Prime à la réparation : appareils concernés, comment en profiter

Prime à la réparation : appareils concernés, comment en profiter

À partir du 15 décembre, vous pourrez bénéficier d'un petit coup de pouce financier pour faire réparer vos appareils électriques et électroniques. Un moyen de prolonger leur durée de vie et de lutter contre la surconsommation.

Le Gouvernement vient de mettre en place une prime à la réparation pour inciter les consommateurs à faire réparer leurs appareils électriques ou électroniques en panne plutôt qu'à en acheter de nouveaux pour les remplacer, comme c'est trop souvent le cas. Son montant, modeste, varie selon les produits : de 15 à 45 euros. Il sera prélevé directement sur la facture, sans nécessiter la moindre formalité. Pour en profiter, il faudra s'adresser à un réparateur agréé, reconnaissable par le label QualiRépar. Cette nouvelle mesure s'inscrit dans le cadre de la loi anti-gaspillage et entrera en vigueur dès le 15 décembre 2022.

À quoi sert la prime à la réparation ?

Une des causes qui incitent à acheter à un nouvel appareil électrique ou électronique, c'est la panne : soit elle est irréparable, soit le coût de la pièce à changer est exorbitant. C'est d'ailleurs pour limiter ce phénomène – lié à l'obsolescence, parfois programmée, certains constructeurs, s'arrangeant pour limiter la durée de vie d'un appareil afin que le consommateur soit contraint d'en racheter un nouveau assez rapidement… – qu'a été mis en place le fameux indice de réparabilité, désormais obligatoire sur bon nombre de produits. Car le renouvellement perpétuel a un coût non négligeable, à la fois en matière de ressources utilisées et en déchets. Et il est responsable d'une partie des émissions de gaz à effet de serre mondiales – la production d'un appareil étant la phase la plus polluante de son existence, à cause de l'extraction des matières premières. C'est pourquoi un équipement doit être utilisé longtemps afin que son impact environnemental soit le plus faible possible. Pour lutter contre cette obsolescence, le gouvernement français entend encourager les consommateurs à réparer leurs appareils plutôt que d'en racheter immédiatement un autre en cas de panne via la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (loi AGEC).

La loi prévoit la mise en place d'un certain nombre de mesures pour lutter contre l'obsolescence programmée. Elle impose notamment aux constructeurs et aux vendeurs d'afficher un indice de réparabilité pour certains produits afin d'encourager une production et une consommation plus écoresponsables. Ce changement passe par les constructeurs, qui doivent mettre à disposition de leurs clients des pièces de rechange facilement accessibles et à un prix intéressant – personne ne va réparer son smartphone si en racheter un neuf coûte moins cher – mais aussi par les consommateurs. Et c'est là qu'intervient la prime de réparation qui, moyennant la carotte que représente une réduction financière, va les amener à modifier leurs habitudes.

Quels sont les appareils concernés par la prime à la réparation ?

La prime à la réparation arrive avec un an de retard, mais elle arrive ! Elle s'applique pour 31 types d'équipements, à condition qu'ils ne soient plus sous garantie : les appareils photo numériques, les aspirateurs, les consoles de jeux, les drones, les lave-linge, les lave-vaisselle, les machines à café, les ordinateurs fixes et portables, les robots culinaires, les sèche-linge, les téléphones fixes et portables, les tablettes, les téléviseurs, les perceuses, les cuisinières, les hottes, les fours, les plaques de cuisson, les vélos à assistance électrique, les bouilloires, les grille-pain, les presse-agrumes, centrifugeuses et extracteurs, les réfrigérateurs et congélateurs, les fers à repasser, les centrales vapeur, les trottinettes électriques, les tondeuses à gazon et les taille-haies électriques, les appareils de sport, les vidéoprojecteurs, les lecteurs DVD et divers appareils audio. Attention, cependant, certains des produits cités ici ne seront éligibles qu'à partir de 2023 ou 2024, et la liste est susceptible d'évoluer.

© ecosystem.eco

Quel est le montant de la prime à la réparation ?

Le montant du "bonus réparation" varie selon les produits. En théorie, il doit représenter 20 à 25 % de la facture totale. Par exemple, pour faire réparer un lave-linge, la prime s'élève à 25 euros. Pour un ordinateur portable, le consommateur a le droit à 45 euros et à une aide de 25 euros pour des produits comme les réfrigérateurs, les congélateurs, les téléphones portables ou encore les tablettes. Le montant est déduit du prix final et le réparateur se fait ensuite rembourser par les organismes Ecosystem et Ecologic, spécialisées dans le recyclage. Le client n'a donc aucune formalité à effectuer, que ce soit avant ou après : tout est automatique.  

Comment profiter de la prime à la réparation ?

Pour bénéficier de la prime à la réparation, il faut obligatoirement passer par un professionnel labellisé QualiRépar, qu'il s'agisse d'un réparateur industriel ou indépendant, d'un artisan, ou même du SAV du distributeur ou du fabricant. Pour en trouver un, il suffit de se rendre sur les sites de Ecosystem ou de Label Qualirepar. Petit problème toutefois : sur les 1 500 services de réparation recensés actuellement en France, seuls 500 ont obtenu le label, ce qui limite l'accessibilité du bonus aux utilisateurs et diminue l'impact de la mesure. Ce nombre devrait toutefois augmenter dans les prochaines années. Là encore, les réparateurs doivent passer par les sites de Label Qualirepar ou de Ecosystem pour obtenir le fameux label, reconduit tous les trois ans.

© ecosystem.eco

Au total, ce ne sont pas moins de 410 millions d'euros qui vont être investis dans la prime à la réparation sur cinq ans, jusqu'en 2027, comme le rapporte France Info. Ce fond seront alimenté par les fabricants – et donc par extension les consommateurs… –, qui reverseront une partie des revenus générés par la taxe d'écoparticipation à Ecosystem et Ecologic. Ce sont ces organismes qui verseront ensuite au réparateur le montant de la réduction appliquée au client.

Toutefois, si son intention est éminemment louable – on jette encore beaucoup trop d'appareils réparables qui pourraient avoir une seconde voire une troisième vie –, il faut se méfier d'un effet pervers que la prime à la réparation pourrait engendrer : une surfacturation artificielle. De fait, comme cela s'est déjà produit dans d'autres domaines – pose de panneaux solaires, installation de pompe à chaleur, travaux d'isolation… –, certains artisans peu scrupuleux pourraient être tentés d'augmenter discrètement leurs tarifs en profitant de la réduction appliquée pour que la facture reste raisonnable. Avant de foncer tête baissée chez un réparateur, il conviendra donc de demander plusieurs devis pour les comparer et  éviter l'entourloupe en repérant les indélicats…