Licences Windows OEM : vers la fin des prix cassés ?

Licences Windows OEM : vers la fin des prix cassés ?

Microsoft pourrait signer la fin de la récréation pour la revente de clés de licence OEM de Windows à prix cassé. La mise en place d'un système de détection de validité de la licence lors de l'installation du système serait à l'étude.

Obtenir Windows 11 pour 15, 10 voire 5 euros, c'est tout à fait possible et ce, sans se tourner vers d'obscurs sites Web. Amazon, Rakuten, Cdiscount ou encore YesLicense pour n'en citer que quelques-uns, proposent régulièrement la dernière version du système de Microsoft (ou des versions antérieures comme Windows 10) à des prix défiant toute concurrence…. À commencer par celle de Microsoft lui-même qui commercialise Windows 11 au prix officiel de 159 € pour la version Famille et 209 € pour la version Pro. Il en va de même pour la suite Office qui peut parfois se négocier à moins d'un euro comme nous l'avions déjà évoqué (voir notre article).

Las, Microsoft pourrait mettre un terme, en partie, à cette braderie mondiale organisée autour des clés de licence (le fameux numéro de série à saisir pour enregistrer son produit auprès de Microsoft) dédiées à son système d'exploitation. Dans un article intitulé Instructions relatives aux appareils AutoPilot Windows publié dans la documentation de Microsoft en ligne et signalé sur Twitter par Doc TB (alias Samuel Demeulemeester, fondateur et ex-détracteur en chef du magazine Canard PC Hardware), la firme donne des "consignes pour de meilleures pratiques matérielles et logicielles concernant l'Autopilot de Windows". L'Autopilot, comme l'indique Microsoft dans sa documentation, "est un ensemble de technologies utilisées pour configurer et préconfigurer de nouveaux appareils de manière à les préparer à une utilisation productive". Bref, un système permet de vérifier, entre autres, que la machine sur laquelle on souhaite installer Windows est bel et bien compatible. Mais l'éditeur souhaite pousser le bouchon plus loin.

Quelles licences de Windows concernées par la vérification ?

Pour installer Windows sur leurs ordinateurs, les fabricants de PC utilisent des licences OEM  (pour Original Equipment Manufacturer ou fabricant d'équipement d'origine en français). Achetées en gros volumes auprès de Microsoft à des tarifs préférentiels, elles ne sont pas forcément toutes utilisées par le constructeur. Si bien que des revendeurs les rachètent à bas prix pour les commercialiser eux-mêmes. Une pratique tolérée jusque-là et à laquelle Microsoft voudrait mettre un terme modifiant le fameux AutoPilot. Celui-ci permettrait de vérifier la concordance entre la licence OEM de Windows et le matériel pour lequel elle a été conçue. En clair, il serait alors impossible d'utiliser par exemple une licence Windows OEM établie pour un PC Acer afin d'installer Windows sur un PC HP. Impossible également d'utiliser cette même licence OEM sur un PC Acer dont les composants seraient différents de ceux indiqués dans l'AutoPilot.

À chaque clé OEM achetée auprès de Microsoft, les constructeurs seraient donc obligés d'attribuer l'empreinte numérique du PC auquel elle est destinée. Impossible d'utiliser cette licence ailleurs. "Cela fait des années que l'on entend parler d'un tel système", nous indique David Abitbol, président de LicencesInfo, propriétaire du site YesLicense qui commercialise des clés de licences Windows et Office. "Il n'y a selon moi pas de quoi s'inquiéter, puisque la majorité des clés que l'on trouve sur le Web sont des licences de versions retail (vente au détail) ou provenant de sources moins claires. Les licences OEM ne représentent qu'environ 3 % de la quantité disponible. Si Microsoft décide de couper ces licences, cela n'aura pas beaucoup d'impact". Reste encore à savoir si la clé achetée provient d'une licence OEM, Retail ou autre. Pas facile.

Quand le système de contrôle de clé OEM de Windows sera-t-il actif ?

On ne connaît pas la date de l'application de cette mesure ni même si elle sera imposée à tous les fabricants de PC. D'aucuns imaginent également le pire : Microsoft pourrait aussi appliquer ce contrôle de façon rétroactive. Ce qui signifierait que des millions de PC tournant avec une licence OEM de Windows acquise en dehors du circuit officiel et non conçue initialement pour leur ordinateur, pourraient bien se voir désactivés. Seules solutions : se tourner vers Microsoft pour profiter d'une licence officielle (l'éditeur prévoira peut-être d'ici là un tarif spécial) ou retourner sur un site de licences à prix cassés pour retenter sa chance.