Instagram veut bloquer les photos sexuelles non sollicitées

Instagram veut bloquer les photos sexuelles non sollicitées

Le harcèlement sexuel en ligne est un vrai fléau. Pour y remédier, Instagram travaille sur une nouvelle fonction, capable de détecter et de bloquer les photos d'organes génitaux non sollicités envoyées en message privé.

L'expansion d'Internet a entrainé l'apparition d'une nouvelle tendance dont on se serait bien passé : le cyberflashing. Il s'agit d'envoyer une photo de ses organes génitaux – par message ou dans un partage Bluetooth – à des personnes qui n'ont strictement rien demandé. Ce phénomène touche principalement les femmes, qui reçoivent des dick picks – des photos de pénis non désirées – dans leur messagerie privée. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une forme d'exhibitionnisme numérique – d'ailleurs condamnée dans certains États comme le Royaume-Uni – qui peut aller jusqu'au harcèlement sexuel. Une étude de YouGov souligne que 78 % des femmes de 18 à 34 ans et 69 % des femmes de 35 à 54 ans ont déjà reçu une dick pick sans l'avoir demandée – alors que seuls 17 % des hommes admettent en avoir déjà envoyées. Les réseaux sociaux sont très touchés par ce phénomène et ont du mal à en protéger leurs utilisateurs. D'après l'étude d'une ONG britannique, 90 % des images de ce type ne sont actuellement pas détectées par les outils d'Instagram. Le réseau social tente d'y remédier grâce à un nouvel outil.

Un nouvel outil pour lutter contre le harcèlement sexuel en ligne

C'est le développeur Alessandro Paluzzi qui a repéré cet outil, baptisé Nudity Protection, dans le code de l'application du réseau social de Meta. Il permet de bloquer automatiquement les images sexuelles avant qu'elles ne soient vues. Plus exactement, une intelligence artificielle (IA) analyse chaque photo envoyée à travers la messagerie privée – mais sans y avoir accès apparemment. Si elle détermine qu'il s'agit d'un cliché à caractère sexuel, elle le floute avant de l'envoyer au destinataire. Qui peut ensuite décider de le déflouter ou non. Un moyen d'accepter les nudes – qui sont donc consentis – mais pas le cyberflashing.

Meta a confirmé à The Verge travailler sur un tel outil, qui s'intègre d'ailleurs dans la fonction "Mots cachés" introduite l'année dernière. Elle permet de filtrer automatiquement des demandes de messages privés comprenant des contenus offensants. Liz Fernandez, un porte-parole de Meta, a déclaré : "Nous travaillons étroitement avec des experts pour nous assurer que ces nouvelles options préservent la vie privée des utilisateurs, tout en leur donnant un contrôle total sur les messages qu'ils reçoivent". Pour l'instant, Nudity Protection n'est encore qu'au stade expérimental. Plus d'informations seront communiquées dans les prochaines semaines.

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