Retyc : l'alternative française à WeTransfer chiffrée et souveraine

Retyc : l'alternative française à WeTransfer chiffrée et souveraine

La startup lyonnaise Retyc lance en bêta sa plateforme de transfert et de stockage de fichiers. Sa particularité ? Elle est chiffrée de bout en bout et hébergée dans l'Union européenne, ce qui garantie la totale confidentialité des données.

Pour envoyer des fichiers "lourds" – de centaines de mégaoctets voire de plusieurs gigaoctets – à quelqu'un via Internet, l'une des solutions les plus simples consiste à passer par des services en ligne spécialisés comme WeTransfer, Smash, TransferNow, Free Transfert ou GrosFichiers, qui conservent les fichiers quelque temps en les laissant à disposition de leurs destinataires. Mais l'internaute se confronte rapidement à un problème de poids : la confidentialité des données.

Ce point est revenu sur le devant de la scène avec la polémique autour de la modification des conditions générales d'utilisation de WeTransfer en 2025, qui a fortement ébranlé la confiance des utilisateurs envers ces types de services (voir notre article). Et le contexte actuel, avec la méfiance vis-à-vis des entreprises américaines, n'arrange pas les choses. C'est là qu'intervient Retyc, une plateforme de transfert et de stockage de fichiers chiffrés développée par une start-up lyonnaise – c'est de chez nous !

Retyc : une plateforme de transfert et de stockage de fichiers chiffrée 

L'utilisation de Retyc est on ne peut plus simple : l'utilisateur dépose ses fichiers sur la plateforme, génère un lien sécurisé, puis le partage avec le destinataire de son choix. Ce dernier peut alors télécharger les documents en quelques clics. Là où la plateforme se distingue de ses concurrents, c'est au niveau de la confidentialité. En effet, l'entreprise promet un "chiffrement de bout en bout post-quantique", une "architecture zero-knowledge" et une "souveraineté numérique garantie". Rien que ça !

© Retyc

Concrètement, les données sont chiffrées sur l'appareil de l'utilisateur avant leur envoi, ce qui empêche toute lecture en clair pendant le transit. Les fichiers sont ensuite acheminés via des connexions sécurisées. Une fois stockés sur les serveurs, ils restent chiffrés et ne peuvent être lus que grâce à des clés hybrides résistantes aux ordinateurs quantiques. Personne, hormis le destinataire, pas même l'entreprise elle-même, ne peut y accéder. En plus, l'hébergement des données est 100 % européen – un point clé au vu des relations pour le moins tendues avec les États-Unis et les GAFAM en ce moment.

"Les services cloud américains sont soumis au CLOUD Act, qui permet aux autorités américaines de contraindre l'accès aux données détenues par des entreprises américaines : y compris sur des serveurs européens. Retyc opère entièrement dans l'UE, sous droit européen, totalement hors de cette portée", explique l'entreprise dans sa FAQ. "Quand la confidentialité compte, la juridiction compte." Enfin, il n'y a aucune trace d'IA dans la plateforme.

Retyc est entré dans sa phase bêta le 24 mars. Il est tout à fait possible de s'y inscrire pour obtenir un accès anticipé. Dans sa version gratuite, le service propose des envois plafonnés à 3 Go et un espace de stockage de 5 Go, avec une conservation des fichiers pour une durée de 7 jours au maximum et 5 transferts sortants maximums par mois. Pour ceux qui voudraient plus, il existe des offres à 10 et 20 euros par utilisateur et par mois pour repousser ces limites, tout en bénéficiant de liens directs pour recevoir les fichiers et, pour l'abonnement le plus onéreux, d'une page de transfert personnalisée.