Cette application française gratuite retrouve votre voiture volée, même à des centaines de kilomètres
Chaque année en France, plus de 125 000 véhicules sont volés. Une application communautaire, créée par deux policiers de l'Hérault, mobilise des milliers de citoyens pour retrouver ces véhicules, parfois en quelques heures.
En France, une voiture est volée toutes les quatre minutes. Face à ce fléau, les forces de l'ordre sont souvent débordées, et les victimes se retrouvent seules avec une plainte et peu d'espoir de revoir leur véhicule. C'est ce constat, vécu de l'intérieur, qui a décidé deux policiers de l'Hérault à prendre les choses en main – dans leur vie privée, sur leur temps libre, pendant cinq ans de développement.
L'idée est née d'un récit poignant : celui d'une mère de famille dont le véhicule adapté pour sa fille handicapée avait été dérobé, sans que les policiers du secteur n'en soient même informés. "Ce fut un déclic pour nous", confie Cyril, l'un des deux créateurs. Avec son collègue David, il a construit un système fondé sur une logique simple : si la police ne peut pas être partout, les citoyens, eux, le sont déjà.
Le principe de l'application repose sur deux rôles distincts. La victime d'un vol dépose une annonce gratuite, avec la description détaillée de son véhicule. Elle est alors diffusée en temps réel à une communauté de "veilleurs" – des utilisateurs ordinaires qui, dans leur quotidien, gardent l'œil ouvert. Depuis leur téléphone, ces veilleurs peuvent scanner une plaque d'immatriculation suspecte, un numéro VIN, un gravage de vitre, voire les marquages de vélos, scooters ou motos. Pour protéger les données, les deux dernières lettres de la plaque recherchée restent masquées – seul un veilleur proche du véhicule peut confirmer la correspondance.

Le levier qui fait fonctionner la mécanique, c'est la récompense. Lorsqu'un veilleur localise un véhicule volé, il perçoit une prime minimale de 100 euros, financée directement par la victime. Si la voiture est retrouvée, le propriétaire paie 300 euros – une somme qui couvre les frais de traitement des alertes et la rémunération du veilleur. Aucune somme n'est due si la recherche n'aboutit pas. Un modèle économique honnête, qui aligne les intérêts de tout le monde.
Les résultats parlent d'eux-mêmes. Après une année d'utilisation, plus de 700 véhicules volés ont été enregistrés sur la plateforme, avec une cinquantaine de réussites concrètes partout en France. Un utilisateur de Montpellier témoigne sur le site de l'application : sa voiture a été retrouvée en huit heures, à plus de 300 kilomètres de chez lui – en Allemagne – grâce à un veilleur qui avait reçu l'alerte sur son téléphone.
L'application, disponible gratuitement sur Android et iOS, s'appelle Lamp. L'inscription nécessite la présentation d'une pièce d'identité, pour garantir la sécurité des données et éviter tout usage détourné du système. Elle est déjà utilisée par des assureurs et des gestionnaires de flottes professionnelles, qui y voient un outil de surveillance complémentaire à moindre coût. Les créateurs envisagent d'y intégrer prochainement la compatibilité avec les caméras embarquées, pour élargir encore le réseau de surveillance citoyenne.
L'application a été validée juridiquement pour garantir que les informations collectées ne sont utilisées qu'à des fins de sécurité et d'assistance – aucun usage commercial n'est autorisé. Dans un pays où un quart des voitures volées ne sont jamais retrouvées, c'est peut-être l'idée la plus simple et la plus efficace des dernières années.