Test GMKtec NucBox M7 : un mini PC original et évolutif
Ordinateur de milieu de gamme, le NucBox M7 de GMKtec se distingue par son boîtier astucieux et évolutif mais aussi par sa connectique riche et variée, avec une prise Oculink. Un modèle orignal qui devrait plaire aux experts.
GMKtec fait partie de ces nombreux constructeurs chinois qui se sont spécialisés d'emblée dans le domaine du mini PC. Plus discret en France pour le moment que certains de ses concurrents, le fabricant possède pourtant une solide expérience et un catalogue très riche composé de quatre grandes familles de produits : la série G, pour l'entrée de gamme – donc les petits prix –, la M pour le milieu de gamme, la K pour le haut de gamme et la EVO pour les modèles de dernière génération orientée IA. De quoi satisfaire a priori tous les publics, du familial souhaitant simplement un petit ordinateur économique pour de la bureautique au professionnel à la recherche de puissance pour des applications gourmandes.
Nous avions déjà pu apprécier la qualité des réalisations de GMKtec avec le NucBox G5, un modèle ultra compact – il tient réellement dans la paume d'une main ! – qui nous avait épatés par ses capacités, étonnantes pour un appareil de cette taille. Cette fois, c'est un mini PC plus classique que nous examinions, le NucBox M7 : un modèle équipé d'un processeur AMD Ryzen 7 Pro 6850H, plus puissant, plus polyvalent et plus évolutif, qui dispose lui aussi de plusieurs atouts originaux pour se distinguer de ses concurrents, très nombreux sur ce segment de marché. Notons au passage que le M7 est décliné en deux autres versions estampillées Pro et Ultra, avec les mêmes caractéristiques mais d'autres processeurs Ryzen.
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GMKtec NucBox M7 : un design original
Premier constat agréable : le NucBox M7 est livré dans un emballage très soigné, et même presque luxueux, avec un petit livret, l'indispensable bloc d'alimentation externe, une plaque Vesa et ses vis pour la fixation derrière un écran et un câble HMDI long et épais. L'ensemble dégage d'emblée une impression de sérieux qui tranche par rapport aux marques premier prix.
Impression qui se prolonge dès que l'on examine la bête de plus près. De fait, si le boîtier est un peu plus volumineux que d'autres – 124 x 133 x 62 mm pour un poids de 634 g, il surprend par son design à la fois sobre et raffiné et, surtout, par ses matériaux utilisés, avec une belle structure métallique pour les parois et des panneaux de plastique pour le fond et le haut, l'ensemble reposant sur quatre larges patins en caoutchouc.
Plus étonnant encore, le panneau supérieur est translucide, laissant apparaître par transparence un gros ventilateur interne. Et, il faut bien l'avouer, l'association du châssis en métal avec sa peinture mate gris anthracite très douce au toucher et du "couvercle" en plastique brillant est vraiment réussie sur le plan esthétique. Certes, ce n'est pas aussi luxueux que les boîtiers entièrement en alliage d'aluminium que l'on trouve dans d'autres marques, mais c'est original et vraiment réussi, d'autant que l'ensemble est bien fini.
GMKtec NucBox M7 : une connectique très riche
Deuxième constat positif : la connectique est particulièrement complète. En façade, en plus de l'indispensable bouton marche-arrêt – un modèle du genre, très agréable à manipuler et muni d'une Led bien visible, même en plein jour –, on trouve un entrée-sortie audio analogique stéréo en mini jack, deux prises USB-A compatibles USB 3.2 Gen 2 à 10 Gbit/s, une prise USB-C compatible USB 4 à 40 Gbit/s avec Power Delivery et DisplayPort, et, excellente surprise, un port Oculink compatible PCI 4.0 x4 : une prise rare, qui permet principalement d'utiliser une carte graphique externe – un eGPU dans le jargon –, et donc d'obtenir des performances bien supérieures à que le circuit graphique intégré au processeur peut offrir. Un véritable atout donc pour les joueurs.
À l'arrière du boîtier, on trouve encore deux ports Ethernet à 2,5 Gbit/s, deux sorties vidéo, l'une en HDMI 2.1 compatible 8K à 60 Hz, l'autre en DisplayPort 2.0 compatible 4 K à 60 Hz, deux prises USB 2.0 à480 Mbit/s pour les périphériques "lents" – du genre clavier, souris, imprimante, webcam, etc. –, et, enfin, une seconde ̂prise USB-C compatible USB 4, sans compter la prise pour le bloc d'alimentation externe – un bloc assez gros, pour ne pas dire encombrant, qui délivre 120 W (32 A sous 19 V). Une panoplie extrêmement complète, donc, qui permet de brancher toutes sortes d'appareils, et même d'utiliser quatre écrans simultanément en combinant les prises HDMI, DisplayPort et USB 4. Comme sur la plupart des mini PC, il n'y a pas de lecteur de carte mémoire, mais ce n'est un problème dans la mesure où on peut toujours en utiliser un via l'USB, avec un adaptateur ou un hub.
