La présence de virus et de bombes logiques sous Linux est un débat au moins aussi sensible que la guerre entre le monde libre et Microsoft ! Il suffit de parcourir un peu les sites traitant du sujet pour mesurer la virulence des propos de chaque parti, dont les uns maintiennent que les virus sous Linux sont une utopie, tandis que les autres conseillent de prendre garde au risque de virus... et d'installer un antivirus sous Linux ! En fait il semblerait que la menace existe mais soit relativement limitée...
Plusieurs éléments nous amènent à penser cela :
* Les virus exploitent les failles des systèmes pour s'introduire. Or Linux en comporte peu (surtout en regard de Windows).
*Linux est nettement moins exposé aux virus que Windows en grande partie du fait de sa plus faible utilisation. Rappelons en effet que l'objectif d'un virus est de se diffuser au maximum; il est donc plus intéressant de développer des virus pour le système d'exploitation le plus utilisé -et de loin- que de développer un virus pour un système peu utilisé (et, qui plus est, souvent par des utilisateurs plus avertis !).
*Une des autres raisons est la gestion plus rigoureuse des droits sur les fichiers sous Unix. Un utilisateur Unix n'a pas les droits d'écriture sur les fichiers systèmes. Il est donc probable (sauf en cas de travail en temps que super utilisateur) que le virus parvienne à infecter le système. Au pire seules les données de l'utilisateur seront altérées. Sous Windows la majeur partie des utilisateurs travaillent en temps qu'administrateur et donc cette sécurité n'est pas valable.
Par conséquent, il est peu probable qu'un virus réussisse à s'introduire dans un système Linux. Même s'il y parvient, il est peu probable qu'il parvienne ensuite à se propager. On peut donc dire que les virus informatiques sont nettement moins prédominants sous Linux (et les plates forme Unix en général) mais leur nombre n'en est pas pour autant nul. Citons donc quelques risques de virus et de bombes logiques :
*La monopolisation des ressources. Si un virus monopolise les ressources système ou mémoire sans les altérer, il sera efficace même sous système Unix.
*La mise hors service de fonctionnalités réseau. En surchargeant le port concerné par des demandes de connexion incessantes. Les remèdes existent pour éviter ceci, mais ils ne sont pas toujours mis en oeuvre par l'administrateur système.
*Tout d'abord, comme nous l'avons dans la partie historique, l'un des premiers virus réalisé par Cohen en 1983 a été créé sous Unix. C'est donc bien la preuve qu'un système Unix peut être affecté ! Plus récemment, citons le virus Bliss (qui date de 1997) mais dont la portée est nuisance est assez faible, l'antivirus étant fourni avec le virus (simple commande --bliss-disinfect-files-please).
* Les utilisateurs de Linux ont la possibilité d'ouvrir des documents Microsoft Office à l'aide de logiciels tels que OpenOffice ou StarOffice. Cela les expose donc aux potentiels virus contenus dans ces fichiers à travers les macros.
*Certains virus fonctionnent à la fois sur Windows et Linux (comme le virus Winux). Il est important de noter que les mécanismes de protection Linux, qui empêchent un virus fonctionnant sous une identité quelconque de modifier des fichiers système disparaissent si la partition est accédée depuis un virus fonctionnant sous Windows. Un virus dédié à Windows peut en effet écrire sur un réseau hétérogène utilisant des serveurs Samba aussi facilement que sur un réseau Windows. L'antidote d'un tel virus devrait être disponible pour les deux plates formes.
On voit donc que, bien que nettement moins exposé, le monde des logiciels libres n'est absolument pas à l'abri des virus, vers, et autres logiciels malveillants (chevaux de Troie...). De plus, leur expansion de ces dernières années les rend encore plus exposés. Il est donc probable que l'utilisation de logiciels antivirus sous Linux soit amenée à se développer.
Comme nous l'avons déjà évoqué, certains experts considèrent que des virus existent sous Linux. Certains avaient même prévenu la communauté utilisant le système de Linus Thorvalds qu'elle n'était pas à l'abri. Si les virus en tant que tels ne sont pas légion, les vers, eux, attaquent volontiers ce système open source.
Contrairement aux vers Windows, qui misent généralement sur le fait que l'utilisateur exécutera le script qui les contient (voir l'exemple de IloveYou), les vers Linux comptent plutôt sur des bugs dans les logiciels réseau. Il faut savoir que, dans l'absolu, les virus sous linux s'attaquent aux applications serveur beaucoup plus qu'aux applications bureautiques.
Cela dit, restons honnêtes, les experts recensent près de 68000 virus (vers et chevaux de Troie inclus) sous Windows, seulement 170 pour Linux et Mac et même pas une trentaine pour la version commerciale d'Unix.