Salaire, retraite : des millions de Français vont avoir une mauvaise surprise fin janvier
Des petits changements très discrets vont apparaître sur les bulletins de salaire et les relevés de pensions de retraite en janvier 2026. Avec une conséquence désagréable : une baisse sur le net à payer. Voici l'explication.
En ce mois de janvier 2026, des millions de Français vont faire la moue en consultant leur bulletin de salaire ou leur relevé de retraite. Et pour cause : alors que leur situation n'a pas changé, le montant qu'ils recevront sur leur compte en banque – le "net à payer" – sera inférieur à décembre. Il ne s'agit pas d'une erreur, mais de la conséquence de plusieurs changements cumulés, et pas toujours visibles ou compréhensibles d'emblée.
Pour les salariés, la baisse ne provient pas d'une chute du salaire brut ni d'une suppression d'avantages, mais de l'augmentation de certaines retenues obligatoires. En premier lieu, la part de la mutuelle d'entreprise, que l'employeur facture à chaque employé, a augmenté. Cette hausse est souvent de l'ordre de quelques pour cent, ce qui se traduit par 6 à 10 € de moins chaque mois sur votre salaire net.
Un autre poste qui pèse un peu plus lourd qu'avant sur le bulletin est celui des cotisations liées aux transports. Si votre abonnement de transport en commun augmente, ou si votre employeur modifie sa prise en charge, la part à votre charge peut croître. Cette ligne, parfois appelée "remboursement transport", peut réduire encore un peu votre net.
Enfin, le prélèvement à la source calculé par l'administration fiscale risque d'être revu à la hausse pour certains. En effet, chaque année, le fisc met à jour le taux qui sert à prélever l'impôt sur le revenu directement sur le salaire, selon ce que vous avez déclaré. Si vos revenus ont augmenté en 2024, donc sur la déclaration de 2025, ce nouveau taux peut être plus élevé, ce qui se reflète par un prélèvement plus important et donc un net plus faible.
Dans certains cas, ces trois petits ajustements peuvent se cumuler et se voir nettement sur le montant versé sur votre compte bancaire. Même si la somme perdue chaque mois n'est pas énorme – souvent une dizaine d'euros par ligne –, pour des foyers modestes ou serrés, cette baisse est ressentie comme une baisse de revenus.
Pour les retraités, la situation est différente mais tout aussi délicate. La pension de base, versée par la sécurité sociale, a été revalorisée de 0,9 % au 1ᵉʳ janvier 2026 pour suivre un peu l'inflation. Vous pourriez donc penser toucher plus. Pourtant, certaines pensions nettes peuvent diminuer, ou augmenter moins que prévu, après prise en compte des prélèvements sociaux.
Le principal facteur derrière cette baisse nette tient à la Contribution sociale généralisée (CSG), un impôt qui dépend de votre revenu fiscal de référence. En 2026, c'est ce revenu calculé sur vos salaires ou pensions de 2024 qui détermine votre taux de CSG pour l'année. Si votre revenu fiscal a augmenté, vous pouvez passer dans une tranche plus élevée de CSG, ce qui ampute le montant net que vous recevez chaque mois. Pour certaines personnes, ce "saut de tranche" suffit à effacer, voire à dépasser, la petite revalorisation du début d'année.
La pension complémentaire, comme celle gérée par Agirc-Arrco, peut aussi être affectée : là encore, le calcul de la CSG s'appuie sur les seuils définis l'année précédente. Un dépassement mineur de ces seuils suffit à faire grimper les prélèvements et à réduire la pension nette.
Ce qui complique encore la compréhension, c'est que ces diminutions ne sautent pas forcément aux yeux sur les documents officiels. Les retraités voient parfois un net à payer qui n'a pas baissé sensiblement, mais c'est ensuite, en regardant la composition des prélèvements sociaux, qu'on comprend le changement.