Rien d'exceptionnel en revanche du côté des connexions sans fil, le NucBox M7 étant classiquement doté de modules Wi-Fi 6 et Bluetooth 5.2. Bien sûr, on aurait préféré du Wi-Fi 6E voire 7, mais la version 6 reste efficace et suffisante dans une utilisation classique et il est toujours possible d'utiliser l'Ethernet pour des débits plus élevés.
GMKtec NucBox M7 : un boîtier accueillant à ouverture facile
L'e boîtier du NucBox M77 réserve encore une autre grande surprise. En effet, contrairement à la quasi totalité des mini PC, il s'ouvre par le haut, et non pas le bas ! Il suffit, pour cela, de faire pivoter son couvercle, en le tournant simplement à la main de manière à le déclipser. On découvre alors un panneau intérieur qui maintient le fameux ventilateur. Panneau qu'il faut déposer en retirant celte fois les quatre petits vis qui le maintiennent à la structure. Et c'est seulement à ce moment que l'on accède aux entrailles de la machine.
On l'aura compris : le NucBox M7 est monté à l'inverse de la plupart des autres mini PC, avec des composants accessibles par le dessus, el processeur en-dessous, sur l'autre face de la carte mère, avec son système de dissipation thermique placé "en bas". En l'occurrence, il s'agit d'un dispositif baptisé Hyper Ice Chamber 2.0 combinant un large caloduc en cuivre en un ventilateur dédié. De fait, c'est tout le système de ventilation qui s'avère original, du moins, dans sa disposition. L'air frais extérieur pour le processeur est ainsi aspiré par le bas, à travers une grille dans le panneau de plastique inférieur. Une fois réchauffé, il est évacué par le ventilateur à travers des fentes placées à l'arrière du boîtiers. Et pour le reste des composants, l'air est aspiré par les aérations situées sur la parois latérales et expulsé en haut par le ventilateur supérieur, via l'interstice qui sépare le capot du reste de la structure. Une solution vraiment astucieuse !
Une fois le boîtier ouvert, on découvre un intérieur spacieux et bien fini, avec des composants soigneusement agencés, donc certains sont amovibles et donc remplaçables. Ainsi, la mémoire vive de type DDR5-4800 est confiée à deux barrettes de type SO-DIMM montées dans des bancs classiques. Notre modèle de test se contente de 16 Go (2 x 8 Go), mais on peut facilement étendre Ram à 64 Go si besoin. Un excellent point ! Même satisfecit côté stockage puisque l'on dispose de deux emplacements pour SSD au format M.2 2280 NVMe x4, dont un occupe par le module installé en standard. Là encore, une grès bonne nouvelle en terme d'évolutivité, la capacité de stockage pouvant ainsi être étendu à un maximum de 4 To.
Seul petit regret, le SSD installé par GMKtec – un modèle TWSC de 512 Go sur notre exemplaire – est à la norme PCIe 3.0, moins rapide que le PCIe 4.0. Une ̂petite économie qui n'a heureusement pas d'impact majeur dans une utilisation quotidienne classique. Autre petit détail à signaler : seul ce module est muni d'un radiateur métallique, rien n'étant prévu pour le second SSD. Il faut dire que son emplacement est situé juste sous le ventilateur, ce qui devrait suffire pour le refroidir. Enfin; notons que c'est sous le SSD principal que l'on trouve le petit module M.2 du Wi-Fi : on pourra facilement le remplacer par un modèle compatible Wi-Fi 6E ou 7 si besoin !
GMKtec NucBox M7 : un processeur solide
Côté processeur, le NucBox M7 est motorisé par un AMD Ryzen 7 6850H Pro. Un modèle sorti fin 2022, basé sur une architecture de type Rembrandt en Zen3+, et gravé en technologie 6 nm. Une puce pas vraiment de dernière génération, makis toujours très vaillante, d'autant qu'elle possède 8 cœurs et 16 threads avec 16 Mo de cache L3 et qu'elle fonctionne à 3,2 GHz en fréquence de base, et jusqu'à 4,7 GHz en mode turbo, avec une enveloppe thermique nominale de 45 W. Un processeur plutôt sérieux, donc, intégrant un circuit graphique de type Radeon 680M, avec 12 cœurs cadencés à 2,2 GHz, utilisant bien évidemment une partie de la Ram comme mémoire vidéo. Pour info, le 6800H Pro est strictement identique au 6800H tout court, mais q=avec quelques fonctions de sécurité supplémentaires, notamment pour la virtualisation, d'où son appellation "pro".
