La Commission européenne déploie un nouvel outil pour identifier les contenus générés par IA

La Commission européenne déploie un nouvel outil pour identifier les contenus générés par IA

Pour protéger les internautes contre la désinformation et les arnaques, l'Europe met en place un système d'icônes permettant d'identifier facilement les contenus générés ou modifiés grâce à l'intelligence artificielle. Reste à les repérer.

Les intelligences artificielles permettant de générer des images et des vidéos sont aussi fascinantes qu'inquiétantes. Ces outils sont capables, en quelques secondes seulement, de créer des contenus multimédias dans des styles très variés, et ce, à partir d'une simple requête textuelle. Mais ce qui suscite l'inquiétude des internautes, c'est avant tout le réalisme des contenus produits. Parfois, il est impossible de distinguer une production artificielle de la réalité. Ces IA génératives peuvent donc être utilisées dans le cadre d'une arnaque ou d'une campagne de désinformation. À tel point que cela est un véritable cauchemar pour le fact checking – vérification d'authenticité, en français. Pour lutter contre ce fléau, il faudrait un outil qui permette de déterminer si un contenu a été créé par l'IA. Et ça tombe bien, l'Europe a trouvé une solution. Mais que vaut-elle vraiment ?

Icônes pour l'IA : des étiquettes facultatives

Sur son site, la Commission européenne a dévoilé une série d'icônes spécialement conçues pour alerter les internautes qu'un contenu a été fabriqué par une intelligence artificielle. Plus concrètement, ce sont de petits pictogrammes "IA", semblables à l'étiquette énergie sur un réfrigérateur, qui préviennent les utilisateurs lorsqu'une IA ou un chatbot – un agent conversationnel – est impliqué dans la création d'un contenu.

À partir du mois d'août 2026, un chatbot devra systématiquement indiquer à l'utilisateur qu'il est une intelligence artificielle. De leur côté, les deepfakes – une vidéo, une image ou même un son qui imite une personne réelle de manière crédible, NDLR – seront étiquetés avec une icône pour rappeler qu'il s'agit d'un contenu artificiel. On retrouve par ailleurs pas moins de trois icônes :

  • L'étiquette AI generated : utilisée lorsque l'ensemble du faux contenu ou du texte est entièrement généré par l'IA ;

  • L'étiquette AI modified, utilisée lorsque le contenu préexistant a été partiellement modifié avec l'IA ;

  • L'icône de base AI : utilisée lorsque l'IA a été impliquée dans la création de faux contenus profonds ou de texte publié ou lorsqu'une étiquette de texte personnalisée ou une deuxième couche interactive est mise en œuvre.

© Capture Commission européenne

Attention cependant, l'utilisation de ces étiquettes reste encore très limitée. La raison ? Elles ont été mises en place dans le cadre d'un code de bonnes pratiques, que les acteurs de l'IA peuvent signer… ou non. En d'autres termes, elles ne sont pas obligatoires. "L'utilisation de ces icônes de l'UE est facultative, mais les exigences en matière d'étiquetage prévues à l'article 50 de la législation sur l'IA ne le sont pas. L'utilisation de ces icônes n'établit pas la conformité légale par elle-même", rappelle la Commission européenne. À noter, les textes rédigés avec une IA, mais qui ont été relus par un humain qui en assume la responsabilité éditoriale, échappent également à l'étiquetage.

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