archiviste" pour que ce dernier retrouve au plus vite l'information idoine. Tout va très vite ; les opérations sont dépendantes de la fréquence de la mémoire. Cette dernière joue un rôle important - c'est elle qui va permettre à la bonne étagère d'être tout de suite identifiée par notre archiviste. Toutefois, ce dernier doit maintenir son registre à jour et noter les entrées et sorties. Un peu procédurier ? Oui mais c'est nécessaire. Cette procédure engendre des "temps de latence", exprimés en nanosecondes et qui sont des spécifications indiquées sur les barrettes, comme nous vous l'expliquerons plus loin.

La mémoire dernière génération a décuplé le nombre d'archivistes présents au sein d'une même barrette. Ils sont à la fois compétents pour la réception comme pour la délivrance de données, ils ont tous un registre commun qui se met à jour sans cesse ce qui leur permet, en plus, de multiplier les communications sur ce qu'on appelle les fronts montants et descendants de la mémoire et de pouvoir se substituer les uns aux autres pour accélérer encore le traitement des demandes et, ainsi, réduire les temps de latences.

Quels sont les différents types de RAM ?

Depuis que les ordinateurs existent, une multitude de formats de mémoire vive a vu le jour. Tous avaient la même mission mais des capacités et des spécificités parfois bien différentes. Certains ont marqué leur temps (comme l'EDO pour Extended Data Out RAM, mémoire vive à sortie de données étendue) d'autres sont complètement passés sous les radars ou seulement utilisés dans des systèmes spéciaux ou avec des composants précis (Rambus DRAM pour le Pentium 4 d'antan) ou destinés à l'industrie.

La SDRAM en haut, l'EDO en bas © Wikipedia

À la fin des années 1990, la SDR SDRAM (Single Data Rate Synchronous Dynamic Random Access Memory) s'est imposée dans tous les PC grand public et professionnel comme une solution appropriée, compatible avec beaucoup de composants et, surtout, grandement évolutive. Aujourd'hui, c'est d'ailleurs une version améliorée de celle-ci qui est en activité dans nos PC. On l'appelle DDR SDRAM (Double Data Rate Synchronous Dynamic Random Access Memory) mais elle reste de la SDRAM avant tout. On n'utilise toutefois que l'appellation DDR pour plus de praticité et, surtout, pouvoir lui adjoindre un chiffre qui désigne sa génération : DDR1, DDR2, DDR3, DDR4 et DDR5.

Ce qui distingue la DDR de la SDR ? Les fréquences de fonctionnement, les temps de latence, la taille des tuyaux de transmissions des donnés et donc, par extension, la possibilité d'augmenter la capacité des modules mémoire embarqués. Par exemple, la SDR ne pouvait échanger des informations que sur une seule voie, la DDR1 a doublé la mise. Les autres générations ont presque toutes conservé cette multiplication de voies d'échange ou les ont élargi pour permettre aux informations de transiter en grande quantité, plus vite, toujours plus vite. Une accélération rendue possible et nécessaire car les processeurs, eux, dans le même temps voyaient le nombre de leurs cœurs multipliés et donc pouvant traiter plus d'informations en même temps et à vitesse constante voire, en légère augmentation.

Autre point d'amélioration, génération de DDR après génération de DDR : la consommation électriques des modules. Entre la DDR3 et la DDR2, une économie de 40% de courant sollicité a été réalisée. Depuis, le gap est moins important mais les solutions sont de plus en plus efficientes énergétiquement grâce à une meilleure finesse de gravure, une amélioration de la qualité des composants, une meilleure maîtrise dans le phénomène de fuite de courant, etc.

On notera aussi l'existence de la LPDDR qui est généralement embarquée dans nos smartphones ou nos ordinateurs ultrafins. C'est une itération Low Power de la DDR, toujours soudée à la carte mère et qui consomme donc moins de courant (0,6 Volts pour la LPDDR4x, 1,1 V pour la LPPDR4 contre 1,2 V en moyenne pour la DDR4). Elle fonctionne selon des fréquences un peu plus exotiques aussi (4266 MHz) mais affiche un excellent rapport performance/consommation.

Attention, enfin, à ne pas la confondre la DDR-SDRAM avec la GDDR-SDRAM (Graphic Double Data Rate Synchronous Dynamic Random Access Memory). La GDDR n'est utilisée que par les cartes graphiques dédiées et y remplit, peu ou prou, les mêmes fonctions pour le GPU que la DDR le fait pour le CPU. Aujourd'hui, c'est la sixième génération de GDDR qui est à l'oeuvre, la GDDR6. Elle se décompose en format classique et format GDDR6X pour les cartes graphiques les plus haut de gamme.

