Une petite réflexion avant d'aller au dodo, juste partielle sur ce que tu dis:
il est vrai que, je crois, si on raisonne globalement, en terme de progression collective, la collaboration gratuite provoque in fine des avancées plus déterminantes et plus rapides que les enjeux commerciaux, y compris la concurrence qui pourtant est un moteur indéniable. Là, disons que je me base sur le premier exemple qui me vient à l'esprit, le petit monde du GPL en général et de linux en particulier, mais aussi, probablement, le monde médical. En fait ça dépend sûrement de la capacité (ou de la volonté) à se projeter dans l'avenir, plutôt que de raisonner à échéance de sa propre vie (à ce point de vue, je nourrissais le projet -toujours pas abandonné- de créer, pour mon ancien secteur d'activité qui est la maintenance d'espèces sauvages en captivité, une plate-forme d'échange -initialement l'idée se basait sur le minitel mais maintenant, bien sûr, sur la création d'un site ouèbe- qui permettrait et surtout motiverait les acteurs du secteurs, surtout ceux intervenant sur le terrain, à partager leurs connaissances et leurs expériences pour élaborer une base de données à laquelle ils puissent avoir recours pour éviter les sempiternels essais/erreurs qui dans les coulisses des zoos -français en tout cas- occasionnent tellement de casse. La situation actuelle, malgré le bel effort des plus engagés d'entre eux pour se regrouper au sein d'une association véritablement active -dont vous avez vu l'un des plus respectables membres la semaine dernière sur arte tous les soirs, un sacré mec, vraiment- la situation actuelle donc, tenant plus des cachotteries, du mépris, de la confidence plus ou moins condescendante envers celui qui vient aux infos, de l'orgueil exacerbé dissuadant d'aller demander à celui qui sait voire incitant à des pratiques d'apprenti-sorcier nourries par l'espoir d'un succès qu'on pourrait vanter lors des réunions du SNDPZ ou de l'ANPJ. J'avais aussi entamé le développement d'une appli de gestion de collection dont les ambitions étaient beaucoup plus pointues et les options beaucoup plus souples que l'existant -qui n'est pas merdique, loin de là, mais prive d'un éventail d'analyses, de statistiques, de recoupements propres à chaque zoo qui permettrait d'isoler avec beaucoup plus de précision les événements, conditions ou comportements à l'origine de telle ou telle évolution -éventuellement léthale- des conditions de vie ou de la santé d'un animal sauvage en captivité. Là, ma motivation était dès le départ partagée entre le souci de rester impliqué et de pouvoir si possible en vivre, d'une part, et de satisfaire à mes besoins passés de soigneur et que tous les soigneurs rigoureux partagent, besoins en progression personnelle et en information très rapidement accessible, la vie du soigneur étant ponctuée d'urgences. Mais avec le temps, l'espoir d'une implication assez lucrative pour en vivre s'amenuisant, je n'ai pas pour autant abandonné les deux idées, à cause de la persistance de cette frustration de voir un secteur dont la progression devrait tenir de la rigueur linuxienne, s'enterrer dans une concurrence grottesque qui le condamne à ne jamais rattraper son considérable -qqchose comme 50 ans- retard sur l'approche américaine (de pointe, sont pas tous géniaux). Et là, peut-être qu'en fait je goûte à cette projection dans l'avenir. En même temps, c'est symptômatique, n'ayant grosso modo pas de quoi survivre, cela fait des années que je laisse ces projets en stand-by -de toutes façons, aucune certitude sur leur accueil par les professionnels- d'où la question redondante de l'éventuelle contrepartie financière à ce genre d'effort, ne serait-ce que pour l'"alimenter"). De fait, la question est: de quoi vivent les personnes participant au développement de Linux par exemple? Mettons qu'ils ont un boulot à côté. Dans ce cas, à moins d'être célibataire endurci, ça pose des problèmes de vie de famille (ça c'est pareil pour les soigneurs qui mettent un peu trop de coeur au boulot). Donc finalement qqun paye quand même, madame et les chti nanfan. Mettons, au lieu de ça, que leur participation soit leur gagne-pain. Auquel cas j'imagine que ça ne peut tourner que si c'est subventionné, par des universités peut-être, ou que ça profite d'un quelconque mécénat. Mais là, on est (en tout cas je suis) tenté de penser que quelqu'un ou quelque chose là dedans envisage, à moyen ou long terme, de récupérer ses billes d'une manière ou d'une autre, extrayant ainsi une partie des progrès accomplis de la disponibilité voire gratuité (c'est jamais clair pour moi) de ce qui est censé rester sous licence GPL.
Bref, la certitude que le fric ne pointera à aucun moment le bout de son gros pif, que l'effort commun restera empreint d'abnégation, s'évanouit facilement. Et là, tout à coup, on se dit peut-être que ce n'est qu'une légitime anticipation que de demander à pouvoir en vivre, tout simplement, et pour ceux qui sont subventionnés, que de demander à ce que les enjeux commerciaux envisagés secrètement ou non, soient dès le départ connus de tous...
bouh il est tard, je sais même pas s'il y a un fil dans tout ce que je viens de tapoter...
Pour websol, la contrepartie je pense qu'ils l'ont, c'est le bénéfice en terme de réputation qu'ils peuvent tirer de l'hébergement d'un site comme CCM qui n'est pas une chtite bricole, et l'écho que trouvera la mention en bas des pages, le site ayant beaucoup de visiteurs et par conséquent de clients potentiels...
bon il est sûrement l'heure de dormir là... gouteunarte (-:
kinder.surprise,
le maton du matou