Ces villes françaises suppriment le stationnement payant : voici les nouvelles règles

Ces villes françaises suppriment le stationnement payant : voici les nouvelles règles

Après des années de durcissement, et à la faveur des dernières élections municipales, plusieurs villes assouplissent ou suppriment carrément le stationnement payant. Un mouvement disparate, mais qui pourrait s'étendre.

Payer le parcmètre pour la moindre course, surveiller l'heure pour éviter une amende, composer avec des applis mobiles qui plantent… Pour des millions d'automobilistes, le stationnement payant s'est durci ces dernières années. Mais la situation est en train de changer.

C'est un mouvement discret, mais qui prend de l'ampleur. Pendant que Paris facture jusqu'à 6 euros de l'heure en centre-ville et que les forfaits post-stationnement (FPS) ont rapporté plus d'un milliard d'euros en France en 2024 – davantage que les PV des radars automatiques ! –, d'autres communes tirent les leçons d'une politique jugée contre-productive. Résultat : quelques villes font machine arrière, suppriment le stationnement payant et passent à la zone bleue – avec le disque horaire gratuit, qui limite simplement la durée du stationnement sans faire passer à la caisse.

À la faveur des élections municipales de 2026, de nouvelles équipes ont pris les commandes de mairies et remis ce sujet explosif sur la table. De Jarville-la-Malgrange à Nice, plusieurs communes révisent leurs règles sous la pression des habitants et des commerçants. Et d'autres observent attentivement ce mouvement qui pourrait faire figure d'exemple.

©  grigory_bruev - 123RF

Le cas le plus tranché est celui de Jarville, dans la banlieue de Nancy. Des horodateurs y avaient été installés en 2023, suscitant une forte contestation locale. La nouvelle majorité a tranché : retour à la gratuité sur voirie, après à peine quelques années d'expérimentation. À Saint-Avold, en Moselle, la démarche est plus prudente : le stationnement payant est suspendu jusqu'en septembre, le temps d'évaluer l'impact de cette pause sur la rotation des véhicules et sur les finances de la ville.

D'autres municipalités ne vont pas jusqu'à la suppression totale, mais introduisent de la souplesse là où il n'y en avait plus. À Annecy, où le stationnement a occupé une bonne partie du débat électoral, les conducteurs peuvent désormais se garer gratuitement pendant 30 minutes dans toutes les zones payantes. Une mesure simple, mais qui change concrètement la vie de ceux qui font une course rapide ou un rendez-vous de courte durée.

À Les Clayes-sous-Bois (Yvelines), le stationnement payant à tarif symbolique a été abandonné au profit d'une zone bleue offrant 1 heure 30 de gratuité, après une consultation citoyenne réunissant environ 1 300 personnes – dont 85 % favorables à la fin du payant. Autre argument décisif pour la mairie : remplacer les horodateurs vieillissants aurait coûté environ 100 000 euros.

La question financière est au cœur de nombreuses décisions. À Rosheim (Bas-Rhin), les horodateurs dataient de 2004 et n'acceptaient pas la carte bancaire. Leur mise aux normes aurait coûté 2 500 euros pièce, pour des recettes annuelles de seulement 25 000 euros. Le calcul ne tenait plus. À Calais, la suppression du stationnement payant a coïncidé avec une chute du taux de vacance commerciale, passé de 27 % à 12,5 % sur quatre ans – un argument de poids pour les maires hésitants.

D'autres approches visent des publics ciblés plutôt qu'une gratuité universelle. À Saint-Rémy-de-Provence et à Wimereux, le stationnement sur certaines zones auparavant payantes devient gratuit pour les résidents uniquement, tandis que les visiteurs continuent de payer. Sur le littoral héraultais, la station balnéaire de Carnon a réduit la période de redevance de deux mois, raccourci la grille horaire de paiement de deux heures par jour, et rendu gratuit un grand parking auparavant payant.

À Nice, la mesure est d'un autre ordre : la ville instaure une tolérance de 15 minutes avant de dresser un forfait de post-stationnement, laissant aux conducteurs le temps de régler à l'horodateur ou via leur application sans risquer immédiatement la verbalisation. Un geste symbolique, mais apprécié dans une grande ville où les contrôles sont de plus en plus automatisés.

À défaut de règles généralisées à l'échelle nationale, les automobilistes s'informer sur les nouvelles modalités ville par ville : zones redevenues gratuites, minutes offertes, périodes de paiement raccourcies ou tolérances avant FPS., les panneaux et arrêtés municipaux restent la seule boussole fiable pour éviter les mauvaises surprises.