Impôts 2026 : beaucoup se trompent en déclarant ces revenus qui sont pourtant exonérés

Impôts 2026 : beaucoup se trompent en déclarant ces revenus qui sont pourtant exonérés

Allocations sociales, heures supplémentaires, ventes sur Vinted, revenus d'un Livret A… Chaque année, des contribuables déclarent des sommes qu'ils n'ont pourtant aucune obligation de mentionner au fisc. Tour d'horizon.

La campagne de déclaration des revenus perçus en 2025 commence officiellement le 9 avril 2026. Des millions de Français vont se connecter au site impots.gouv.fr, et beaucoup vont encore une fois s'interroger sur ce qu'ils doivent effectivement déclarer au fisc, certains croyant même qu'il faut absolument indiquer toutes les sommes perçues au cours de l'année. Mais c'est faux ! La loi prévoit en effet de nombreuses exonérations, et les ignorer peut conduire à payer plus d'impôt qu'on ne le doit réellement.

Ainsi, les prestations sociales ne sont pas des revenus imposables. Le RSA, la prime d'activité, les allocations familiales, l'APL, l'allocation de rentrée scolaire, l'AAH (Allocation aux adultes handicapés) ou encore la Paje (Prestation d'accueil du jeune enfant) sont entièrement exonérés. Ces sommes ont été conçues pour compenser une situation de précarité ou soutenir les familles – il serait absurde que l'État les reprenne d'une main après les avoir données de l'autre. Inutile donc de les intégrer dans votre déclaration.

Pour les apprentis et les stagiaires , les règles méritent d'être connues avec précision. Les salaires perçus dans le cadre d'un contrat d'apprentissage, ainsi que les gratifications de stage, sont exonérés d'impôt sur le revenu dans la limite d'un plafond fixé autour de 21 876 euros pour 2026. Seul le montant qui dépasse ce seuil doit être déclaré. Quant aux heures supplémentaires, elles bénéficient d'une exonération fiscale jusqu'à 7 500 euros net par an. Attention toutefois : cette exonération porte uniquement sur l'impôt sur le revenu. Les cotisations sociales (CSG et CRDS), elles, s'appliquent quand même, comme le montrent les fiches de paie.

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Du côté de l'épargne, les produits réglementés sont une valeur sûre au sens fiscal du terme. Les intérêts générés par un Livret A, un LDDS (Livret de développement durable et solidaire), un LEP (Livret d'épargne populaire) ou un Livret Jeune sont totalement nets d'impôt et de prélèvements sociaux. Les Plans d'épargne logement (PEL) ouverts avant 2018 et de moins de 12 ans bénéficient du même traitement. Ces produits n'ont donc aucune place dans votre déclaration.

Les petits revenus du quotidien sont également souvent mal appréhendés. Vendre d'anciens vêtements  sur Vinted ou une vieille console sur Leboncoin ? Ces transactions portant sur des biens personnels d'occasion sont exonérées, tant qu'elles ne constituent pas une activité commerciale régulière. Partager les frais d'un trajet via BlaBlaCar – carburant et péage, sans aller au-delà – n'est pas davantage imposable. Même logique pour la location d'une chambre dans sa résidence principale à un tarif considéré comme raisonnable : sous conditions de plafonds de loyer au mètre carré, ces revenus peuvent également être exonérés.

Il existe enfin des cas plus complexes qui méritent une attention particulière. Les indemnités journalières versées par l'Assurance Maladie ne sont pas toutes logées à la même enseigne : celles perçues lors d'un arrêt maladie ordinaire sont imposables et souvent pré-remplies dans la déclaration, tandis que celles liées à une affection de longue durée (ALD) sont totalement exonérées. En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, l'exonération ne porte que sur la moitié du montant perçu. Pour les indemnités de licenciement, une partie échappe à l'impôt selon des critères précis tenant compte de la convention collective, du montant total reçu ou de la rémunération annuelle de l'année précédente – avec un plafond global d'exonération d'environ 270 000 euros.

Un dernier point souvent ignoré : même lorsqu'un revenu est totalement exonéré d'impôt, il peut tout de même entrer dans le calcul du Revenu Fiscal de Référence (RFR). Ce chiffre, distinct de l'impôt lui-même, sert de base pour l'attribution de nombreuses aides ou tarifs réduits – cantine scolaire, crèche, bourses. Ne pas déclarer ces sommes dans la bonne case n'est pas une erreur, c'est simplement la règle. Mais comprendre comment elles s'articulent avec votre dossier fiscal peut éviter de mauvaises surprises sur d'autres postes.