On a testé l'Asus Chromebook CM1406, le nouvel ordinateur fourni aux lycéens
Pour leur entrée en Seconde, les lycéens d'Île-de-France et des Pays de la Loire reçoivent un ordinateur portable qui les accompagnera jusqu'au Bac. Et cette année, il s'agit d'un Chromebook signé Asus. Un choix judicieux ?
Depuis quelques années, les lycéens entrant en classe de Seconde en Île-de-France et dans les Pays de la Loire connaissent le même rituel. Leur établissement leur fournit gracieusement un ordinateur portable pour accompagner leur scolarité jusqu’au Baccalauréat. Mais cette année, finie l'ère du petit PC Y13 de Unowhy sous Windows 10 Pro. Les conseils régionaux ont opéré un virage à 180 degrés en s'associant à Asus pour distribuer un Chromebook, le CM1406CM4A.
Animé par ChromeOS — le système d'exploitation de Google qui repose sur le navigateur maison Chrome —, cet ordinateur pourrait en déstabiliser plus d’un. Verrouillé par les plateformes régionales et les ENT des établissements, il coupe court à l'accès au compte Google personnel ou à Google Workspace. À la place, les élèves accèdent, comme avec le Y13 de Unowhy, à la suite Microsoft 365 en ligne. Et si ce PC est livré aux lycéens, Asus en propose également une version commerciale (CM1406) accessible à tous. Sa fiche technique se montre quasiment similaire mais l’appareil est bien évidemment dépourvu des verrous logiciels imposés par les établissements scolaires. Nous avons pu tester cette déclinaison vendue 499 € pour vérifier ce qu'il a réellement dans le ventre.
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Design et connectique : une ligne dans l’air du temps
L’Asus Chromebook CM1406 présente des finitions soignées qui n'ont rien à envier à des machines bien plus onéreuses. Habillé d’un châssis en aluminium rassurant, l'appareil affiche des dimensions de 31,37 x 22,61 x 1,56 cm pour un poids de 1,32 kg. S'il s'avère un poil plus volumineux que l'ancien modèle Y13 de 13,3 pouces, son format 14 pouces reste tout à fait raisonnable, même si les élèves sentiront fatalement sa présence au fond du sac à dos.

Une fois ouvert, on découvre un clavier sans pavé numérique assez classique mais pas cheap. La course des touches procure une frappe souple, rapide et silencieuse. Il dispose d’un rétroéclairage sur un niveau bienvenu pour les sessions nocturnes.

En dessous, le trackpad (13,5 x 8 cm) offre une glisse fluide. Il ne présente aucun bouton physique pour le clic gauche ou droit. C’est la surface tactile qui s’enfonce mécaniquement comme c’est le cas aujourd’hui sur la majorité des PC.
Au sommet de l'écran, la webcam Full HD 1080p suffit amplement aux visioconférences et intègre un cache mécanique de confidentialité très appréciable.

La connectique constitue une excellente surprise pour un PC de cette gamme. Asus fait le plein. Le flanc gauche accueille deux ports USB-C 3.2 Gen 1 (pour la recharge, le transfert de données et le branchement sur un écran externe), un port USB-A 3.2 Gen 1 pour les clés USB, une sortie HDMI 1.4b pour brancher un vidéoprojecteur ou un moniteur, ainsi qu'une prise combo jack.

A l’opposé, Asus a ajouté un second por USB-A pour plus de souplesse. Les connexions sans fil ne sont pas en reste avec la présence du Wi-Fi 7 (dernière norme en vigueur) et du Bluetooth 5.4. C’est un sans-faute sur ce point.

À noter que la version fournie aux lycéens diffère légèrement. Le design ne change pas mais le coloris adopte un bleu soutenu.
Le capot s'orne par ailleurs du logo de la région. Aucune autre caractéristique ne varie si ce n'est l'absence d'écran tactile et la présence dans la boîte d'un chargeur de 45W.
Écran : une dalle IPS terne qui manque d’éclat
C'est malheureusement au niveau de l'affichage que le bât blesse. Ce Chromebook embarque une dalle IPS 14 pouces au format 16:10 (1920 x 1200 pixels). Cette dalle est tactile sur la version commerciale du Chromebook (pas sur le modèle fourni auxs lycéens). Elle profite d’un traitement mat efficace pour atténuer les reflets parasites en intérieur, mais la luminosité peine à convaincre. À l’aide de notre sonde Calibrite, nous l’avons mesurée à 396 cd/m² sur notre version d'essai. Asus indique un pic à 300 cd/m² sur le modèle sans écran tactile remis aux élèves. De quoi rendre le travail en extérieur ou en plein soleil particulièrement laborieux.

La colorimétrie déçoit tout autant. Même si le Delta E mesuré s'établit à un honorable 1,33 (un écart entre la valeur source et le rendu à l’écran imperceptible à l’œil donc), la couverture de l'espace colorimétrique reste trop restreinte (environ 45 % du NTSC) et le contraste mesuré à 1350:1 fait tirer les noirs vers le gris. Les images paraissent plates, délavées et sans relief. Si vos yeux ne risquent pas l'éblouissement, n'espérez pas réaliser de retouches photo précises sur cette dalle.
Performances : un PC taillé pour le travail en ligne et en silence
Sous le capot, point de processeur x86 classique, mais une puce issue de l'univers mobile : le MediaTek Kompanio 540 (gravé en 7 nm), associé à 8 Go de mémoire vive LPDDR5X et 128 Go de stockage. Loin d’être une bête de course, cette architecture correspond en revanche parfaitement avec son objectif : le travail en ligne.

