Cette nouvelle étude révèle les ravages des réseaux sociaux sur les jeunes (et ça fait peur)

Cette nouvelle étude révèle les ravages des réseaux sociaux sur les jeunes (et ça fait peur)

Les impacts des réseaux sociaux sur la santé mentale des plus jeunes sont connus depuis longtemps. Mais une nouvelle étude scientifique de grande ampleur révèle à quel point ils sont destructeurs.

Pornographie, cyberharcèlement, contenus inappropriés, désinformation, standards de beauté inatteignables, addiction aux écrans… Les dangers auxquels font face les plus jeunes – et pas que – sur Internet sont nombreux, d'autant qu'à cet âge, les internautes sont plus vulnérables face aux propos et aux contenus mis en ligne par d'autres personnes. En France, un adolescent sur deux passe entre deux et cinq heures par jour sur son smartphone, le plus souvent pour se connecter aux réseaux sociaux.

Si les impacts des plateformes sur la santé mentale des jeunes ont déjà fait l'objet de nombreuses publications, une nouvelle étude vient apporter des arguments scientifiques au débat. En effet, le 13 janvier dernier, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a dévoilé un énorme rapport sur les effets nocifs des réseaux sociaux sur la santé des adolescents âgés de 11 à 17 ans. Elle s'est appuyée sur pas moins de 1 000 études scientifiques réalisées entre 2011 et 2021, en mobilisant une cinquantaine d'experts pendant cinq ans.

Le point crucial concerne la manière dont ces plateformes sont conçues et fonctionnent. En effet, leur modèle économique repose sur la captation maximale de l'attention des utilisateurs. De ce fait, les contenus à faire défiler à l'infini, les algorithmes de personnalisation et les notifications constantes encouragent les adolescents à rester connectés le plus longtemps possible, en exploitant des caractéristiques propres à l'adolescence.

Ce fonctionnement entraîne des problèmes au niveau du sommeil. Le temps passé tard le soir sur les réseaux retarde l'endormissement, réduit la durée et la qualité du sommeil, ce qui se traduit par de la fatigue au cours de la journée, une irritabilité accrue et des symptômes dépressifs. Il a également un impact sur l'estime de soi et l'image corporelle, surtout chez les adolescentes, car l'exposition permanente à des images retouchées engendre des comparaisons dévalorisantes, voire une perception négative de soi., et peut nourrir des troubles de l'alimentation.

Le problème vient aussi du rôle des algorithmes, car ils ne se contentent pas de proposer du contenu populaire mais peuvent, par leur personnalisation, enfermer certains adolescents dans des spirales de contenus extrêmes, avec des défis dangereux, des incitations à l'automutilation ou encore des messages incitant au suicide, qui sont davantage susceptibles d'être montrés à des utilisateurs fragiles. Et c'est sans compter le cyberharcèlement et les violences en ligne…

Face à ce constat, l'Anses préconise de revoir en profondeur le fonctionnement des réseaux sociaux, et de les contraindre à proposer aux mineurs uniquement des plateformes respectueuses de la santé mentale. Cela implique de faire modifier les algorithmes de personnalisation et les techniques les interfaces persuasives, mais aussi de déployer des systèmes de vérification d'âge et de recueil de consentement parental fiables afin de faire respecter la législation.

Pas sûr toutefois que les entreprises qui opèrent derrière ces plateformes soient réellement sensibles à la santé de leurs utilisateurs, jeunes ou pas : il faudra sans doute que des lois plus strictes encadrent leur utilisation et leur emprise.