Filtre anti-arnaque : que promet ce futur outil de sécurité sur Internet ?

Filtre anti-arnaque : que promet ce futur outil de sécurité sur Internet ?

Le Gouvernement souhaite mettre en place de nouveaux dispositifs pour sécuriser les activités en ligne des citoyens. Après le cyberscore, on pourra ainsi utiliser un filtre anti-arnaque censé éviter les liens malveillants.

"Nous sommes tous concernés et touchés : la menace cyber est même passée du statut de l'exception à un phénomène du quotidien." C'est avec ces mots que Jean-Noël Barrot, le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications, a rappelé l'urgence de s'attaquer aux arnaques en ligne, jeudi 27 octobre 2022, lors d'un déplacement sur le nouveau campus cyber à la Défense. Pour ce faire, deux dispositifs vont être mis en œuvre : le cyberscore – un code inspiré du nutriscore indiquant le niveau de sécurisation des données hébergées par un site Web ou un service Internet (voir notre article) et un filtre anti-arnaque. Cette dernière mesure faisait partie du programme du candidat Emmanuel Macron lors de la dernière campagne présidentielle. Une première version sera testée durant l'été 2023. L'exécutif entend généraliser la mesure d'ici à l'été 2024.

Filtre anti-arnaque : une extension optionnelle contre les liens dangereux

Concrètement, le filtre anti-arnaque prendra la forme d'une extension pour navigateur Web – Chrome, Edge, Safari, Firefox… Il s'agira donc d'un module complémentaire que chacun pourra décider d'installer ou pas, sur la base du volontariat, sans aucun caractère obligatoire. Son rôle consistera à filtrer les sites Web, selon le dangerosité potentielle. Mais on ne sait pas encore exactement la façon dont il fonctionnera. Il pourrait, par exemple, avertir l'internaute si un site est malveillant, ou même bloquer le chargement d'une page. Le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications a ainsi indiqué que le filtre "avertira en temps réel les internautes sur les menaces"

En outre, une "task force" – un groupe de travail et d'action, en française… – a été chargé par le Gouvernement de plancher sur le côté technique de la réalisation du filtre anti-arnaque. Jérôme Notin, le directeur de Cybermalveillance, l'organisme public d'assistance et de prévention en sécurité numérique, a précisé que ce filtre n'a pas pour but d'arrêter le spam et les mails malveillants, mais d'avertir les internautes lorsqu'ils cliquent sur des liens dangereux en les bloquant ou en mettant en avant leur nocivité avec une notification : "Il ne va pas bloquer le hameçonnage, mais la conséquence du hameçonnage", a-t-il ainsi confié à La Tribune. Le groupe de travail doit rendre un rapport après l'essai de la version bêta, durant l'été 2023. Affaire à suivre donc.

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