C'est la fin de Rakuten en France : la marketplace fermera fin 2026

C'est la fin de Rakuten en France : la marketplace fermera fin 2026

Clap de fin pour la marketplace Rakuten en France ! Face à une concurrence trop rude, la plateforme fermera ses portes à la fin 2026. Une sortie discrète pour un site qui fut, à un moment, le troisième acteur du e-commerce français.

C'est une page du commerce en ligne qui se tourne. Seize ans après avoir racheté PriceMinister, le groupe japonais Rakuten a annoncé son intention de se retirer du marché français. À son apogée, la plateforme rivalisait avec Amazon et la Fnac et s'était imposée comme le troisième acteur du e-commerce français. Mais, fragilisée par la domination d'Amazon et l'essor fulgurant des applications chinoises, elle peinait depuis plusieurs années à retrouver son dynamisme. L'hypothèse d'une fermeture, faute de repreneur, circulait donc depuis plusieurs mois. Le couperet est finalement tombé le 16 juillet 2026, par l'intermédiaire de l'AFP : Rakuten fermera sa place de marché en France d'ici à la fin de l'année 2026. Environ 180 salariés sont concernés par cette décision.

Fin de Rakuten : la chute d'un géant du e-commerce

L'annonce marque un tournant pour le commerce électronique français. Lancé en 2000, PriceMinister s'était rapidement imposé comme l'un des principaux sites d'achat et de vente sur Internet, notamment grâce à son système de mise en relation entre particuliers et vendeurs professionnels. En 2010, l'entreprise avait été rachetée par le géant japonais Rakuten pour environ 200 millions d'euros. L'ambition était alors de faire de la France l'un des piliers de son expansion européenne.

Mais le pari n'a jamais vraiment porté ses fruits. Malgré plusieurs tentatives de relance, le groupe n'est pas parvenu à redonner de l'élan à son activité française. La place de marché a subi un déclin continu au cours de la dernière décennie. Le nombre de clients a diminué de 33 % et le trafic du site a chuté de 42 % en dix ans. Une érosion suffisamment importante pour convaincre l'entreprise de mettre un terme à cette activité.

Pourtant, le groupe a réalisé des investissements pour tenter de relancer la machine, notamment autour du programme de fidélité Club R et de son système de cashback, pensé pour attirer et retenir de nouveaux clients. Il a également modernisé l'interface de la marketplace, y a intégré des fonctions basées sur l'IA, mais rien n'y fait.

Seize ans plus tard, Rakuten est obligé de fermer ses portes, faute de repreneur jugé assez satisfaisant : "Malgré les efforts déployés par le groupe pour mener à bien une cession de l'activité, les discussions approfondies menées avec les repreneurs potentiels n'ont pas permis d'aboutir à une solution viable", a annoncé la filiale française de l'entreprise japonaise. Un plan social doit désormais être transmis à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Drieets) dans les trois semaines à venir, pour une fermeture effective prévue au troisième ou quatrième trimestre de 2026.

Attention, seule la marketplace grand public est concernée, c'est-à-dire le site permettant d'acheter des produits neufs ou d'occasion, comme un smartphone reconditionné ou un jeu vidéo d'occasion. Le groupe Rakuten, lui, reste bien implanté en France et poursuit ses activités dans d'autres domaines, notamment la banque, les télécoms et les services numériques, avec des marques comme Kobo, le spécialiste des liseuses électroniques racheté en 2011.

Fin de Rakuten : une concurrence subie de plein fouet

L'échec de Rakuten s'explique par le fait que la concurrence s'est considérablement intensifiée, portée par la domination d'Amazon qui a imposé des standards difficiles à égaler – livraison rapide, catalogue immense, prix agressifs, logistique aux petits oignons – et l'arrivée de nouveaux acteurs chinois, comme JoyBuy – la plateforme d'e-commerce de JD.com – et AliExpress, proposant des prix très agressifs.

Quant au marché de la seconde main, qui constituait pourtant l'un des points forts historiques de PriceMinister, il a lui aussi profondément changé. L'essor de plateformes spécialisées – Vinted, Back Market, Leboncoin – et l'évolution des habitudes de consommation ont progressivement érodé l'avantage dont bénéficiait autrefois le site français. Rakuten a donc décidé de recentrer ses activités et de se séparer de sa marketplace hexagonale.

Une suite logique, étant donné que le groupe avait déjà fermé ses marketplaces au Royaume-Uni et en Autriche en 2016, puis en Allemagne en 2020. L'Espagne avait également été désertée en 2016, avant une tentative de retour de courte durée en 2025.

Cette fermeture ne devrait pas trop se faire ressentir chez les clients, dans le sens où ils trouveront facilement des alternatives. Il reste cependant encore quelques zones d'ombre, notamment au niveau des garanties, du SAV et des Rakuten Points. En revanche, du côté des vendeurs, l'impact devrait être bien plus lourd, la marketplace occupant toujours une place importante dans le e-commerce lors des grands événements promotionnels, comme les soldes et les French Days, en proposant des réductions particulièrement attractives.