X.com : l'appli universelle dont rêve Elon Musk après Twitter

X.com : l'appli universelle dont rêve Elon Musk après Twitter

Elon Musk continue ses frasques et décide finalement de racheter Twitter. Mais le milliardaire prévoit surtout d'utiliser le réseau social pour lancer X.com, une "appli universelle" qui s'inspirerait notamment de WeChat.

Après des mois de rebondissements dignes d'une série télévisée, Elon Musk vient d'annoncer qu'il acceptait de racheter Twitter pour la somme de 44 milliards de dollars, à condition que le procès l'opposant au réseau social soit annulé. Il en a d'ailleurs profité pour reparler, via un tweet, d'un de ses grands projets : X.com ! Il s'agirait d'une sorte de super application, qui combinerait toutes les fonctions nécessaires à la vie quotidienne de ses utilisateurs – réseau social, messagerie instantanée, paiement, service de livraisons et de transports... Le rachat de Twitter aurait un rôle crucial à jouer, la plateforme étant un "accélérateur pour créer X, l'appli universelle". Lorsqu'un internaute lui répond que X aurait pu être créé à partir de rien, le milliardaire lui explique que l'intégration de Twitter pourrait "accélérer le projet de 3 à 5 ans". D'ailleurs, il a déjà acheté le nom du domaine. Sa principale inspiration ? WeChat, une messagerie instantanée multifonctions chinoise qui possède une quasi-exclusivité du marché du pays.

WeChat : le modèle pour X.com

Elon Musk ne cache pas son admiration pour WeChat, une des plus grosses applications de messagerie instantanée, après WhatsApp et Messenger. Développée par Tencent, elle est utilisée pour communiquer en Chine ou avec une personne résidant en Chine – puisque Facebook et WhatsApp sont interdits dans le pays. Elle est très peu utilisée dans les autres pays du monde, car les conditions d'accès sont extrêmement compliquées – il faut être "validé" par des utilisateurs chinois avec des critères bien précis – et le gouvernement scrute attentivement les données de ses utilisateurs – avec des autorisations invasives et de la censure au programme. Sinon, WeChat dispose de toutes les fonctions classiques – ajouter des contacts, engager de nouvelles discussions, créer des groupes, lancer des appels audio et vidéo, envoyer des messages textuels et vocaux, etc. – mais sert aussi de réseau social – on peut y publier des sortes de stories et suivre des pages officielles. Les utilisateurs peuvent aussi entrer en contact avec les personnes autour d'eux via la géolocalisation, et chacun dispose d'un portefeuille virtuel qu'il est possible de créditer pour effectuer des achats sur le marketplace ou en magasin, mais aussi réserver un taxi, réserver un rendez-vous chez le médecin, acheter une assurance, ou encore commander de la nourriture. L'application propose aussi son propre navigateur web et des mini-jeux, et offre de nombreuses options de personnalisation.

En gros, WeChat est un mélange entre WhatsApp, Uber, Uber Eats, Doctolib, Facebook et une banque en ligne. Au final, et malgré un marché limité et délimité, l'application possède 1,2 milliard d'utilisateurs actifs, la plupart basés en Chine. Un résultat impressionnant, y compris pour Elon Musk. "Je pense au phénomène WeChat en Chine, qui est en fait vraiment une excellente, excellente application, mais il n'y a pas de WeChat en dehors de la Chine. Et je pense qu'il y a une réelle opportunité de créer cela. Vous vivez essentiellement sur WeChat en Chine parce que c'est si utile et indispensable à votre vie quotidienne", expliquait le milliardaire aux employés de Twitter en juin dernier. Et il compte bien en faire de même avec X, bien qu'il avoue que ce projet mettra du temps à se concrétiser.

X.com : un projet ambitieux dans un marché très concurrentiel

Ce n'est pas la première fois qu'Elon Musk mentionne son projet X. De base, c'était une start-up de services bancaires en ligne cofondée par l'entrepreneur en 1999. Elle avait pour ambition de proposer les mêmes services que les banques – assurances, prêts hypothécaires, etc. – mais elle a fusionné avec Confignity, son concurrent, pour devenir l'indispensable PayPal, lui-même racheté par eBay en 2002. Résultat : le nom de domaine X.com est vendu aussi. Ce n'est qu'en 2017 que le milliardaire le rachète, car il a "une grande valeur sentimentale". On peut d'ailleurs accéder au site web, depuis remis en ligne, qui se compose d'une simple page blanche avec un X, dans le coin gauche de la page. Notons que l'entité qui est sur le point de racheter Twitter se nomme X Holdings, et ce n'est pas une coïncidence. En juin, Elon Musk déclarait lors d'une assemblée générale de Tesla : "J'ai une sorte de grande vision pour ce que X.com ou l'entreprise X aurait pu être (…) Je n'ai pas vraiment besoin de Twitter, mais Twitter devrait probablement accélérer le projet de trois ans. Je pense que c'est quelque chose qui pourrait être très utile pour ce monde."

Un projet ambitieux, peut-être trop. Plusieurs experts ont expliqué à CNN que le projet semble compliqué à mettre en place. En effet, les réglementations anti-monopole et l'opposition des décideurs politiques pourraient constituer des obstacles. D'autre part, Elon Musk n'est pas le seul à entretenir l'ambition de créer une application universelle. On pense tout de suite à Meta avec ses applications Facebook, Messenger, Instagram et WhatsApp, qui dominent le marché. Rien que pour Facebook, l'utilisateur peut, outre la partie réseau social et groupes – qui connaissent de grosses améliorations –, y acheter des produits, y faire des rencontres, jouer et lire l'actualité. Et il rajoute sans cesse de nouvelles fonctions. Son concurrent TikTok – un autre réseau social chinois – n'est pas en reste et connait une croissance fulgurante. Sur la période 2018-2022, il a attiré en moyenne 340 millions de nouveaux membres actifs par an. Son créateur ByteDance prévoit de rajouter des jeux vidéo sponsorisés par de la publicité et une plateforme de streaming musical – TikTok Music – semblable à Spotify et Apple Music. Autres concurrents potentiels : Grab, en Asie du Sud-Est, une application de taxi qui propose désormais des services de transport, de livraison de nourriture et des services financiers ; ou encore Alipay, un système de paiement appartenant au géant chinois du commerce électronique Alibaba, qui propose plusieurs services, comme la vente au détail, les réservations et le paiement de factures de services publics. Elon Musk a intérêt à s'y mettre sérieusement.