HVCI : Windows 11 va activer automatiquement la protection de mémoire contre le code malveillant

HVCI : Windows 11 va activer automatiquement la protection de mémoire contre le code malveillant

À partir d'octobre, Microsoft activera d'office une protection de mémoire sur les PC Windows 11 qui ne l'utilisent pas encore. De quoi renforcer la sécurité contre les logiciels malveillants qui s'attaquent au cœur du système.

Son nom technique ne vous dira sans doute pas grand-chose. Pourtant, l'Hypervisor Enforced Code Integrity – HVCI pour les intimes, simplifié en intégrité de la mémoire en français – existe depuis plusieurs années dans Windows. Mais ce mécanisme de protection évolué de la mémoire des PC n'est pas systématiquement activé sur tous les ordinateurs compatibles. C'est pourquoi Microsoft a annoncé il y a quelques jours qu'elle comptait corriger cet oubli à grande échelle : dès la mise à jour du 13 octobre, lors de son traditionnel Patch Tuesday mensuel, la fonction basculera automatiquement sur "activé" pour tous les PC répondant aux critères techniques requis.

Intégrité de la mémoire de Windows : un garde du corps pour le cœur du système

Concrètement, cette protection s'appuie sur les capacités de virtualisation du processeur pour créer une zone isolée du reste du système, une sorte de sas de sécurité que le reste de Windows ne peut pas atteindre directement. Les pilotes qui s'exécutent au niveau le plus profond de la machine, ceux qu'on appelle le noyau, doivent obligatoirement passer par ce contrôle avant d'être autorisés à fonctionner. Un logiciel malveillant qui tenterait de se faufiler via un pilote vulnérable ou non signé se retrouverait bloqué à ce stade, sans jamais parvenir à toucher les entrailles du système.

Cette approche complète un mécanisme plus large, la sécurité basée sur la virtualisation, déjà présent dans Windows depuis plusieurs générations. Sur les PC dits "à cœur sécurisé", une certification que Microsoft applique généralement au matériel professionnel destiné aux entreprises, cette protection tourne déjà par défaut depuis longtemps. Le changement annoncé vise cette fois le grand public, en particulier les machines mises à niveau vers Windows 11 au fil du temps plutôt qu'installées proprement, qui étaient restées à l'écart de cette avancée alors même que leur matériel le permettait.

Intégrité de la mémoire de Windows : des critères techniques très précis

Tous les ordinateurs ne sont pas concernés. Pour bénéficier de l'activation automatique, un PC doit disposer d'un processeur Intel de 8ᵉ génération ou plus récent, d'une puce AMD Zen 2 ou supérieure, ou encore d'un Snapdragon 8180 ou ultérieur côté Qualcomm pour les PC à puce ARM, avec au minimum 8 Go de mémoire vive, un disque SSD de 64 Go et la virtualisation activée dans le firmware. Windows procédera d'abord à une vérification de compatibilité sur chaque machine avant de basculer l'interrupteur, plutôt que de forcer le changement sur tout appareil répondant simplement au minimum requis.

Pour vérifier vous-même l'état de cette protection, pas besoin d'attendre le mois d'octobre : ouvrez les Paramètres de Windows 11, allez dans la rubrique Confidentialité et sécurité, puis cliquez sur Sécurité de l'appareil.

Une fois dans la section – qui devient alors curieusement rebaptisée Sécurité des appareils, bravo Microsoft ! –, cliquez sur le module Isolation du noyau, puis sur le lien Détails sur l'isolation du noyau.

Sur l'écran suivant, u interrupteur intitulé Intégrité de la mémoire y indique directement si la fonction est active ou non sur votre PC. C'est également depuis cet écran qu'il est possible de l'activer manuellement dès maintenant, pour qui ne souhaite pas patienter jusqu'au déploiement automatique, ou de la désactiver après coup si un pilote venait à poser problème.

Bonne nouvelle pour les utilisateurs qui avaient volontairement désactivé cette protection, que ce soit via une stratégie de groupe, un outil de gestion d'entreprise ou une modification manuelle du Registre : Windows Update respectera ce choix et laissera la configuration inchangée. Le déploiement fonctionne donc comme une désactivation possible au cas par cas, et non comme une bascule imposée à tous sans exception.

Intégrité de la mémoire de Windows : une protection contre l'IA

Ce choix de calendrier n'a rien d'anodin. La recherche de failles assistée par IA permet désormais de repérer des vulnérabilités au niveau du noyau bien plus rapidement qu'auparavant, aussi bien pour les chercheurs en sécurité que pour des pirates et autre shackers. Activer une protection qui dormait sur des millions de machines éligibles permet de fermer toute une catégorie d'attaques sans attendre un correctif plus lent ailleurs dans le système.

La principale source de complications reste les pilotes trop anciens, écrits avant l'existence de cette protection, qui peuvent se retrouver bloqués au démarrage. En cas de problème après le déploiement d'octobre, direction Windows Security, dans la section Isolation du noyau, pour vérifier l'état de l'intégrité de la mémoire, ou l'Observateur d'événements, dans Applications et services > Microsoft > Windows > CodeIntegrity > Operational, qui identifie précisément le pilote fautif sous l'identifiant d'événement 3087. Pour aller plus loin, la documentation technique de Microsoft détaille l'ensemble de la procédure sur sa page officielle.