© Micron Technology

Il est vrai que, par le passé, les fabricants de cartes graphiques ont pu implanter de la DDR2 ou de la DDR3 sur leur carte car les processeurs 3D pouvaient correctement les exploiter. Cependant, depuis plusieurs années maintenant, c'est la GDDR qui lui a succédé car taillée sur mesure pour les données 3D. Reste que les principes de fonctionnement de cette mémoire dédiée sont les mêmes.

Quels sont les différents formats de barrettes de RAM ?

Historiquement, 3 grands formats de barrettes de mémoire vive ont existé dans le monde de l'ordinateur grand public. Toutes sont rectangulaires mais leur largeur et leur longueur varient.

  • La SIMM pour Single In-Line Memory Module qui n'a été utilisée que par les très anciens systèmes (Commodore, 286, 386, 486 et les tout premiers Pentium). Elle se déclinait en format 30 - 8 bits - ou 72 broches - 32 bits. Les modules mémoires ne se trouvaient sur une face de la barrette seulement. Le format SIMM a été celui de la SRAM et s'est éteint avec elle.
  • La DIMM pour Dual In-Line Memory Module qui est celle que nous utilisons encore aujourd'hui et qui est taillée pour les PC de bureaux. Selon les générations de DDR, les connecteurs ont plus ou moins de broches et, surtout, un ou plusieurs détrompeurs pour vous empêcher de connecter de la mémoire vive inappropriée à votre carte mère. Quoi qu'il en soit la DIMM est par essence de la mémoire 64 bits que l'on peut utiliser pour faire tourner des programmes 32 ou 64 bits. Là, les composants "modules mémoires" sont disposés sur les deux faces de la barrette rectangulaire.
Les différentes générations de DDR
© atpinc
  • La SO-DIMM pour Small Outline Dual In-Line Memory Module est la mémoire qui se trouve dans les PC portables. C'est un format réduit de la DIMM, tout simplement.
Comparaison de gabarit entre un module DIMM et un module SO-DIMM
En haut, une barrette DIMM en dessous, une barrette SO-DIMM © Sensorstechforum

Suivant les barrettes et les capacités proposées par ces dernières les modules peuvent être sur une seule des deux faces de la petite barrette. Sur le visuel ci-dessus, les deux barrettes présentées fonctionnent à la même fréquence, propose la même capacité. Simplement, la première est taillée pour le PC de bureau et la seconde, pour les PC portables. On précisera toutefois que certains minis PC de bureau (comme les NUC d'Intel ou certains ZBOX de Zotac) utilisent de la SO-DIMM en lieu et place de la DIMM classique, faute de place dans les boîtiers.

C'est quoi l'ECC ?

Certaines barrettes mémoires sont dites ECC (Error-Checking Capabilities) car elles embarquent un composant qui peut détecter toute erreur d'écriture ou de lecture. Mieux, il peut, de lui même, corriger le tir. Il faut, bien évidemment, que la carte mère de la machine accepte de telles barrettes sur ses emplacements et surtout que la fonctionnalité soit activée dans les entrailles de la machine. La mémoire idéale car intelligente ? Pas vraiment.

Entre les deux rangées de modules mémoire, le composant ECC capable de corriger les erreurs à la volée © Samsung

À cause de toutes ces restrictions et spécificités (qui entraînent des coûts supplémentaires), les barrettes ECC ne sont pas privilégiées par les marques grand public. C'est pour cela qu'on les trouve sur les serveurs, les machines de production informatisées professionnelles ou même certaines stations de travail pour le traitement de données relatives à la finance et au médical, là où les calculs de précision sont de mise et les erreurs de précisions, intolérables. En clair, au moment de changer vos barrettes mémoires, faites attention que le nouveau modèle qui vous fait tant envie ne soit pas de type ECC, c'est généralement bien indiqué sur les fiches techniques.

La CAS Latency et la Latence globale : explications

La performance de la mémoire DRAM repose uniquement sur deux facteurs : la vitesse (ou cycle d'horloge), exprimée en hertz, et la latence, exprimée en nanosecondes. Plus la vitesse est élevée et la latence est basse, plus les performances sont importantes. Un exemple ?

Prenons deux modules : un module mémoire DDR4-2400 (pour 2400 MHz) et un module DDR4-3200 (3200 MHz).

De prime abord, le premier est moins rapide que le second. C'est vrai. Toutefois une autre donnée entre en ligne de compte : la CAS Latency  abréviée CL. Pour faire simple, la CL correspond au temps nécessaire pour qu'une action de lecture ou d'écriture soit honorée par les cellules de la mémoire. Attention, ce n'est pas le temps que la mémoire met à enregistrer ou à délivrer la donnée. Ca c'est la Latence globale.

