Android XR Glasses : Google et Samsung mettent de l'IA dans leurs nouvelles lunettes connectées
Samsung et Google dévoilent leurs nouvelles lunettes connectées sous Android XR. Ces appareils discrets et fonctionnels intègrent l'IA Gemini pour offrir des interactions mains libres, plus simples au quotidien.
Après les smartphones, les tablettes, les écouteurs sans fil, les montres et les bagues connectées, le prochain produit mobile prêt à envahir notre quotidien pourrait bien être les lunettes connectées, également appelées lunettes intelligentes ! De nombreux géants du numérique s'y sont mis, à commencer par Meta avec ses Ray-Ban, Xiaomi (AI Glasses), Alibaba (Quark AI), Alain Afflelou (Magic Connect) et Krys (Smart Signature Krys).
Après un premier essai avec les Google Glass – qui n'ont pas rencontré un franc succès auprès du grand public –, le géant du numérique retente sa chance. À l'occasion de sa conférence I/O 2026, qui s'est tenue le 19 avril dernier, il a officialisé son partenariat avec Samsung en présentant une nouvelle génération de montures intelligentes reposant sur Android XR, une plateforme développée avec Qualcomm et pensée pour les usages mêlant intelligence artificielle et réalité augmentée. Elles reposeront, bien évidemment, sur Gemini, l'IA star de Google.
Android XR Glasses : des lunettes classiques avec un assistant IA vocal
Le premier élément marquant à propos des ces nouvelles lunettes connectées, dont on ne connait pas encore le nom commercial définitif, concerne le design. Les prototypes montrés par Google et Samsung ressemblent beaucoup plus à des lunettes classiques qu'aux Google Glass d'il y a une dizaine d'années.
Exit donc le design futuriste, les deux constructeurs ont co-développé les deux modèles haut de gamme avec Gentle Monster et Warby Parker, deux spécialistes de la lunetterie. Ils ont cherché à rendre les produits plus acceptables socialement, c'est pourquoi ils ne possèdent pas d'écran, mais misent tout sur des microphones, des haut-parleurs et des caméras miniaturisées intégrées dans la monture.
Les deux modèles proposent chacun un univers visuel bien distinct. Hankook Kim, le PDG de Gentle Monster, parle ainsi d'un objet "aussi expressif sur le plan émotionnel qu'il est avancé sur le plan technologique", tandis que Dave Gilboa, le cofondateur de Warby Parker, insiste sur l'optique de précision et le confort au quotidien. Tout est fait pour faire oublier la technologie et les transformer en objet du quotidien. Mais de la technologie, il y en a pourtant !
Les nouvelles lunettes connectées reposent sur Gemini, l'intelligence artificielle de Google. Elles sont ainsi capables de comprendre l'environnement de l'utilisateur grâce à la caméra et à l'audio ambiant. L'utilisateur pourra activer l'assistant vocal en disant "Hey Google" ou simplement en touchant la branche des lunettes. Il pourra ensuite lui demander son chemin, obtenir des suggestions en temps réel (un café à proximité, un lieu intéressant, etc.), recevoir des résumés de notifications, ajouter des événements à son agenda ou encore interagir avec son smartphone sans avoir à le sortir.
Dans tous les cas, l'IA répondra oralement à toutes ces demandes. Notons qu'elle prendra en compte le contexte, puisqu'elle sera censée voir ce que voit l'utilisateur et entendre ce qu'il entend afin d'apporter des réponses les plus pertinentes possible. Le tout, en s'intégrant parfaitement à l'écosystème Galaxy.
Android XR Glasses : une annonce qui comporte beaucoup d'inconnues
Cette annonce s'inscrit dans la volonté de Google d'imposer Android XR comme une plateforme capable d'accompagner plusieurs types d'appareils connectés. Après les smartphones et les casques de réalité mixte, l'entreprise mise désormais sur les lunettes pour diffuser plus largement ses services d'intelligence artificielle dans le quotidien. Samsung cherche également à renforcer son univers Galaxy en explorant de nouveaux usages construits autour de l'IA.
Cette stratégie répond aussi à la montée en puissance de Meta sur ce marché. En effet, les lunettes Ray-Ban Meta ont montré qu'il existait un public pour des accessoires connectés relativement simples, capables de prendre des photos, d'écouter de la musique ou de dialoguer avec une IA. Google et Samsung veulent désormais proposer leur propre alternative avec l'avantage d'un écosystème Android déjà bien implanté.
Il reste toutefois plusieurs inconnues importantes. Les démonstrations réalisées lors de la conférence restent très contrôlées, et les deux constructeurs n'ont pas dit un mot sur les marchés ciblés, le système de caméra, l'autonomie et les spécifications techniques des appareils, un éventuel écran intégré ou encore le prix – un détail qui a quand même son importance. Difficile, dans ces conditions, d'évaluer la concurrence réelle avec les Ray-Ban Meta. Google et Samsung ont promis plus de détails dans les prochains mois, avec un lancement prévu à l'automne 2026.
Concernant la question du prix, il faut espérer que les modèles soient assez abordables et évitent l'écueil des gadgets premium hors de portée des bourses si les constructeurs espèrent démocratiser leurs lunettes. Or, les appareils similaires déjà présents sur le marché ne sont pas connus pour être particulièrement accessibles. À titre de comparaison, les Ray-Ban Meta Gen 2 sont proposées en France à un prix allant de 329 € à plus de 500 €, selon le modèle, la monture et surtout le type de verres choisi.
Reste que la question de la généralisation de ces appareils, capables de filmer, de photographier et de diffuser en direct ce que voit leur utilisateur sans que les autres personnes présentes autour de lui ne soient au courant, est également assez sensible et inquiète de plus en plus les autorités chargées de la protection des données personnelles. En effet, certaines vidéos capturées discrètement se retrouvent ensuite publiées sur les réseaux sociaux, parfois sans consentement. En France, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) estime que les lunettes connectées "présentent des risques majeurs pour la vie privée", c'est pourquoi elle a ouvert un plan d'action au niveau européen.


