Choisir un système de fichiers pour le formatage

Choisir un système de fichiers pour le formatage

Au moment de formater un disque dur, un SSD, une clé USB ou une carte mémoire, vous devez choisir un système de fichiers. Un choix très important car il détermine l'utilisation et la compatibilité de votre dispositif de stockage…

Clé USB, carte mémoire, disque dur, SSD : quelle que soit sa nature, et indépendamment de sa capacité, un support de stockage doit être "formaté" – c'est à dire préparé à accueillir des fichiers – pour pouvoir être utilisé. En principe, tous les dispositifs de stockage vendus dans le commerce sont déjà formatés en usine par leur fabricant, et donc prêts à l'emploi. Mais il est fréquent d'avoir à reformater un support, que ce soit pour supprimer tout son contenu ou pour l'utiliser sur différents appareils (PC sous Windows, PC sous Linux, Mac, téléviseur, box Internet, lecteur audio-vidéo, NAS, etc.).  

Si l'opération en elle-même – le formatage – n'est pas compliquée, elle impose de choisir un "système de fichiers". Or ce fameux système  est très important, car il détermine la façon dont les fichiers sont organisés sur le support, mais aussi, et surtout, les systèmes d'exploitation – et donc les appareils – qui pourront y accéder. Et c'est précisément le choix de ce système de fichiers qui pose problème aux non initiés quand il faut paramétrer le formatage. Voici donc ce qu'il faut savoir si vous devez formater un dispositif de stockage, qu'il s'agisse d'un disque dur, d'un SSD, d'une clé USB ou d'une carte de mémoire Flash.

C'est quoi, un système de fichiers ?

Quelle que soit la technologie qu'il emploie (magnétique sur les disques durs, optique sur les CD, les DVD et les Blu-ray, ou électronique sur les SSD, les clés USB et les cartes mémoire), un dispositif de stockage "permanent" se caractérise d'abord par sa capacité d'enregistrement – sa "taille" –, exprimée le plus souvent en gigaoctets (Go) ou en teraoctets (To), sachant que 1 To correspond à 1000 Go et que 1 Go correspond à 1000 Mo (mégaoctets) depuis la normalisation du système de mesures de 1998. C'est cette capacité qui détermine la taille et le nombre de fichiers que le support peut accueillir et conserver, même en l'absence d'alimentation électrique : c'est la raison pour laquelle on parle de stockage permanent, par opposition à la mémoire vive (Ram, en anglais) qui est de nature volatile et qui perd son contenu dès qu'elle n'est plus alimentée. 

Pour organiser les fichiers qu'il contient, un dispositif de stockage utilise un système de fichiers. En clair, une façon de "ranger" les données numériques qu'on lui confie. Pour prendre une image, imaginez un support de stockage comme un entrepôt, vide au départ. Pour y stocker des objets, il faut y placer des étagères et opter pour une méthode de rangement avec des références permettant de situer les emplacements. C'est cette organisation que l'on appelle système de fichiers. 

La difficulté vient du fait qu'il n'existe non pas un, mais plusieurs systèmes de fichiers, chacun avec ses spécificités, et donc ses avantages et ses inconvénients, mais tous affublés de sigles cryptiques (FAT32, NTFS, ExFAT, HFS+, ext3…). Les plus vieux ont été conçus pour des supports de faible capacité et des systèmes d'exploitation anciens, ce qui leur permet d'être largement reconnus. D'autres, plus "modernes", sont mieux adaptés aux dispositifs et aux fichiers de grande taille mais ils sont réservés aux systèmes d'exploitation et aux appareils récents. Windows a ainsi son système de fichiers privilégié, le NTFS, alors que macOS a longtemps préféré le HFS+ et que les supports amovibles et les appareils multimédias utilisent plutôt le FAT32 ou l'ExFAT… La question de la compatibilité est donc essentielle au moment de choisir un système de fichiers, choix qui s'effectue lors du formatage, quand on prépare le support.

Pour reprendre l'analogie du hangar, le formatage s'apparente à l'aménagement de l'entrepôt : selon le système choisi, on a des rayonnages plus ou moins hauts, plus ou moins profonds, plus ou moins distants, etc. Et pour continuer avec cette image, il faut savoir qu'un dispositif de stockage, comme un entrepôt, peut être subdivisé en plusieurs parties "indépendantes" : c'est ce que l'on appelle le partionnement. De fait, plutôt que d'utiliser tout l'espace d'un seul tenant, il est parfois utile de créer des "salles" séparées par des cloisons, chacune avec son système de rangement : une avec des petites étagères et des petites allées pour stocker les petits objets, une autre avec de grandes étagères et de larges allées pour les objets plus encombrants, etc. Il en va de même pour un disque ou un SSD, qui peuvent être subdivisés en plusieurs sous-ensembles indépendants appelés volumes ou lecteurs, chacun avec son système de fichiers. C'est également possible sur une clé USB ou une carte mémoire, même si cela présente généralement moins d'intérêt. 

Toujours est-il que c'est toujours un volume ou un lecteur que l'on formate, ce qui suppose que le dispositif de stockage possède au moins une partition – une "pièce" aménageable. Rien n'empêche de créer plusieurs partitions – donc plusieurs volumes ou lecteurs – sur un seul dispositif de stockage – pour peu qu'il ait une capacité de stockage suffisante – et de choisir un système de fichiers différent pour chacune. Chaque partition apparaîtra comme un volume ou un lecteur indépendant sur l'appareil, quand bien même tous sont physiquement sur le même support.