Pour mesurer la latence globale (en ns) d'une barrette = durée du cycle d'horloge (ou Latence CAS en ns) x nombre de cycles d'horloge.

© Crucial Memory

On voit, ci-dessous que l'indice de performance (200) est le même pour les barrettes 2400 MHz en CL 12 qu'en 3200 MHz avec une CL de 16. Bilan, la CAS Latency est plus importante sur la seconde barrettes que sur la première bien que la première, elle, soit moins rapide (puisque de fréquence inférieure). Il n'est pas évident que les performances soient, in fine, meilleures avec de la 3200 MHz en CL 16 qu'avec de la 2400 MHz en CL 12. Tout dépendra de votre processeur et de sa prise en charge et/ou sa sensibilité vis à vis de la fréquence élevée.

Vitesse et Cas Latency DDR3 et DDR4 : indice de performance © CCM

Comme le montre le tableau ci-dessus, entre deux barrettes de fréquences et de CAS Latency différentes, l'indice de performance peut demeurer le même. Ainsi, des barrettes à 2400 MHz en CAS Latency (CL) 12 offrent le même indice que des barrettes 2800 MHz en CL14 ou encore que des barrettes en 3400 MHz en CL 17 !

Dans la même logique, si pour un même module de DDR4-3200 vous avez le choix entre un kit dont la latence du premier est de 15 et l'autre, de 19, prenez le premier : la latence sera moins élevée, la vitesse la même et donc les performances seront clairement au rendez-vous.

La CAS, le RAS, la fréquences : les spécificités techniques clés

Plus les générations de DDR se succèdent et s'améliorent, plus la fréquence tout comme la CAS Latency augmentent. À l'inverse, les Durées de cycle d'horloge sont de plus en plus rapides, ainsi de facto, la latence globale varie également d'une type de mémoire à un autre.

Ce que vous retrouverez aussi sur les fiches techniques des barrettes mémoires, en plus de la "CAS Latency" ce sont la donnée relative à la CAS (Column Address Strobe ou délai d'activation d'une colonne en bon français), le RAS, les fréquences et la bande passante annoncées.

Nous l'avons dit, le CAS est le délai d'activation d'une colonne de données.

Il existe aussi le RAS (Row Adress Strobe) qui est le délai d’activation d'une rangée de données. Lorsque nous avons abordé la manière dont fonctionnait la mémoire vive, nous vous avons représenté l'architecture interne des modules comme des feuilles à petits carreaux, à dessein. Filons la métaphore de la feuille à petits carreaux que nous avons utilisé pour expliquer la structure et le fonctionnement de la mémoire.

À chaque intersection de quadrillage se trouve une "adresse". Elle correspond à celle d'un emplacement ou d'un lot d'emplacements de données disposées là de manière temporaire. Jusque là, tout va bien. Cette information est celle que notre archiviste consigne dans ces registres. Donc, en croisant le RAS et le CAS, on obtient les coordonnées exactes des données. Ainsi, lorsque le processeur a besoin d'un type de données, l'archiviste sait ce qu'il cherche et n'a plus qu'à se rendre à cette adresse pour prélever (ou ranger) les données. Tout se passe vite, nous vous le disions précédemment. Vite mais pas immédiatement. Il faut du temps (des nanosecondes, encore elles) pour que tout cela se produise, c'est ce que traduisent les caractéristiques appelées "timings".

Les timings d'accès que l'on trouve dans les fiches techniques sous la forme de 4 ensembles de nombres (36-36-36-76 par exemple). Ils correspondent aux temps nécessaires pour accès à une donnée stockée sur notre quadrillage suivant qu'elle se trouve sur une ligne ou une colonne et qu'elle rejoigne l'intersection pour être exploitée. Plus les timings sont bas, mieux c'est... et plus c'est cher. Notez qu'il arrive que les temps d'accès d'une colonne soit plus rapide que ceux d'une rangée. Et vice-versa.

Certains sites marchands spécialisés renseignent précisément les timings de la mémoire vive © Materiel.net

Voici ce que sont ces 4 chiffres, généralement l'ordre d'énoncé est comme ci-après, mais il arrive que certains sites commerçants ou marques intervertissent les données, tout en le mentionnant (voir ci-dessus).

