Affaire Coco : 178 utilisateurs soupçonnés de pédocriminalité interpellés en France

Affaire Coco : 178 utilisateurs soupçonnés de pédocriminalité interpellés en France

Mis en cause dans de nombreuses affaires de pédocriminalité, Coco.gg avait fermé ses portes en juin 2024. 178 de ses utilisateurs ont été interpellés un peu partout en France. Et certains ont déjà écopé de peines de prison ferme.

Après plus de vingt ans d'activité, le site Coco.gg a été fermé le 25 juin 2024 dans le cadre d'une opération judiciaire menée par la gendarmerie. Un sacré coup de filet, étant donné que le réseau social était impliqué dans de nombreuses affaires judiciaires. 

Mais les gendarmes ne comptent pas s'arrêter là et poursuivent leur travail de démantèlement. Entre mai et juin 2026, ils ont lancé la seconde phase de l'opération, qui a conduit à l'identification de 178 personnes âgées de 20 à 60 ans, soupçonnées d'avoir utilisé la plateforme dans le cadre d'activités liées à la pédocriminalité.

Cocoland : 762 gendarmes mobilisés pour une opération nationale

Pour rappel, Coco.gg, lancé en 2003, était un site permettant aux internautes d'échanger dans un anonymat total. Entre salons publics et conversations privées, les utilisateurs pouvaient partager photos, vidéos en direct, musique ou documents, que ce soit pour garder le contact, faire de nouvelles rencontres ou développer leur réseau. Sauf que, entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024, la plateforme a été impliquée dans plus de 23 000 procédures judiciaires, notamment pour de la prédation sexuelle, de la pédocriminalité, de la prostitution de mineurs et du trafic de stupéfiants.

La seconde phase de cette vaste opération anticriminelle, menée entre mai et juin 2026, a mobilisé 762 gendarmes sur l'ensemble du territoire métropolitain et ultramarin afin d'identifier les principaux contributeurs de la plateforme. Après le démantèlement de Coco, "une information judiciaire avait été ouverte conjointement par les sections de lutte contre la cybercriminalité et de lutte contre la criminalité organisée financière, le 28 juin 2024, sur les infractions d'administration de plate-forme en ligne permettant des transactions illicites et de blanchiment", précise la gendarmerie nationale au Parisien. Au total,  207 197 médias, représentant environ 125 téraoctets de données parmi lesquels figuraient 185 853 photographies et 23 597 vidéos à caractère pédocriminel, ont été analysés. Les investigations se poursuivent. 

L'ancien site Cocoland avant sa fermeture © Coco.gg

Ce travail d'analyse a permis d'identifier de nombreux utilisateurs considérés comme les principaux contributeurs aux échanges illicites ayant lieu sur la plateforme. Les personnes interpellées sont âgées de 20 à 60 ans. Elles sont soupçonnées d'avoir diffusé ou partagé des contenus pédopornographiques, ou encore d'avoir commis des atteintes sexuelles sur des mineurs. 172 personnes ont été placées en garde à vue et 6 autres ont été entendues sous un statut différent. Au total, 178 dossiers ont été traités.

Sept peines d'emprisonnement ferme ont déjà été prononcées, ainsi que deux peines d'emprisonnement avec sursis. Cela a également abouti à 19 placements en détention provisoire, 19 placements sous contrôle judiciaire et 22 convocations devant la justice.

Mais les choses sont loin d'être terminées. En avril dernier, plusieurs nouveaux sites Cocoland avaient vu le jour, et ils semblaient bien présenter les mêmes travers que son aîné. De quoi pousser la Haut-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, à saisir la justice. Une bataille qui risque bien de durer longtemps encore…