Alexa+ arrive en France : l'assistant vocal d'Amazon fait sa révolution, et c'est impressionnant
Amazon déploie enfin Alexa+ en France en accès anticipé, un an après les États-Unis. Fonctionnement, prix, appareils compatibles… Voici tout ce qu'il faut savoir sur la nouvelle version de l'assistant vocal tournant à l'IA.
C'est un grand jour pour Amazon ! Alexa, son assistant vocal intelligent qui est intégré dans les produits Echo, a droit à la mise à jour la plus importante de son existence. Introduite en 2014 et embarquée dans plus d'un demi-milliard d'appareils à travers le monde, Alexa il était prévu depuis longtemps qu'elle subisse un joli lifting pour répondre encore mieux aux dizaines de millions d'interactions à l'heure qu'elle assure déjà.
C'est finalement en 2025, sous le nom d'Alexa+, que le nouvel assistant dopé à l'IA a fait ses débuts sur le sol américain, mais il se faisait attendre en France ! Plus d'un an après ses premiers pas, le voilà enfin qui arrive dans l'Hexagone.
Alexa+ : un assistant vocal qui s'exprime comme un Français
En France, Alexa est l'assistant vocal le plus utilisé avec, selon les chiffres d'Amazon, plus de 17 milliards d'interactions enregistrées au cours des trois dernières années, dont 1,3 milliard liées à des appareils connectés rien qu'en 2025 et 240 millions d'heures de musique et de radio écoutées depuis le début de l'année 2026. Pourtant, malgré ce joli succès, Alexa commençait à être sérieusement à la traîne, surtout avec le déploiement de plus en plus poussé de Gemini. Aussi, Alexa+ tombe à point nommé.
Avec cette nouvelle itération, il n'y a plus besoin d'apprendre le "langage Alexa", c'est-à-dire les fameuses commandes vocales à connaître au mot près nécessaires pour avoir la chance d'obtenir une réponse, car l'assistant vocal comprend maintenant le langage naturel. Exit les "Désolé, je n'ai pas compris" à foison ! D'ailleurs, il n'y a plus besoin de dire "Alexa" avant chaque demande, il suffit de le dire au début de la conversation pour que les échanges s'enchaînent ensuite de façon spontanée.
En parlant d'échanges, la nouvelle Alexa possède beaucoup plus d'intonations, parle un langage très oral et tutoie l'utilisateur. Elle se révèle particulièrement enjouée – peut-être même un peu trop – et familière. Il est possible de changer de sujet en cours d'échange, voire d'interrompre l'IA, sans qu'elle ne soit complètement perdue.
Les équipes d'Amazon ont porté un soin particulier pour qu'Alexa se conforme à la langue et à la culture française, qu'il s'agisse de l'argot, des expressions linguistiques, des références culturelles, de la musique, de l'Histoire ou encore des habitudes de vie – elle a même un avis sur l'éternel débat pain au chocolat/chocolatine. Pour faire simple, l'Alexa+ lancée en France n'est pas la même que celle déployée il y a quelques mois aux États-Unis.
Alexa+ : une IA agentique polyvalente et ancrée dans le quotidien
Pour fonctionner, Alexa+ a recours à plus de 70 grands modèles de langage (LLM), dont ceux de l'écosystème Amazon Nova, mais aussi le français Mistral AI. Ce choix d'architecture offre une très grande flexibilité. Ainsi, si un modèle plus performant vient à apparaître, il peut être intégré rapidement sans nécessiter de refonte majeure. Cette approche modulaire permet également à Alexa+ de choisir le modèle de langage qui est le plus adapté pour répondre aux demandes des utilisateurs. Elle va donc mobiliser des modèles légers pour les requêtes simples, comme allumer une lumière, et des modèles plus évolués pour des tâches plus complexes, telles que l'organisation d'un long séjour.
Nous avons eu droit à une démonstration de la nouvelle Alexa+ mettant en avant ses usages domestiques. Au-delà de fournir un simple renseignement, l'assistant est capable d'organiser un calendrier, de retrouver le passage précis d'un film, de réserver une table au restaurant, de contrôler la domotique (lumières, alarme, caméras…), d'envoyer un mail ou encore de suivre une livraison, le tout sans avoir besoin d'ouvrir différentes applications. Lors de la présentation, Alexa a été capable, à partir de quelques phrases de l'utilisatrice, de programmer l'allumage des lumières en rose tous les soirs au moment du coucher du soleil sans aucune configuration et de lui générer une playlist avec ses artistes préférés ainsi que ceux de son copain.
Car Alexa+ retient absolument tout ! Au fil du temps et de son utilisation, elle apprend progressivement les préférences de chaque membre du foyer, avec des profils distincts gérés par reconnaissance vocale, ce qui lui permet de générer des réponses extrêmement personnalisées. Elle est également capable de comprendre le contexte d'un échange et l'état émotif de l'utilisateur, de saisir les nuances afin de pouvoir répondre en conséquence. Pour les appareils Echo Show, la caméra intégrée peut même être utilisée pour enrichir le contexte. Lorsque l'IA n'est pas sûre des consignes, elle n'hésite pas à demander des précisions – la routine doit-elle être programmée pour 10 h du matin ou du soir ? Selon la complexité des demandes, il y a parfois un temps de latence mais, pour éviter qu'il ne soit trop long, Alexa indique parfois qu'elle est en train d'effectuer l'action.
