Facebook abandonne la reconnaissance faciale automatique

Facebook abandonne la reconnaissance faciale automatique

RECONNAISSANCE FACIALE FACEBOOK. À la surprise générale, la réseau social a décidé de mettre fin à son système de reconnaissance faciale automatique. Tous les modèles d'identification sur les photos et les vidéos seront supprimées.

C'est une annonce pour le moins étonnante que Facebook a faite ce mardi 2 novembre 2021 : à la surprise générale, le réseau social a effet décidé d'abandonner la reconnaissance faciale automatique, ce système qui permet d'identifier des visages – et donc des personnes – sur des photos et des vidéos. Une décision bienvenue, dans la mesure où cette technologie était perçue pour beaucoup d'utilisateurs comme une atteinte à la vie privée. Certes, il était toujours possible de désactiver cette fonction dans les paramètres de confidentialité d'un compte, mais la procédure n'était pas automatique et beaucoup de membres étaient chagrinés de voir leur nom apparaître en clair sur des images publiées par des amis – parfois dans des situations qui méritaient de rester privées… –  sans leur accord préalable. Ce ne sera désormais plus possible et c'est tant mieux ! C'est la fin d'un système mis en place en 2010 et utilisé sur des milliards d'images. 

Dans les prochaines semaines, Facebook va ainsi supprimer les modèles d'identification utilisé dans son système de reconnaissance facile automatique. L'entreprise indique que l'effacement de données concerne un milliard de personnes – ce qui est énorme. Cependant, il semblerait que toutes ces informations – notamment les tags, ou étiquettes – ne soient pas complètement détruites. Dans un entretien accordé à Wired, un porte-parole du groupe a indiqué que des milliards de photos balisées à l'aide de la reconnaissance faciale au cours de la dernière décennie conserveraient ces étiquettes. Selon le magazine, "les indices et les signaux sur le cercle social d'une personne recueillis à partir de photos et de vidéos utilisant la reconnaissance faciale resteraient vraisemblablement intacts". Il faudra attendre un éclaircissement de la part de Facebook pour savoir si, oui ou non, la société va effacer de ses serveurs toutes les informations d'identification de visages recueillies via la reconnaissance faciale en onze ans.

Une décision stratégique pour l'image du groupe Meta

Comme l'explique Jérôme Pesenti, vice-président de l'intelligence artificielle du groupe de Mark Zuckerberg, dans un article de blog, cette décision a été prise "dans le cadre d'une initiative à l'échelle de l'entreprise visant à limiter l'utilisation de la reconnaissance faciale" dans les produits maison. Le groupe américain ne remet pas pour autant totalement en cause son outil de reconnaissance faciale, qui peut être utile pour "les personnes devant vérifier leur identité ou pour prévenir la fraude et l'usurpation d'identité ". Mais Jérôme Pesenti précise qu'il faut évaluer soigneusement "les cas d'utilisation positifs de la reconnaissance faciale par rapport aux préoccupations croissantes de la société". Une prise de conscience en forme d'aveu, qui marque un changement profond de politique.

Cette annonce constitue de fait la première décision importante et marquante du groupe Meta, le nouveau nom du conglomérat Facebook qui englobe aussi Instagram, Messenger, WhatsApp et Oculus (voir notre article). Elle intervient à point nommé, à un moment ou le groupe de Mark Zuckerberg, au cœur de plusieurs affaires, cherche à se créer une nouvelle identité en retrouvant une certaine virginité. Il faut reconnaître que le chemin de la rédemption risque d'être long, car outre les dossiers sulfureux déjà éventés, qui font scandale aux États-Unis, il semblerait, d'après des documents internes confidentiels, que la société envisageait de développer un nouveau produit pour séduire les jeunes de six à seize ans, qui préfèrent largement TikTok et d'autres plateformes au réseau social vieillissant. Un projet abandonné discrètement, selon un article publié par Ars Technica, sans doute par crainte d'un nouveau scandale…    

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