Ce robot agricole à énergie solaire et GPS sème et désherbe tout seul (et sans pesticides)
Entièrement autonome, alimenté à l'énergie solaire, ce robot agricole est capable de semer et de désherber des champs sans aucune intervention humaine, en combinant mécanique et numérique avec une précision chirurgicale..
Dans les champs de betteraves sucrières du Danemark, une machine silencieuse avance en ligne droite, à pas réguliers, sans conducteur. Pas de moteur diesel, pas d'écran de contrôle en cabine, pas d'agriculteur aux commandes. Juste quatre panneaux solaires sur le toit, un GPS de précision, et une autonomie de fonctionnement qui peut atteindre 24 heures d'affilée. Ce robot a été conçu pour faire le travail que les machines traditionnelles font mal ou pas du tout : semer avec une précision millimétrique et désherber entre les plants, sans abîmer les cultures.
Conçu il y a plusieurs années déjà par la société danoise FarmDroid, le FD20 est un robot de champ alimenté par l'énergie solaire, capable de réaliser à la fois les semis et le désherbage de manière entièrement autonome. Il s'appuie sur un GPS RTK haute précision – une technologie qui offre une précision de 8 millimètres – pour mémoriser la position exacte de chaque graine déposée dans le sol, puis revenir désherber entre les plants avec une précision chirurgicale, y compris avant même que ceux-ci aient germé. Ce dernier point est crucial : les systèmes de désherbage par caméra, qu'utilisent la plupart des robots concurrents, ne peuvent intervenir que lorsque les plants sont visibles. Le FD20, lui, agit dès le lendemain du semis.
Ses quatre panneaux solaires lui assurent une puissance maximale de 1,6 kWh, stockée dans deux batteries qui lui permettent de travailler entre 18 et 24 heures par jour selon les conditions météorologiques. Circulant à une vitesse de 950 mètres par heure, il couvre jusqu'à 6 hectares en une journée. Pour les exploitations de grande surface, plusieurs robots peuvent être déployés en flotte sur le même domaine, l'un semant pendant que l'autre désherbe.
La gestion des produits phytosanitaires est un autre intérêt de cette machine. Le système de micro-pulvérisation ciblée du FD20 applique les produits de protection des plantes uniquement là où c'est nécessaire, et non sur l'ensemble du champ comme le fait un épandeur classique. Résultat : une réduction de la consommation de produits chimiques pouvant atteindre 94 %. Pour les agriculteurs engagés dans des démarches bio ou en conversion, c'est une alternative concrète aux traitements systématiques, d'autant que le robot peut aussi travailler en mode purement mécanique, sans aucune pulvérisation.
Le FD20 pèse 1 250 kg, soit bien moins qu'un tracteur ou une machine agricole classique. Cette légèreté relative limite le tassement du sol, qui est l'un des effets les plus néfastes du machinisme agricole intensif sur la fertilité des terres. Compatible avec plus de 100 cultures différentes – betteraves, épinards, oignons, choux, chicorée, etc. –, il est géré via une application mobile qui guide l'agriculteur pour le paramétrage du champ et le suivi en temps réel des opérations. Si le conteneur de graines se vide ou si un incident survient, une notification est envoyée directement sur son téléphone.
Comme toutes les machines agricoles, le FD20 n'est évidemment pas donné : il coûte entre 80 000 et 100 000 euros selon la configuration. Un prix normal pour du matériel professionnel de ce type, qui le destine aux exploitations capables d'amortir cet investissement sur plusieurs saisons et qu'il faut replacer dans un contexte où la main-d'œuvre agricole se raréfie, où les contraintes réglementaires sur les pesticides se durcissent et où les coûts énergétiques pèsent lourd. Surtout, il incarne une nouvelle vision de l'agriculture, où la mécanique et le numérique viennent suppléer l'humain dans des tâches ingrates.