À propos de composants et de fonctions, signalons que le Bios du NucBox M7 est particulièrement riche en réglages et en options. C'est même l'un des plus complets du genre ! On peut ajuster des dizaines de paramètres, des plus élémentaires au plus poussés, que ce soit pour le processeur, la mémoire, les bus, les interfaces, etc. Vraiment impressionnant, même si, comme toujours dans ce cas, on peut se perdre dans cette foule d'options, d'autant que certaines sont à réserver au experts. Mais les bidouilleurs ne bouderont pas leur plaisir face à autant de possibilités pour ajuster la machine à leurs besoins spécifiques.
C'est d'ailleurs dans le Bios que l'on peut choisir entre trois mode de fonctionnement général, associés à des niveau de puissance électrique : Quiet (silencieux), Balance (Équilibré) ou Performance, pour des puissances nominales de processeur respectives de 35, 54 et 65 W. Par défaut, le NucBox M7 est réglé en mode Équilibré, et c'est ainsi que nous l'avons testé, sans rien changer, comme à chaque fois.
GMKtec NucBox M7 : des performances de bon niveau
Au chapitre performances, le NucBox M7 confirme sa vocation d'ordinateur de milieu de gamme, comme en témoignent les résultats très corrects obtenus avec les benchmarks traditionnels : 3896 points en global et 24539 points pour le processeur sous Passmark, 2063 points en monocœur et 9587 points en multicœurs pour le CPU et 26464 points pour le GPU sous Geekbench 6, et 1508 points en monocœur et 13067points en multicœurs sous Cinebench R23. Des scores de bonne tenue, sans ̂être exceptionnels, qui mettent globalement le Ryzen 7 6850H Pro au niveau d'un Core i5-13600H ou d'un Core i7-11700KF côté Intel d'un Ryzen 7 7735H ou d'un Ryzen 9 5980HX côté AMD. En multicœurs, il est même proche d'un M4 10 cores Apple, même si la comparaison est toujours très délicate.
Bref, il s'agit d'un processeur solide, plus que suffisant pour les utilisations classiques et basiques – bureautique, navigation Internet, lecture audio et vidéo, retouche photo, etc. – et tout à fait correct pour des applications plus exigeantes, notamment dans le développement ou la création numérique., comme nous l'avons vérifié avec des logiciels d'enregistrement et de mixage audio et des outils de montage et d'encodage vidéo, y compris en 4K, même si les puces plus récentes d'Intel et d'AMD font évidemment mieux en la matière.
En jeu et en 3D, le Radeon 680M fait évidemment un peu moins bien que l'excellent 780M qu'on trouve sur d'autres Ryzen plus évolués. Mais il est loin d'être ridicule ! En Full HD (1080p), avec un niveau de détails bas, on atteint tout de même400 FPS dans League of Legends, 200 FPS dans Valorant ou encore 120 FPS dans Counter Strike 2 ou Dota 2. Sans surprise, les choses se gâtent avec des titres plus exigeants comme Robocop Rogue City, où l'on descend à 20 FPS. Logique : comme la plupart des mini PC, le NucBox M7 n'est pas un ordinateur pour gamer.
En revanche, et c'est tout l'intérêt du NucBox M7, on peut faire beaucoup mieux en connectant une carte graphique externe via l'Oculink ou l'USB 4 : une opération simple et efficace, à condition de procéder au préalable à quelques réglages dans le Bios et dans Windows, et d'installer le pilote approprié. Ainsi, avec une RTX 3800 montée dans un boîtier indépendant, nous avons pu jouer en 4K en haute qualité avec une bonne fluidité en atteignant 70 FPS dans Counter Strike 2 et dans Space Marine 2. Un bel atout pour les joueurs occasionnels qui peuvent ainsi profiter de titres AAA très lourds dans de bonnes conditions, et sans se ruiner dans un PC de compétition !
Seule petite déception, comme nous le supposions au démontage, le SSD installé en standard n'est pas un foudre de guerre. Sans être aussi lent qu'un modèle Sata, il se relève sensiblement moins rapide que les modules NVMe en PCIe x4, avec des débits d'environ 3150 Mo/s et de 1750 Mo/s en écriture. C'est dommage, car nombre de concurrents atteignent les 5000 Mo/s en lecture avec un SSD plus adapté, que GMKtec aurait pu monter par défaut… Mais ce n'est pas gênant au quotidien, dans les transferts de fichiers classiques, qui sont juste un peu plus lents. Et, comme on l'a dit, il est facile de remplacer ou de compléter ce SSD par un modèle plus performant si besoin.
