Après YggTorrent, Hydracker ferme définitivement : Movix et Loadix prennent le relais pour le streaming illégal et le téléchargement pirate
Hydracker, le successeur de Darkiworld, vient de fermer brusquement et définitivement. Mais de nouvelle plateformes de partage de contenus piratés assurent la relève avec une interface moderne et un accès gratuit pour tous.
2026 retersa une année mouvementée dans le petit monde des sites francophones de partage de contenus piratés – c'est un euphémisme. Et l'année n'est pas terminée ! Tout a commencée début mars, quand le célèbre tracker de torrents YggTorrent a annoncé sa fermeture suite au piratage et à la destruction de ses serveurs (voir notre article). Après moult rebondissements avec des promesses de retour non tenues (voir notre article), jusqu'à ces derniers jours, ses administrateurs ont fini par jeter définitivement l'éponge aux grand dam de ses nombreux utilisateurs, contraints de chercher d'autres sources pour récupérer des copies illégales de films, de séries, de logiciels, de jeux, de livres et d'autres contenus numériques.
Fin d'Hydracker : quand les pirates veulent vendre leurs services illégaux
Si cette affaire sombre et tumultueuse, visiblement liée à un sabotage par vengeance, a fait le malheur des fidèles de la plateforme, elle a donné des envies à d'autres. C'est ainsi que, quelques jours après la fin d'YggTorrent, l'équipe de Darkiwold – un site pirate auparavant connu sous les noms de Tirexo, Palixi et Darkino – a eu l'envie d'occuper la place laissée vacante en changeant de modèle. Dès le mois d'avril, la plateforme rebaptisée Hydracker a proposé du streaming, des torrents et des news groups, en plus du téléchargement direct qui avait fait sa réputation en quelques années, malgré ses multiples changements d'appellation (vor notre article).
Une transformation très opportuniste qui aurait pu satisfaire tous les amateurs du genre en récupérant au passage les orphelins d'YggTracker. Sauf qu'elle s'st accompagnée d'un changement profond de politique. Car si les "services" de Darkiworld étaient gratuits, ceux d'Hydracker devenaient payants. Arguant de frais divers pour maintenir leur infrastructure, ses administrateurs ont mis d'emblée en place diverses formules d'abonnement, avec des quotas et des règles complexes, et même parfaitement incompréhensibles pour les téléchargeurs ordinaires.
Inutile de dire que ce revirement quasi commercial – pour ne pas dire purement vénal – n'a pas du tout plu à la communauté warez – le surnom générique pour tout ce qui concerne les contenus numériques piratés. Dès l'apparition d'Hydracker, les habitués se sont insurgés contre les nouvelles règles imposées en se lâchant sur les forums spécialisés, notamment sur les fils de discussions Reddit.
Dans les semaines qui ont suivi, et durant tout l'été, les administrateurs ont tenté de justifier cette nouvelle politique et même assoupli les conditions d'accès, en autorisant à nouveau les téléchargements gratuits. Mais il semblerait que ce mea culpa n'ait pas suffi. Et , à la surprise générale, ils ont à leur tour jeté l'éponge brusquement dans la soirée du 2 septembre, sans avertissement préalable, en affichant simplement un message indiquant la fin pure, simple et définitive du site.
Un abandon qu'ils justifient en invoquant officiellement "la pression croissante exercée par les ayants droit" dans leur message officiel, mais aussi des raisons privées pour le développeur chargé du site, dans un fil Reddit dédié. À en croire les commentaires, ces arguments semblent ne pas avoir convaincus les adeptes qui soulignent encore une fois le changement de politique catastrophique. Surtout, beaucoup s'interrogent sur le sort des courageux qui s'étaient abonnés aux divers services proposés, en se demandant, sans aucune illusion, s'ils seront un jour remboursés. Quelles que soient les raisons réelles, cette "mort subite" vient encore secouer le petit monde des warez, en soulignant sa nature fragile.
Fin d'Hydracker : le grand retour de Zone-Telechargement
Pour autant, les amateurs de contenus piratés ne seront pas totalement démunis. D'abord, parce que plusieurs plateformes historiques continuent d'exister, à l'instar de l'increvable Wawacity et de ses clones comme Tirexo – oui, le nom a été récupéré ! – qui semblent passer entre les mailles des filets des autorités et des ayants droit.
Ensuite, parce qu'après avoir été maintes fois cloné sous diverses formes depuis la fermeture du site originel en 2016, le vénérable Zone-Telechargement paraît renaitre de ses cendres depuis quelques mois. Non seulement, il propose toujours un catalogue particulièrement riche et actualisé quotidiennement, avec des films des séries, des animes, des documentaires, des spectacles, des livres, des magazines, des jeux, des logiciels et de la musique, mais, en plus, il permet désormais d'accéder à des chaînes TV en direct, sur inscription uniquement, via un programme spécial encore en bêta test. Nul ne sait ce qu'il deviendra compte tenu des circonstances, mais sa communauté semble à nouveau très active.