  • La CAS Latency (pour Column Address Strobe Latency) dont nous avons parlé plus haut, la fameuse "CL" qui est le nombre de cycle d'horloge entre l'envoi de la commande de lecture et l'arrivée de la donnée.
    Selon notre logique de papier à petits carreaux, c'est le temps d'accès à une colonne de données.
  • Le RAS Precharge Time (tRP) qui correspond au nombre de cycles d'horloge entre deux instructions Row Adress Strobe. Pour faire plus simple : le temps nécessaire entre deux accès consécutifs à une même ligne de notre quadrillage.
  • Le RAS to CAS Delay (tRCD) qui correspond au nombre de cycles d'horloge requis lorsqu'il s'agit d'accéder à une ligne puis à une colonne de notre quadrillage
  • Le RAS Active Time (tRAS) qui correspond au nombre de cycles d'horloge au temps d'accès à une ligne.

Puisque nous parlons des fréquences, intéressons nous à elles plus dans le détail. Elles sont indiquées en MHz sur les fiches techniques mais elles sont données en mesure relative et non effective. En clair, une barrette mémoire qui est annoncée comme fonctionnant à 3200 MHz propose, en fait, une fréquence de fonctionnement de 1600 MHz en entrée et de 1600 MHz en sortie. Et non de 3200 MHz en entrée et sortie. C'est un détail qui compte ! Et si nous voulons aller plus loin, sachez que la donnée de 1600 MHz ne correspond qu'à la vitesse des activités menées pas à celle du fonctionnement de toute la barrette. Celle-ci est, en réalité de... 400 MHz (4 x 400 = 1600 MHz x 2 = 3200 MHz).

Ne soyez donc pas étonnés si, lorsque vous scannez votre PC avec CPU-Z par exemple, dans l'onglet consacré à la mémoire, apparaît une fréquence bien en dessous de celle qui est notée sur le carton de votre kit tout neuf. CPU-Z vous donne la fréquence effective, non relative.

Suivant la génération, pour des raisons strcuturelles que nous n'expliquerons pas ici, le multiple peut changer. Un exemple pour bien comprendre ? Bien sûr ! Prenez un kit DDR2 à 800 MHz d'un côté, et un kit DDR3 800 MHz de l'autre.

  • Tous les deux offrent la même fréquence de fonctionnement sur le papier.
  • Pour notre kit de DDR2 : la fréquence d'entrée/sortie est de 400 MHz (800 / 2) et la fréquence réelle est de 200 MHz (400 / 2).
  • Pour notre kit de DDR3 : la fréquence d'entrée/sortie est de 400 MHz (800 / 2) et la fréquence réelle est de 100 MHz (400 / 4) (architecture différente).
  • Tous deux vont toutefois offrir une même bande passante de 6,4 Go/s et seront donc respectivement appelés PC2-6400 et PC3-6400.
  • Bilan, même si la DDR3 est d'une génération supérieure à la DDR2, elle n'est pas plus rapide. C'est la DDR2 qui l'est et davantages encore si sa CAS Latency s'avère plus faible.

Puisque nous en sommes à parler de bande passante, elle est incarnée par la nomenclature "PCX-WWWW" (X et W sont des chiffres) que l'on trouve souvent sur les fiches techniques.

Outre le chiffre X qui va déterminer la génération de la mémoire (PC3 pour DDR3, PC4 pour DDR4), c'est surtout le nombre "WWWW" qui nous intéresse et est à considérer en entier. C'est l'expression de la bande passante en Mo/s, unité qui n'apparaît jamais. Ce nombre vous renseigne - indirectement - sur la fréquence (encore elle) et - directement - sur la bande passante totale de la mémoire.

Voici un exemple qui fera de vous un incollable de la nomenclature mémoire.

  • La fiche technique d'un kit de barrettes mémoire indique PC4-25600.
  • C'est donc un kit mémoire DDR4 puisque le chiffre juste après les lettres "PC" est un "4".
  • En déduire la fréquence est "simple" : on divise 25600 (Mo/s) par 8 bits (soit un octet) et cela nous donne 3200, soit la fréquence effective de 3200 MHz. Cette donnée est toujours indiquée sur les fiches techniques des constructeurs et des sites marchands, la vérifier est aisé.
  • Le nombre 25600 correspond à la bande passante totale que peut gérer la mémoire. Là, pas la peine de faire de savants calculs, juste une conversion : 25600 Mo/s = 25,6 Go/s pour que ce soit plus facile à prononcer. La bande passante totale admissible de la mémoire est de 25,6 Go/s.

La RAM, ça consomme ?

Terminons cette partie très technique et peine de nombres, en parlant de tension et donc, de voltage.

© G.Skill

La tension est sans doute la donnée la plus simple à comprendre ici : elle est exprimée en volts et renseigne sur les besoins en énergie de chaque barrette. Plus elle est basse, moins la ou les barrettes consomment d'énergie.

