Instagram Plus : un abonnement payant pour jouer les "stalkers"

Instagram Plus : un abonnement payant pour jouer les "stalkers"

Meta teste actuellement Instagram Plus, un abonnement payant donnant accès à de nombreuses fonctions inédites. L'une d'elles permet notamment de regarder les stories d'autres utilisateurs sans être vu. Parfait pour "stalker" discrètement !

Depuis un peu plus de trois ans maintenant, Meta propose une formule payante, baptisée Meta Verified, qui permet de s'affranchir de la publicité et de la collecte de données (voir notre article). Il suffit de choisir de débourser 9,99 €/mois pour ne pas être "traqué" sur la version Web des réseaux sociaux de l'entreprise (Facebook, Instagram et Threads), ou 12,99 €/mois sur les applications mobiles Android et iOS. Un système qui est régulièrement épinglé en Europe et qui a du mal à séduire les utilisateurs – ce qui est normal au vu du prix...

Mais l'entreprise n'a pas dit son dernier mot ! Comme l'a révélé TechCrunch, elle a commencé à tester, dans plusieurs pays, une offre payante baptisée "Instagram Plus", qui offre plusieurs fonctions inédites et exclusives moyennant finance. Une façon pour la firme de Mark Zuckerberg de diversifier ses sources de revenus au-delà de la publicité.

Instagram Plus : une pléthore de nouvelles fonctions pour les stories

La fonction phare d'Instagram Plus, celle qui fait le plus parler d'elle, est incontestablement la possibilité de consulter les stories – les publications éphémères qui disparaissent au bout de 24 heures et qui sont particulièrement populaires – d'un tiers de manière totalement anonyme. En effet, depuis leur lancement, le réseau social affiche systématiquement une liste des comptes qui les ont regardées.

Avec cette nouveauté, il est possible de passer complètement sous les radars. Si l'on imagine aisément l'utilité que cela pourrait avoir dans certaines situations – pour suivre ce que fait un ex ou un concurrent sans avoir l'air de lui prêter attention par exemple –, cela soulève tout de même quelques questions quant aux risques de "stalking", même si le terme n'est pas officiellement employé par l'entreprise.

Mais ce n'est pas la seule nouveauté introduite par l'abonnement. Grâce à lui, les utilisateurs peuvent également accéder au nombre de fois qu'une même personne a consulté leurs propres stories et rechercher plus facilement un nom dans la liste des spectateurs, ce qui simplifie l'analyse de leur audience.

Il offre également des fonctions de personnalisation et de visibilité. Ainsi, il devient possible de créer un nombre illimité de listes d'audience afin de cibler précisément qui peut voir chaque story – cela va donc bien au-delà de la simple option "amis proches" –, de prolonger la durée de vie des stories de 24 heures supplémentaires, de les mettre en avant pour augmenter leur visibilité et  d'envoyer des "Superlikes" animés sur celles des autres.

Instagram Plus : un modèle payant qui se popularise

Avec ce nouvel abonnement, Meta s'inspire clairement de Snapchat+, l'offre payante de la plateforme du même nom (à 3,99 € par mois) qui a rencontré un certain succès – plus de 25 millions d'abonnés y ont déjà souscrit. X, le réseau social d'Elon Musk, et YouTube se sont eux aussi engagés dans cette voie-là, avec des offres respectivement à partir de 11 et 13 euros par mois.

Il s'agit là de diversifier ses rentrées d'argent, alors que le marché publicitaire est assez incertain et que la pression législative se fait de plus en  plus pressante. Les abonnements apparaissent alors comme un relais de croissance potentiel, même si leur adoption reste encore limitée.

Justement, en parlant d'argent, quel est le prix d'Instagram Plus ? Pour l'instant, Meta poursuit les tests au Japon, aux Philippines et au Mexique, où l'abonnement tourne autour des 2 dollars par mois. Plusieurs utilisateurs ont d'ores et déjà fait part de leur agacement sur les réseaux sociaux, d'autant plus que, cumulé avec les abonnements Meta Verified et ceux des autres plateformes, cela finit par constituer tout de même une certaine somme à débourser chaque mois. Désormais, il semble qu'il faille payer pour ce dont nous disposions gratuitement auparavant. La pilule a du mal à passer !