Avec Chemistry, Tinder veut scanner toutes les photos de votre téléphone pour son IA
Tinder teste une nouvelle fonction qui permet de mieux connaître les utilisateurs en analysant leurs photos personnelles avec de l'IA. Une façon de proposer des profils plus compatibles, mais au détriment de la confidentialité…
Les sites de rencontres sont tout le temps à la recherche de LA fonction innovante qui leur permettra de tirer leur épingle du jeu face à la concurrence. Pour certains, cela passe par des critères de sélection spécifiques – avec des plateformes centrées sur la religion ou les opinions politiques par exemple –, des abonnements payants proposant tout un tas d'avantages exclusifs, ou alors une manière d'aborder pour le moins originale. Alors que ses résultats financiers sont en déclin, notamment à cause d'un nombre d'utilisateurs payants en constante diminution, Tinder a décidé de miser sur l'IA – quelle originalité ! Il compte sur une nouvelle fonction, baptisée Chemistry, pour améliorer la mise en relation entre les utilisateurs, en favorisant les rencontres entre personnes supposément plus compatibles. Mais, pour cela, l'application demande un accès à l'ensemble de leur photothèque...
Chemistry sur Tinder : une fonction assez intrusive
Déjà entrée en phase d'expérimentation en Nouvelle-Zélande et en Australie, Chemistry sera "un pilier majeur de l'expérience produit 2026 de Tinder", selon les mots de Spencer Rascoff, PDG de Match Group, dans son dernier rapport financier. Concrètement, l'IA pourra, avec l'accord de l'utilisateur bien entendu, accéder à la totalité des photos stockées dans son smartphone et lui poser des "questions interactives" pour en apprendre plus sur lui.
Tout cela lui permettra d'en savoir plus sur sa personnalité et sur ses centres d'intérêts, afin de pouvoir, par la suite, le mettre en relation avec d'autres personnes ayant une compatibilité encore plus forte que celle obtenue avec le système classique actuel. Ainsi, si l'IA remarque de nombreuses photos de randonnée ou d'escalade, l'algorithme pourrait identifier ces passions et lui proposer d'autres personnes amateures d'activités en plein air.
Si la fonction Chemistry est présentée comme optionnelle, elle soulève tout de même des questions au niveau de la confidentialité. En effet, donner un accès complet à l'intelligence artificielle à l'ensemble de ses photos personnelles est une démarche plutôt invasive. D'ailleurs, Meta a récemment déployé aux États-Unis et au Canada une fonction similaire, qui demande l'accès aux photos non partagées pour suggérer des modifications par IA (voir notre article). Il est donc probable que Chemistry repose sur un traitement dans le cloud, ce qui implique une transmission des images vers les serveurs de l'entreprise. Tinder ne précise d'ailleurs pas si ces données seront elles-mêmes utilisées pour entraîner ses IA.
Tinder n'a pas encore indiqué de date de déploiement. Toujours est-il que l'entreprise mise gros. Après neuf trimestres consécutifs de baisse du nombre d'abonnés payants et un recul de 3% de son chiffre d'affaires sur un an, l'application de rencontres a plus que jamais besoin de se démarquer sur un marché extrêmement concurrentiel tout en répondant à une certaine lassitude des utilisateurs face à la répétitivité des "matchs" et au côté "consommation" des rencontres. Et, si possible, les convaincre de souscrire à un abonnement payant afin de pouvoir profiter des dernières fonctions premium !