Au quotidien, la fluidité est irréprochable. Traitement de texte, tableur, ouverture d'onglets multiples, streaming vidéo ou utilisation intensive des outils en ligne Microsoft 365 : nous n'avons ressenti aucun ralentissement. Dépourvu de tout ventilateur, le châssis fonctionne dans un silence d'or absolu sans jamais chauffer.

Lors de nos tests en poussant le processeurs dans ses retranchements, la température n'a pas excédé 36,4 °C sous la machine, avec une perte de puissance minime après une heure à plein régime. Seul bémol technique : mémoire et stockage sont totalement soudés à la carte mère, interdisant toute évolution future. Pour rajouter du stockage, il faut obligatoirement passer par un disque externe.
Système : de nouvelles habitudes à prendre
Pour qui n'a juré que par Windows ou macOS, ChromeOS impose un changement radical. Le système d'exploitation de Google s'articule entièrement autour de son navigateur Web, Chrome. Première surprise : impossible de déposer le moindre raccourci ou document sur le bureau. Ceux qui éparpillent des icônes sur le Bureau vont ressentir un choc. Il n'y a pas non plus de corbeille. La gestion des fichiers est spartiate, le seul espace de stockage local étant le dossier Téléchargements. Pour le reste, c'est le stockage en ligne dans le cloud (comme Google Drive ou OneDrive) qui est aux commandes.
Ce parti pris présente aussi quelques avantages. : le système est d'une stabilité exemplaire, démarre au quart de tour en moins de cinq secondes et ne requiert aucun antivirus. Sur notre modèle, l'accès au Google Play Store permet d'installer le catalogue d'applications Android, éliminant malheureusement au passage les logiciels conventionnels. Ce qui force à utiliser majoritairement des services en ligne et donc à rester connecter à Internet. Attention : l’accès n’est pas obligatoire à chaque instant. Écrire un texte ou remplir un tableau avec Docs ou Sheets peut s’effectuer hors ligne.

Pour les lycéens, l'utilisation est encore plus encadrée : le système étant verrouillé par l'ENT (Environnement numérique de travail) de l'établissement comme monlycee.net par exemple, ils n'auront accès ni à leur compte Google personnel ni à Google Workspace et encore moins au PlayStore. Seuls un petit panel d’applications sélectionnées par les établissement leur est accessible. Ils doivent travailler avec la suite Microsoft 365 dans le navigateur. Bien que l'appareil reste capable de gérer la prise de notes hors connexion, ChromeOS perd une grande part de son intérêt dès que l'accès au réseau fait défaut. Cela suppose d'ailleurs des infrastructures Wi-Fi particulièrement robustes au sein des lycées pour encaisser des centaines de connexions simultanées.
Au-delà de la technique, l'adoption de ce Chromebook par les régions soulève tout de même quelques interrogations. Ce choix intervient en effet à contre-courant des ambitions françaises et européennes de retrouver un peu de souveraineté numérique. Alors que certains voisins comme l'Allemagne ou le Danemark s'éloignent activement des GAFAM, l’État français cherche lui aussi à « réduire les dépendances numériques extra-européennes » en poussant ses administrations à revoir leurs copies sur les outils logiciels employés et en les poussant à adopter des solutions open-source. Ainsi, voir deux grandes collectivités équiper massivement les élèves d'un système d'exploitation conçu par Google pour y faire tourner une suite bureautique signée Microsoft se révèle un peu paradoxal alors que de nombreuses variantes de Linux se montrent tout aussi efficaces. À cette dépendance s'ajoute une épée de Damoclès sur la durabilité logicielle de la machine. Google prépare l'abandon progressif de ChromeOS à l'horizon 2034 au profit de son nouvel écosystème, Aluminium OS. Rien ne garantit aujourd’hui que les Chromebook actuels seront compatibles avec cette future mouture. Le risque de revivre le scénario catastrophique du passage de Windows 10 à Windows 11, laissant sur le bord de la route des centaines de milliers de machines prématurément privées de mises à jour de sécurité n'est pas neutre.
Autonomie : un vrai chameau pour les étourdis
S'il est un domaine où ce CM1406 brille sans contestation, c'est l'endurance. Grâce à la faible consommation de sa puce MediaTek et à l'optimisation de ChromeOS, l’ordinateur a tenu plus de 23 heures d'affilée en lecture vidéo streaming, et plus de 19 heures lors de notre simulation multitâche.
Concrètement, un lycéen pourra l'utiliser trois à quatre jours consécutifs en classe sans emporter son bloc d'alimentation. Côté recharge, le chargeur 45 W impose en revanche un peu de patience : comptez environ une heure pour récupérer 60 % d'énergie et un peu moins de deux heures pour faire le plein complet. À noter enfin : si le modèle délivré aux lycéens est fourni avec un chargeur, ce n’est pas le cas de la version commerciale. Il faudra vous en procurer un vous-même.
Chromebook Asus CM1406 : un outil idéal pour travailler ?
Taillé pour les usages scolaires et la bureautique connectée, l'Asus Chromebook CM1406 remplit son contrat sans faillir. On salue sa conception soignée, son fonctionnement silencieux, sa connectique moderne et, par-dessus tout, une autonomie record qui évitera bien des pannes en cours pour les lycéens.
On regrette principalement son écran IPS trop terne et trop mou en luminosité, ainsi qu’un stockage interne de 128 Go non extensible qui oblige à tout miser sur le cloud. Enfin, l'environnement ChromeOS impose de nouvelles habitudes de travail et présuppose une connexion Internet stable pour révéler son plein potentiel. Ce Chromebook se présente comme une machine agréable à utiliser en vadrouille pour peu que l’on dispose d’une connexion Internet correcte. D'autant que Google fournit avec un an d'abonnement à Google AI Pro et 5 To de stockage en ligne.