Cocoland et Cie : les remplaçants du fameux Coco.gg dans le viseur de la justice

Cocoland et Cie : les remplaçants du fameux Coco.gg dans le viseur de la justice

Mis en cause dans de nombreuses affaires de pédocriminalité, Coco.gg avait fermé ses portes en juin 2024. Mais le service de tchat privé a refait plusieurs apparitions sous le nom de Cocoland. La justice a ouvert une enquête.

Après plus de vingt ans d'activité, le site Coco.gg a été fermé le 25 juin 2024 dans le cadre d'une opération judiciaire menée par la gendarmerie, après avoir été mis en cause dans de nombreuses affaires de pédocriminalité, d'homophobie et d'autres crimes sexuels, dont l'affaire Pélicot. Depuis, de nombreux internautes sont à la recherche d'une alternative.

Qu'à cela ne tienne, le site a rouvert à la mi-avril à une nouvelle adresse URL, sous le nom de Cocoland, ancien surnom de Coco.gg. De quoi s'attirer les foudres de Sarah El Haïry, la Haut-commissaire à l'Enfance, qui avait tiré la sonnette d'alarme et promis un harcèlement sans répit contre les initiateurs de ce projet. Une enquête a été ouverte et confiée à l'unité cyber de la gendarmerie, a indiqué le parquet de Paris à l'AFP. D'autres répliques du site sont également dans le viseur des autorités.

Réouverture de Coco : le retour d'une plateforme problématique

Pour rappel, Coco.gg, lancé en 2003, était un site permettant aux internautes d'échanger dans un anonymat total. Entre salons publics et conversations privées, les utilisateurs pouvaient partager photos, vidéos en direct, musique ou documents, que ce soit pour garder le contact, faire de nouvelles rencontres ou développer leur réseau. Sauf que, entre le 1er janvier 2021 et le 7 mai 2024, la plateforme a été impliquée dans plus de 23 000 procédures judiciaires, notamment pour de la prédation sexuelle, de la pédocriminalité, de la prostitution de mineurs et du trafic de stupéfiants.

Capture d’écran réalisée le 20.04.2026 sur le site Cocoland, à des fins d’information © CCM

Le nouveau site Cocoland, dont nous vous parlions dans cet article, semble bien présenter les mêmes travers que son aîné, dont il reprend le design, les mentions légales et le fonctionnement sans inscription. Des membres de l'association Face à l'inceste se sont infiltrés sur la plateforme sous l'identité de Lou, une enfant de treize ans. Sans surprise, il n'a pas fallu attendre longtemps avant que le faux profil ne soit sollicité de toutes parts par des hommes souhaitant "l'initier" à des pratiques sexuelles. 

L'association Face à l'inceste a salué "une avancée" avec l'ouverture de l'enquête sur Cocoland, elle dénonce malgré tout "l'insuffisance de la réponse publique" étant donné que, pour l'instant, "le site reste actif, accessible, sans vérification d'âge, sans modération, en toute impunité", déplore-t-elle dans un communiqué.

À l'heure où nous écrivons ces lignes, la plateforme semble toutefois hors service, alors que nous avions pu y accéder le 20 avril dernier. En revanche, un autre Cocoland a depuis fait son apparition sous une autre adresse URL – que nous ne donnerons pas ici –, avec des noix de coco en fond d'écran et un design kitsch digne des années 2000. Malheureusement, Internet est comme l'hydre de Lerne : lorsque l'on coupe une tête, il en repousse deux !

Capture d’écran réalisée le 29.04.2026 sur l'autre site Cocoland, à des fins d’information © CCM

Réouverture de Cocoland : la chasse sans fin des sites pour prédateurs

Aussi, Sarah El Haïry multiplie les signalements. La Haut-commissaire à l'Enfance a annoncé, ce mercredi 29 avril sur RMC, avoir saisi la justice à propos des sites Chaat.fr et le garçon.net. Pour ces deux plateformes, "j'ai engagé, comme pour Cocoland, une saisine du procureur de la République, une saisine Pharos et une saisine Arcom", explique-t-elle. Ce sont "des sites qui aujourd'hui mettent en contact des pédocriminels", où "il n'y a pas de vérification d'âge", où "il y a des messages à caractère sexuel qui sont transmis aux utilisateurs". Un troisième site, Chatiw, est également dans son viseur.

Sarah El-Haïry compte bien s'attaquer à toute la chaîne de responsabilités. "Le responsable c'est le pédocriminel qui est sur cette plateforme, le deuxième c'est la plateforme qui héberge ces horreurs et le troisième celui qui a l'esprit suffisamment tordu pour créer un site comme ça", martèle-t-elle. La guerre s'annonce sans fin...