Sur ordre de l'Arcom, Google va bloquer plus de 300 sites d'IPTV pirate
Sur demande des ayants droit, l'Arcom vient de transmettre à Google une liste de plus de 600 adresses d'IPTV pirate à bloquer ou à déréférencer, ce qui représente plus de 300 sites. Une lutte sans fin, car de nouveaux vont les remplacer.
Le streaming illégal des événements sportifs – en particulier des matchs de football – est devenu ces dernières années un phénomène de grande ampleur. Avec l'explosion des prix des plateformes et chaînes spécialisées – n'est-ce pas DAZN en tête –, un nombre croissant de supporters s'est tourné vers des offres IPTV (Internet Protocol Television) pirates, qui promettent un accès quasi illimité aux contenus payants pour une cinquantaine d'euros par an. Résultat : en France, regarder le football via des flux illégaux s'est imposé comme une véritable pratique de masse, malgré les efforts répétés des diffuseurs pour enrayer un phénomène qui rogne sérieusement leurs revenus.
Mais les diffuseurs n'ont pas dit leur dernier mot. Par le biais de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), ils ont pu envoyer une liste de plus de 600 sites pirates identifiés à Google. Nos confrères de L'Informé ont pu la consulter et, après élimination des doublons, confirme que le moteur de recherche va devoir bloquer l'accès à pas moins de 326 sites en France, soit par déréférencement, soit par blocage pur et simple. Parmi eux figurent des noms bien connus par les amateurs de streaming illégal, comme footballvip.sbs, iptvroom.xyz, premium-iv.ovh, michalbak.online, confortv.com ou encore f1livestream.xyz. Notons que certaines de ces URL avaient déjà été épinglées par le régulateur des communications, et transmis aux VPN et aux FAI pour blocage.
IPTV pirate : un éternel jeu du chat et de la souris
Le blocage de ces sites pirates par Google est censé rendre l'accès aux services IPTV illégaux via les moteurs de recherche plus difficile, et donc davantage protéger les contrats de diffusions des ayants droit, notamment les compétitions les plus lucratives, comme la Ligue 1, la Ligue 2, la Premier League, ou encore les événements internationaux comme la Formule 1, le MotoGP ou Roland-Garros.
Ces derniers mois, les diffuseurs ont d'ailleurs pu bénéficier de plusieurs décisions de justice qui leur ont été favorables à ce sujet. Ainsi, fin septembre, la justice française a autorisé la Ligue de Football Professionnel à agir préventivement contre les sites de streaming illégal, ce qui a abouti au déréférencement de 34 sites de la part de Google et Microsoft Bing pour protéger les championnats de Ligue 1 et Ligue 2 (voir notre article). De même, la loi du 25 octobre 2021 relative à la régulation et à la protection de l'accès aux œuvres culturelles à l'ère numérique a donné à l'Arcom de pouvoirs renforcés pour lutter contre les retransmissions illégales. Les ayants droit peuvent ainsi saisir la justice pour obtenir le blocage d'un site pirate, puis confier au régulateur la mission d'étendre ces mesures à des dizaines d'adresses miroirs qui n'avaient pas été identifiées lors de la décision initiale. Cette procédure accélérée, dite d'"injonction dynamique", permet de gagner du temps en évitant de repasser une fois de plus devant le tribunal.
Mais la lutte reste sans fin : pour 300 sites bloqués, 3 000 sont créés ! Le blocage pur et simple ne peut à lui seul enrayer le streaming illégal, il doit s'accompagner de solides arguments commerciaux pour convaincre le public de repasser sur des services de streaming officiels. C'est ce qu'essaye de faire la LFP avec sa plateforme Ligue 1+.