Ceci étant, à l'usage, on ne sent aucun ralentissement au lancement d'applications ou à l'enregistrement de fichiers : le NucBox M7 se montre réactif et fluide dans toutes les manipulations usuelles, d'autant que, comme la plupart des mini PC prêt à l'emploi, il est livré avec Windows 11 Pro préinstallé et activé, et dans une version "propre", sans aucun logiciel accessoire (bloatware). Il n'y a ainsi aucun nettoyage à effectuer lors de sa configuration d'origine : après les indispensables et incontournables mises à jour de Windows, on se retrouve avec un ordinateur sain et fonctionnel, sans antivirus ou autre application inutile à supprimer. On apprécie !
GMKtec NucBox M7 : un ordinateur discret mais un peu gourmand
Autre satisfecit, le NucBox M7 se montre très discret sur le plan sonore : ses ventilateurs ne sont quasiment pas entendre, même quand on pousse le processeur dans des traitements assez lourds, allant de 29 dBA à 38 dBA à 30 cm, selon notre sonomètre. Certes, on atteint les 42 dBA en passant en mode Performance, mais, hormis pour des tâches spécifiques, le gain n'est pas vraiment significatif eyt il est préférable de laisser la machine en mode Équilibré, comme réglé par défaut. Sans compter qu'il est également possible d'ajuster finement la courbe du ventilateur du processeur dans le Bios.
À notre grande surprise, nous avons toutefois relevé une consommation électrique supérieure à la moyenne des autres mini PC avec les réglages par défaut. Rien de vraiment rédhibitoire, avec environ 20 W en mode bureautique-Internet et autour de 50 W en utilisation soutenue, avec des pointes à 80 W lors de traitements les plus intensifs. En revanche, au repos, quand il est simplement sur le Bureau de Windows sans aucune activité, pas même en tâche de fond, avec une utilisation de processeur à 0 %, le NucBox M7 consomme 15 W, sans raison apparente. Étonnant quand on sait que la plupart des modèles restent entre 5 et 10 W dans les mêmes conditions. Plus surprenant, en veille simple, en veille prolongée et même à l'arrêt complet, on mesure encore 1,3 W au wattmètre ! Vérification faite, cette consommation résiduelle est liée aux prises USB qui peuvent alimenter des appareils externes quand le NucBox M7 est en veille ou éteint. Pas de quoi plomber une facture d'électricité, mais pas vraiment vertueux en terme d'efficacité énergétique, d'autant que nous n'avons pas trouvé l'option pour désactiver cette fonction dans les très nombreux réglages du Bios.
Dernier détail à signaler, la portée des interfaces sans fil, qu'il s'agisse du Wi-Fi ou du Bluetooth, est un peu inférieure à celle d'autres mini PC. Rien de catastrophique – c'est quasiment insensible dans un rayon normal d'une dizaine de mètres –, d'autant qu'on peut utiliser l'Ethernet pour conserver une connexion Internet rapide et stable, mais on peut observer quelques ralentissement et à-coups à grande distance, dans une maison avec des murs épais notamment.
GMKtec NucBox M7 : un mini PC à haut potentiel
Au final, le NucBox M7 apparaît comme un très bon mini PC de milieu de gamme. Son processeur est assez puissant pour un grand nombre d'utilisations, même créatives et intensives. Sa connectique, riche et variée, permet de brancher une large gamme de périphériques, y compris une carte graphique externe en Oculink ou en USB 4 pour jouer confortablement. Bien construit, son boîtier est à la fois élégant et accueillant, offrant de belles capacités d'évolution pour la mémoire vive et le stockage, ce qui est toujours très appréciable en terme de pérennité. Et s'il convient à tout le monde en l'état, il intéressera plus particulièrement les bidouilleurs et les experts qui pourront l'ajuster finement à leurs besoins grâce aux très nombreux réglages de son Bios, l'un des plus aboutis du genre.
Compte tenu de ses nombreuses qualités, le NucBox M7 est vendu à un prix plutôt compétitif puisqu'on le trouve à 510 euros chez Amazon en ce moment avec 16 Go de Ram et un SSD de 512 Go. D'autres configurations sont proposés sur le site de GMKtec, y compris une version "barebone", sans mémoire ni stockage, à partir de 299 euros, mais avec des ruptures de stock. Le modèle M7 Ultra, avec un Ryzen 7 Pro 6850U est vendu seulement 400 euros, constitue toutefois un excellent remplaçant, avec des caractéristiques similaires et des performances très légèrement inférieures. Comme toujours sur ce marché très mouvant, les tarifs fluctuent beaucoup selon les périodes et les promotions, et plus encore en ce moment, avec la hausse spectaculaire des prix de la Ram et des SSD à cause de la demande pour l'IA.


















