Clap de fin pour uBlock Origin : le célèbre bloqueur de pub ne fonctionne plus sur Google Chrome

Clap de fin pour uBlock Origin : le célèbre bloqueur de pub ne fonctionne plus sur Google Chrome

On le redouait, mais cette fois, c'est vraiment la fin pour uBlock Origin au sein de Google Chrome ! Le navigateur débranche les dernières combines qui faisaient survivre le populaire bloqueur de publicités.

Si vous avez l'habitude d'utiliser uBlock Origin sur votre navigateur Chrome afin d'éviter d'être assailli de toutes parts par les publicités, préparez-vous à lui dire adieu ! En effet, la célèbre extension du navigateur est sur le point d'être définitivement enterrée. Cela fait un moment que Google l'a désactivée et l'a retirée du Chrome Web Store, mais il était encore possible de réactiver manuellement uBlock Origin pour ceux qui l'avaient déjà installée. Mais plus pour longtemps !

uBlock Origin sur Chrome : la fin des solutions de contournement

Pour bien comprendre de quoi il est question, il faut effectuer un petit retour en arrière. Il se trouve que Google travaille depuis plusieurs années à revoir le mode de fonctionnement des extensions pour Chrome, notamment en passant de Manifest V2 au Manisfest V3. Le Manifest est une sorte de cahier des charges qui définit les règles que les extensions Chrome doivent respecter pour fonctionner (comportement, accès et permissions, déclenchement, exécution de scripts en arrière-plan, etc.). La troisième version est censée améliorer la sécurité et les performances du navigateur, mais au prix de la liberté des développeurs (voir notre article).

En effet, si le Manifest V2 se montrait assez généreux pour laisser un champ d'action plutôt large aux extensions, le Manifest V3 est bien plus restrictif, notamment sur le blocage de contenu à la volée. Les premières extensions à en souffrir ont donc été celles dédiées au blocage des publicités telles qu'AdBlock, uBlock ou encore AdGuard pour n'en citer que quelques-unes. En effet, elles emploient de très nombreuses règles pour filtrer de façon dynamique les contenus affichés dans les pages Web. uBlock Origin, qui nous intéresse ici, en contient plus de 300 000. Or, avec la nouvelle version du Manifest, le nombre maximal est fixé à 30 000 afin de garantir plus de souplesse au navigateur et de meilleures performances. Par conséquent, la version complète d'uBlock Origin ne peut pas être entièrement portée sur la nouvelle plateforme Manifest V3. D'où sa désactivation.

Mais si Google a commencé à réellement s'attaquer à uBlock Origin fin 2024, après avoir repoussé l'échéance plusieurs fois face à la pression des développeurs, il existait tout de même des combines pour continuer de profiter de l'extension. En effet, Chrome contenait jusqu'à présent encore du code permettant de réactiver le support des anciennes extensions. Même si Google ne l'exposait plus dans l'interface, il était possible d'utiliser des flags expérimentaux, des paramètres de lancement ou certaines clés de registre sous Windows pour faire en sorte que le navigateur continue d'accepter les extensions Manifest V2.

Mais, en regardant la page GitHub du WebExtensions Community Group, on y apprend que Chrome 149 sera la dernière version à conserver assez de code lié à Manifest V2 pour continuer de prendre en charge les extensions qui y ont recours. Avec les versions 150 et surtout 151 du navigateur, ces solutions de contournement disparaissent à leur tour, rendant l'utilisation de la version historique d'uBlock Origin impossible sur Chrome.

Fin d'uBlock Origin sur Chrome : quelles alternatives ?

Les afficionados du bloqueur de publicités n'ont malheureusement d'autre choix que de trouver des alternatives. Le développeur d'uBlock Origin propose déjà une extension uBlock Origin Lite qui prend en charge Manifest V3, mais qui possède moins de fonctions que l'extension uBlock Origin "complète". Elle est notamment amputée du filtrage dynamique, du nettoyage cosmétique avancé et de la sélection manuelle d'éléments, tout en étant moins efficace contre les formats publicitaires modernes.

Sinon, il faut se tourner vers un autre navigateur. Et attention, parce que le passage au Manifest 3 ne concerne pas uniquement Google Chrome, mais tous les navigateurs reposant sur Chronium, comme Brave, Edge, Opera et Vivaldi. Initialement, Opera avait indiqué continuer à prendre en charge les extensions Manifest V2 existantes aussi longtemps que possible. Toutefois, selon un message publié sur Reddit par Raymond Hill, le développeur d'uBlock Origin, l'éditeur du navigateur l'aurait récemment invité à préparer une transition vers Manifest V3. À ce stade, aucune date de fin de support n'a cependant été annoncée publiquement.

Brave est probablement l'acteur le plus engagé sur le sujet. Ses développeurs ont publiquement indiqué qu'ils conserveraient les composants nécessaires à MV2 aussi longtemps que cela resterait techniquement viable. Notons au passage que le navigateur intègre nativement un bloqueur de publicité.

De son côté, Vivaldi a également promis un maintien, mais communique moins sur l'horizon temporel. Quant à Microsoft Edge, il semble couper progressivement le support depuis février et suivre le calendrier de Google. Enfin, Firefox, qui prend également en charge Manifest V3, apparaît comme une bonne alternative, puisque Mozilla a choisi de conserver plusieurs capacités de filtrage avancées et a confirmé le maintien du support des extensions Manifest V2., dont uBlock Origin.