Grâce à l'important écosystème d'Amazon, l'assistant virtuel peut contrôler plusieurs appareils avec une seule commande. Car l'entreprise a de grandes ambitions pour le domaine de la maison connectée. Alexa+ peut ainsi facilement configurer les objets connectés – avec une compatibilité optimisée pour les équipements Matter –, les faire fonctionner de concert, installer des routines, le tout à partir d'une simple commande vocale. Par exemple, il suffit de demander à l'IA si l'on a reçu un colis pour qu'elle vérifie via la caméra de la sonnette Ring si un livreur est venu déposer un carton, ou de lui dire qu'il fait chaud dans la pièce pour qu'elle déclenche spontanément le ventilateur connecté. De même, si l'utilisatrice indique avoir renversé du pop-corn par terre, le service demande alors au robot-aspirateur de passer dans la pièce.
Afin d'ancrer le plus possible Alexa+ dans les habitudes françaises, Amazon a noué des partenariats avec des acteurs majeurs de l'écosystème numérique et culturel de l'Hexagone. Ainsi, l'assistant vocal est connecté à de nombreux services français, tels que Deezer pour la musique, des médias locaux comme Le Figaro et RTL, des marques françaises de maison connectée comme Legrand et Somfy, ainsi que TheFork/LaFourchette pour la réservation de restaurants. D'autres services sont annoncés pour les prochains mois, à savoir MesDépanneurs.fr pour trouver un artisan, TripAdvisor pour préparer des vacances et Fever pour réserver des concerts.
Alexa+ : quid des données personnelles et de leur confidentialité ?
Les nouvelles fonctions d'Alexa+ sont, il faut en convenir, assez impressionnantes. Reste qu'il ne faut pas craindre pour la confidentialité de ses données personnelles, car l'assistant vocal a vraiment accès à tout ! Les IA génératives comme ChatGPT et Gemini sont déjà connues pour être de véritables aspirateurs à données, au point qu'il est recommandé de ne pas leur confier d'informations sensibles – notamment quand on leur demande d'analyser des documents. Avec Alexa+ et son intégration poussée dans son écosystème, Amazon a accès à absolument toute la vie des utilisateurs, au plus profond de leur intimité.
Sur ce point, Amazon se défend en rappelant que l'entreprise n'accède qu'aux données auxquelles on veut bien qu'elle accède. En effet, il n'est absolument pas obligatoire de connecter tous les services, et les utilisateurs ont accès depuis l'application aux données mémorisées. Il est possible de les effacer à tout moment. Par exemple, si un des enfants du foyer était absolument fan de la chanteuse Angèle, mais que ses goûts ont finalement changé, ses parents peuvent effacer la préférence. Reste que le service ne prend vraiment tout son sens qu'en connectant les services. C'est donc un peu tout ou rien, et ce sera à chacun de faire son choix.
Alexa+ : comment profiter de la nouvelle version de l'assistant vocal ?
La bonne nouvelle, c'est que tout le monde peut profiter d'Alexa+ gratuitement pendant son accès anticipé, qui a débuté le 26 mai 2026. Il suffit de s'inscrire sur cette page pour rejoindre la liste d'attente. Mais, à terme, il faudra souscrire à un abonnement Alexa+ qui sera facturé 22,99 € par mois en France, soit autant que ses concurrents directs ChatGPT Plus, Gemini Pro ou Claude Pro. Mais le nouvel assistant vocal sera également inclus sans surcoût dans l'abonnement Amazon Prime, facturé à 6,99 € par mois ou 69,90 € par an.
L'écart de prix entre les deux solutions a de quoi prêter à sourire tant il paraît absurde. Évidemment, il n'y a aucun intérêt à prendre l'abonnement Alexa+ seul. Et, en réalité, Amazon ne cherche pas vraiment à le vendre, ce dernier sert juste à faire apparaître Prime comme étant l'affaire du siècle, et ainsi pousser l'utilisateur à mettre un pied dans l'écosystème de l'entreprise. Il est cependant possible que, par la suite, Alexa+ puisse justifier une montée en gamme, et donc en prix, de l'offre Prime. Soit une fois que tout le monde sera complètement accro à la nouvelle itération de l'assistant vocal ! Malin !
Alexa+ : quels sont les appareils compatibles ?
Alexa+ sera disponible sur tous les appareils Echo à l'exception de certains appareils d'ancienne génération, à savoir les :
- Echo (1ère génération)
- Echo Dot (1ère génération)
- Echo (1ère génération)
- Echo Plus (1ère génération)
- Echo Show (1ère génération)
- Echo Show (2e génération)
- Echo Spot (1ère génération)
Sur ces appareils, il faudra se contenter de la version Alexa d'origine. Une exclusion qui s'explique par des contraintes matérielles, car ils ne disposent pas de la puissance de traitement nécessaire pour faire tourner les modèles d'IA générative au cœur d'Alexa+.
Au niveau de la télévision, Alexa+ s'intègrera sur :
- Fire TV Stick HD de nouvelle génération
- Fire TV Stick 4K Select
- Fire TV Cube (3e génération)
- Fire TV Stick 4K Max (2e génération)
- Fire TV Stick 4K Plus (2e génération)
Notons qu'Alexa+ sera aussi accessible sur les tablettes Fire et les Kindle Scribe de nouvelle génération, ainsi que depuis l'application mobile Alexa et, à partir de cet été, depuis un navigateur Web – un accès anticipé est déjà disponible depuis février 2026, mais de façon très limitée (voir notre article). En revanche, l'IA n'est pas encore prise en charge par les Echo Buds, l'Echo Auto et les appareils tiers intégrant Alexa (dit "Alexa Built-in").