Attention, la carte mère de votre PC peut ne pas prendre en compte les tensions recommandées pour les barrettes. Pas de panique, toute barrette a un seuil de fonctionnement minimum (que l'on appelle les valeurs JEDEC, du nom de l'organisme qui certifie les standards de RAM), avec des tensions basses et donc une fréquence et des timings adaptés. Si vous savez que votre carte mère prend en charge la tension native de vos barrettes, direction le BIOS où vous ajusterez cette valeur dans le menu idoine. C'est aussi dans ce menu que vous pourrez activer les profils XMP ou AMP que nous allons détailler juste après avoir abordé la question du Dual Channel.

C'est quoi le Dual Channel ?

Le Dual Channel, le Triple ou même le Quad Channel pour certaines séries très puissantes de processeurs est un mode de communication entre le CPU et la mémoire.

Le Dual Channel ou "mode entrelacé" en français permet de doubler la bande passante... mais pas les performances de traitement, nuance ! Celles-ci ne se cumulent malheureusement pas avec le Dual Channel. Néanmoins, il y a de beaux gains : de l'ordre de +20% en moyenne suivant le type de mémoire, le contrôleur mémoire du processeur et... le processeur lui-même.

En haut, le Single Channel, en bas, le Dual Channel © Crucial

Si votre carte mère possède entre 1 et 2 slots pour de la mémoire, vous êtes en configuration Single Channel. Entre 2 et 4 slots, c'est soit du Single Channel ou du Dual Channel (se référer au manuel de la carte mère). S'il y a 6 emplacements, vous pouvez soit activer le Dual ou le Triple, suivant le processeur à la barre. Huit emplacements ? Royal : c'est le Quad Channel qui opère et vous avez un processeur monstrueux dans votre PC, comme sur la photo ci-dessous.

Le Quad Channel, en image : deux couples de barrettes de chaque côté du processeur © G.Skill

Pour que le Dual, le Triple ou le Quad Channel fonctionnent, il faut insérer deux / trois / quatre barrettes de mémoire physiques dans deux / trois ou quatre emplacements ; référez-vous au mode d'emploi de votre carte mère pour bien identifier quels emplacements sont à utiliser en priorité suivant le nombre de barrettes à insérer.

Pour que le Dual Channel œuvre de manière optimale, ces barrettes doivent être de même capacité et avoir les mêmes spécifications techniques, d'où l'importance d'acheter les barrettes par paire dans des kits (sans que cela soit obligatoire). Sachez toutefois que, comme pour tout en informatique, si vous associez deux barrettes de même capacité mais de fréquences et timing différents, le Dual Channel utilisera et appliquera par défaut les réglages de la barrette la moins performante à la seconde. Enfin, depuis quelques générations de processeurs, certains contrôleurs mémoires intégrés parviennent à émuler du Dual Channel alors qu'il n'y a qu'une barrette mémoire physique dans la machine, avec des résultats pas toujours très convaincants.

Comment accélérer la RAM d'un PC ?

Si votre carte mère peut encaisser, par défaut, le voltage recommandé pour les barrettes mémoire que vous venez de vous offrir tant mieux. Mais mieux vaut vous en assurer par le biais de l'un des logiciels de notre boîte à outil, comme CPU-Z par exemple.

Si vous avez la chance de posséder une carte mère milieu ou haut de gamme, il se peut même que vos barrettes puissent aller un peu au dessus des valeurs d'usines et ce, sans avoir à bidouiller de complexes réglages. C'est la mission des profils XMP (Extreme Memory Profile 2.0 ou 3.0 pour les processeurs Intel) ou des profils AMP (AMD Memory Profile Technology pour les processeurs AMD) dont il est souvent fait mention dans les descriptifs sur les fiches techniques ou les sites marchands.

© Corsair memory

Ce sont un à plusieurs préréglages, enregistrés à même la barrette de mémoire et qui s'activent depuis le microgiciel de la carte mère. En les sélectionnant dans le champ approprié du BIOS, ils vont doper les performances de la mémoire dans un cadre testé et validé en usine donc pas de risque de tout endommager en faisant une mauvaise manipulation.

Plusieurs cartes mères (surtout celles pour les PC de gamer ou pour les fondus d'overclocking) offrent l'opportunité de triturer les timings, la tension mais aussi à tout un large éventail de paramètres relatifs à la mémoire comme la CAS Latency, la CAS, la RAS, etc. À ne modifier qu'à condition d'avoir de bonnes connaissances en la matière sous peine de connaître de grosses déconvenues !