Fin d'Hydracker : Movix et Loadix, la relève de nouvelle génération
Enfin, et surtout, les péripéties du printemps ont permis, et même favorisé, l'éclosion de nouveaux sites très prometteurs pour les amateurs ! Movix et Loadix. Deux plateformes françaises de nouvelle génération, conçues visiblement par MysticSaba, un très jeune développeur – il aurait entamé ces projets à 14 ans.
Frustré par la multiplication anarchique des sources de streaming et de téléchargement illégaux, ce passionné a eu l'idée de les agréger pour simplifier le parcours des utilisateurs. En s'appuyant sur des bases de données de liens – apparemment récupérées sur d'autres sites –, il a bâti des sites gratuits, ouverts à tous, en les habillant d'une interface résolument moderne – à mille lieux du design quelque peu désuet de Zone-Telechargement ! – conçue à l'aide d'outils de vibe coding, cette technique qui s'appuie sur l'IA pour écrire du code et qui lui permet d'évoluer très rapidement.
Et le résultat est assez impressionnant, avec un rendu visuel soigné, digne des services professionnels et légaux. Mais si elles reposent sur des principes st des architectures similaires, ces deux plateformes n'ont pas la même vocation.
Ainsi, Movix se consacre exclusivement au streaming, en donnant accès aux catalogues des grandes plateformes commerciales – Netflix, Disney+, Prime Video, Paramount+, AppleTV, etc. – à travers les liens récupérés sur d'autres sites spécialisés – tels Wiflix, 1jour1film, SwiftFlow, Coflix, Cpasmal, FStream, Purstream, Frembed, etc. On y trouve des films, des séries, des animes et des documentaires et même des chaînes TV en direct, le tout très simplement, à travers des catégories bien organisées et un moteur de recherche très réactif.
De son côté, Loadix se dédie au téléchargement direct et ne newsgroups, en proposant des liens sur des hébergeurs spécialisés bien connus comme 1fichier, Rapidgator, Nitroflare, Turbobit, Katfile et consorts, là encore récupérés sur d'autres plateformes illégales – notamment feu-Hydracker, sans les contraintes et le limitations, ce qui a sans doute précipité sa chute. Le slogan affiché sur la page d'accueil est clair : "Téléchargez directement. Sans bullshit." Tout comme le sous-titre : "Rien ne se perd, tout se transforme." MysticSaba semble bien décidé à fédérer les sources existantes, sans rien inventer d'autre qu'une interface moderne, et en faisant sauter les restrictions des autres plateformes. Là encore, le catalogue est large, avec un large choix de films, de séries, d'animes et de documentaires comprenant des contenus aussi bien anciens que très récents.
Et ce n'est pas fini ! Car si Movix et Loadix ne proposent que des contenus vidéo, MysticSaba promet de continuer prochainement avec un site de "partage" de musique baptisé tout simplement et très logiquement Musix. On image qu'il s'appuiera lui aussi sur une interface et des fonctions modernes, dans la lignée de ses "grand frères".
Partage de contenus piratés : une galaxie de sites qui jouent avec la loi
Ces nouveaux sites, très dynamiques, prouvent que malgré la disparition de YggTorrent et d'Hydracker, l'univers du warez français n'est pas mort. Bien au contraire, une nouvelle génération ambitieuse et bien armée techniquement semble décidée à prendre la relève avec de nouveaux services pour entretenir et développer une communauté d'utilisateurs très demandeurs. Certains observateurs soulignent que le succès retrouvé des sites de contenus piratés tient pour beaucoup à la multiplication effrénée des plateformes commerciales qui imposent des restrictions pas toujours compréhensibles tout en augmentant régulièrement leurs tarifs, à une époque où de nombreux foyers font face à des dépenses quotidiennes croissantes avec une inflation qui ne se cache plus.
Difficile de connaître les raisons profondes de ce renouveau. Et difficile aussi de prédire l'avenir de ces nouvelles plateformes qui jouent plus ou moins subtilement avec la légalité. Car même si MysticSaba prend le soin de préciser que Movix et Loadix n'hébergent aucun fichier sur leurs serveurs – en indiquant que "Nous fournissons uniquement des liens vers des services externes. Nous ne sommes pas responsables du contenu hébergé par ces services tiers. En cas de problème avec la justice, veuillez contacter directement les hébergeurs des contenus concernés" –, on imagine que ses sites ne resteront pas longtemps sous les radars des autorités et des ayants droit.
Rappelons, à toutes fins utiles, que les administrateurs de Zone-Telechargement ont été condamnés à 18 mois de prison et à 50 000 euros d'amende lors de leur jugement à Toulouse en 2023. Pour l'heure, les utilisateurs de ces plateformes illégales ne sont pas poursuivis, mais sait-on jamais…