Notons pour finir que le choix d'un système de fichiers influe sur la capacité réelle d'un support, exactement comme l'aménagement d'une pièce influe sur son volume utile : de la même façon qu'une armoire avec de multiples tiroirs laisse moins de place qu'un grand rayonnage, la capacité réelle d'un support de stockage formaté est toujours inférieure à sa capacité brute. C'est la raison pour laquelle la capacité indiquée par une carte mémoire, une clé USB ou un disque n'est jamais entièrement disponible pour le stockage des données. Voilà pourquoi un SSD de 256 Go, par exemple, n'offre qu'environ 238 Go d'espace libre selon le système de fichiers choisi.

Quel système de fichiers choisir pour le formatage ?

Tous les appareils ne savent pas lire et écrire tous les systèmes de fichiers ! Il faut donc choisir le bon système de fichiers au moment du formatage, en particulier pour les supports amovibles que vous passez d'un appareil à l'autre – clés USB, disques externes USB, cartes mémoire microSD.

  • FAT : ce format très ancien ne peut être utilisé que sur des dispositifs de stockage de faible capacité, de 2 Go maximum. On le retrouve sur de vieilles clés USB ou cartes mémoire, souvent formatées en FAT. Au-delà de 2 Go, FAT32 et exFAT ont pris la relève.
  • FAT32 : bien que vieillissant, c'est le format le plus universel, en particulier pour les supports amovibles. Il peut être lu et écrit par les PC, les Mac, Linux, les appareils photo numériques, les TV, les consoles de jeux, les box Internet, les smartphones... Principales restrictions : un fichier ne peut dépasser 4 Go, ce qui est contraignant pour créer ou lire de grosses vidéos en haute définition, et la partition sur le disque ne peut excéder 2 To. Préférez-lui ExFAT quand c'est possible.
  • NTFS : le format favori de Microsoft pour les PC. Choisissez ce format pour les disques internes de vos PC sous Windows 7, 8 ou 10. Mais n'adoptez NTFS sur vos petits disques externes USB et autres supports amovibles que si vous êtes sûr de ne les brancher que sur des PC sous Windows (ou Linux). Sur un Mac, par exemple, seule la lecture des partitions NTFS est permise, pas l'écriture (du moins pas sans l'ajout d'applis spéciales). Et les stockages NTFS amovibles ne sont pas toujours lus par les TV, consoles et appareils multimédias.
  • ExFAT : sous l'impulsion de Microsoft, ce format a vocation à remplacer FAT32, dont il supprime les limites. Il a été conçu pour les stockages amovibles comme les clés USB et les petites cartes mémoire. Il peut être lu et écrit par Windows, macOS et Linux, et est également reconnu et correctement géré par les périphériques multimédias récents, comme la Playstation 4 et la Xbox One (mais pas la PS3 ou la Xbox 360, par exemple). Les anciens appareils ne le reconnaissent pas toujours. Si un périphérique accepte les deux formats, préférez un formatage exFAT plutôt que FAT32.
  • APFS et HFS+ : l'Apple File System (APFS) est la dernière évolution du système de fichiers d'Apple. Conçu notamment pour gérer plus efficacement les disques SSD, il équipe les dernières versions de macOS, iOS et tvOS (Apple TV), et succède au système de fichiers HFS+. Ces systèmes de fichiers sont à privilégier avec macOS, sur les disques internes des Mac et les disques externes USB que vous n'utiliserez que sur Mac, pour les sauvegardes automatiques, par exemple. Ces formats non lisibles par Windows (sans l'ajout de logiciels payants) sont rarement reconnus par des appareils électroniques grand public.
  • ext2, ext3, ext4 : les principaux systèmes de fichiers de GNU/Linux, non reconnus d'emblée par Windows et macOS. Les partitions ext2/3/4 de Linux sont cependant accessibles en lecture ou en lecture/écriture en installant des logiciels gratuits ou payants pour Windows ou macOS.

Comment changer de système de fichiers ?

On l'a dit, un système de fichiers correspond à une certaine organisation d'un dispositif de stockage – plus exactement, de volume ou de lecteur. Et s'il est incompatible avec un appareil, il faut en changer.

La technique la plus naturelle consiste à reformater le support pour choisir un autre système de fichiers. L'inconvénient, c'est que cette méthode implique de perdre tout ce que le dispositif contient, ce qui n'est pas toujours le but recherché…

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Fort heureusement, il existe des moyens de modifier le système de fichiers utilisé sur un disque ou une clé sans reformatage et donc sans perte de données. Il faut pour cela utiliser des outils spécialisés, comme AOMEI Partition Assistant Standard ou Macrorit NTFS to FAT32 converter, qui sont des logiciels gratuits, ou Diskpart, un utilitaire intégré à Windows, qui sont capables de changer le système de fichiers sans effacer les données présentes. Attention toutefois, car l'opération est sensible, et il existe un risque de perte de données. Le plus sage reste de sauvegarder le contenu d'un support avant de le reformater.