Figaro
10 juin 2009 à 15:44
Je me permets de conseiller ceux qui à mon avis sont les films les plus intéresants jamais faits sur la question "Shoah":
- "Shoah", naturellement, de Claude Lanzmann, le documentaire monstre de 9:40 heures, qui a marqué un avant et un après dans la filmographie de la Shoah.
"Sobibor, 14 Octobre 1943, 16 heures" également de Lanzmann (oublie les "fictions") sur la révolte dans ced camp d'extermination, narrée par un de ses leaders, Yehuda Lerner. Sur le même dvd tu as aussi un autre docu de Lanzmann "Un vivant qui passe". Indispensable complément à "Shoah".
- "Le sang des bêtes" de Georges Franju (trouvable en bonus sur le dvd import de "Les yeux sans visage", superbe métaphore documentaire sur la machine à tuer nazie. C'est un moyen-métrage.
- "Monsieur Klein" de Joseph Losey, à mon avis LE film de fiction sur la déportation des juifs de France, où tout le mécanisme est dit et montré sans que l'on ne voie de soldats allemands, ni un seul camp de concentration. Brutal film sur la machine collaborationiste et excellent scénario de Franco Solinas.
- "Nuit et Brouillard" d'Alain Resnais, sur texte de Jean Cayrol (rescapé de Mauthausen), poétique "meltpot" désormais légendaire sur les atroces images de libération des camps.
- "Voyages", d'Emmanuel Finkiel, poétique réflexion sur la mémoire des camps à travers trois histoires de rescapés. Beau, vraiment.
- Parmi les "introuvables", essaye d'attrapper (bonne chance!) "Memory of Justice" (L'empreinte de la Justice) de Marcel Ophüls, autre documentaire monument qui traite de très près la question de la responsabilité individuelle. A compléter par son oscarisé "Hôtel Terminus : la vie et les temps de Klaus Barbie", incompréhesiblement non édité en France.
Conseil : Evite des "merdes" (qu'on me passe le mot) morbides-grand-public telles la série "Holocauste", toute fictionnalisation voulant reproduire avec "réalisme" ce qui excède toute capacité à être décrit, produits pour consommateurs de hamburgers qui font plus de mal à la mémoire que l'oubli et le silence.
Pour finir, quelques lectures : "La dstruction des juifs d'Europe" de Raoul Hilberg, LE livre sur la Shoah / "Si c'est un homme" de Primo Lévi et "L'espèce humaine" de Robert Antelme (à mon avis, les meilleurs témoignages écrits) et... surprenant, une BD, la seule à avoir gagné un Prix Pulitzer, "Maus" de Art Spiegelmann, où l'auteur raconte l'histoire de sa famille en Pologne sous l'occupation, Ghettos et Auschwitz inclus. Emouvant et délicieux.