Vous ne pourrez bientôt plus utiliser ce moyen de paiement pour régler vos impôts et vos amendes
L'État poursuite sa grande transition vers la dématérialisation. Et d'ici à l'été 2027, le Trésor public va supprimer un moyen de paiement pourtant encore utilisé par des millions de Français pour leurs impôts et leurs amendes.
Pendant des années, il suffisait de glisser un courrier dans une enveloppe et le poster au centre des finances publiques pour régler l'impôt sur le revenu, la taxe foncière ou une amende. Un geste simple, loin des écrans et des codes de sécurité bancaires. Mais ce mode de paiement vit ses derniers instants : l'État a décidé d'accélérer la transition vers des règlements entièrement dématérialisés, au nom de la modernisation, de la lutte contre la fraude et de la réduction des coûts de traitement.
Le moyen de paiement visé n'est autre que le chèque, que le Trésor public s'apprête à bannir progressivement pour les impôts, taxes et amendes. La disparition ne se fera pas du jour au lendemain, mais le calendrier est désormais clair : comme le stipule le budget 2026 adopté le 2 février dernier,, les entreprises et professionnels n'auront plus le droit de payer le fisc par chèque à partir de 2026. Et les particuliers devront y renoncer au plus tard à l'été 2027. Autrement dit, la campagne d'impôt 2026 sera l'une des dernières où l'envoi d'un chèque au Trésor public restera encore possible pour les foyers qui y tiennent.
Ce virage s'inscrit dans un mouvement déjà bien engagé : la loi impose déjà, pour la plupart des impôts des particuliers, un paiement dématérialisé dès que le montant dépasse 300 euros. Au‑delà de ce seuil, le règlement doit se faire en ligne, par prélèvement automatique, ou via l'application officielle, et non plus par chèque, espèces, carte bancaire ou virement classique. En dessous de 300 euros, plusieurs options restent encore théoriquement ouvertes : paiement en ligne, carte ou espèces chez un buraliste agréé, voire envoi d'un chèque au centre des finances publiques, mais cette dernière possibilité est précisément celle que Bercy est en train de supprimer.
Pourquoi cette volonté de tourner la page ? D'abord parce que le chèque ne pèse plus grand-chose dans les usages, tout en coûtant cher à l'État. Selon la direction générale des finances publiques (DGFIP), il représenterait à peine une petite part des opérations fiscales mais près d'un tiers des coûts de traitement, entre la manipulation physique, les délais d'encaissement, les erreurs et les chèques sans provision. Les autorités pointent aussi un taux de fraude plus élevé que pour les paiements dématérialisés, ce qui renforce l'argument sécuritaire pour pousser au tout‑numérique.
Concrètement, les contribuables devront se reporter vers plusieurs alternatives. Les plus encouragées sont le prélèvement automatique mensuel pour les impôts locaux et l'impôt sur la fortune immobilière, ou le prélèvement à l'échéance, qui débite le compte quelques jours après la date limite indiquée sur l'avis. Le paiement en ligne sur le site impots.gouv.fr – dans la rubrique "Mon espace Finances publiques" qui remplace "Mon espace particulier" depuis la fin 2025 –, ou via l'application mobile reste ouvert à tous, avec en bonus un délai de cinq jours supplémentaires pour valider le règlement et un prélèvement effectif environ dix jours plus tard. Pour ceux qui ne veulent pas payer sur Internet, il restera la possibilité d'utiliser une carte bancaire ou des espèces auprès des buralistes et partenaires agréés, dans la limite des plafonds prévus par la loi.
Cette mutation inquiète toutefois une partie des syndicats de la DGFIP et des associations, qui craignent que certains publics soient laissés au bord du chemin. Les personnes âgées peu à l'aise avec le numérique, les contribuables vivant dans des zones peu couvertes par Internet ou ceux qui ne disposent pas de carte bancaire pourraient rencontrer de vraies difficultés à s'adapter à ces nouveaux modes de paiement. Les services fiscaux promettent de maintenir un accueil physique et un accompagnement renforcé pour ces publics, mais le message est clair : il va falloir, au cours des prochains mois, choisir une solution alternative et la tester avant que le chèque ne devienne officiellement un souvenir pour les impôts et les amendes.