Shein, Temu, AliExpress… Vos petits colis vont coûter beaucoup plus cher à partir du 1er mars
À compter du 1er mars, chaque article dans un colis provenant d'un pays hors de l'Union européenne sera soumis à une taxe forfaitaire de 2 euros. Une mesure qui va bouleverser les achats en ligne de produits à bas prix.
Depuis des années, les Français profitent de prix attractifs sur les plateformes chinoises comme Shein, Temu ou AliExpress. Commander des produits à quelques euros sur des sites étrangers est même devenu une habitude pour de nombreux consommateurs. Et pou cause, non seulement la plupart des commandes sont livrées gratuitement, sans frais de port, mais en plus, les marchandises d'une valeur inférieure à 150 euros étaient exemptées de contrôle de frais de douane. Une aubaine pour réaliser de bonnes affaires en achetant des vêtements, des petits appareils électroniques, des accessoires et des gadgets à moindre prix !
Mais cette époque touche à sa fin. Dès le 1er mars 2026, une nouvelle taxe va entrer en vigueur comme le rappelle le site Service-public.fr. Elle concernera tous les petits colis provenant de pays hors de l'Union européenne, en particulier de Chine, qui échappaient justement aux frais jusque-là.
La grande nouveauté, c'est que cette taxe sera forfaitaire. Elle ne sera pas liée à un montant de commande : il ne s'agit pas d'un pourcentage et il n'y a pas seuil minimum. Pire encore, elle ne s'appliquera pas au colis dans sa globalité, mais à tout son contenu : chaque article sera soumis à un prélèvement forfaitaire de 2 euros, quelle que soit sa valeur.
Et ce principe, totalement nouveau, va complète changer la donne. Car si un surplus de 2 euros sur un produit à 100 euros reste insensible, il n'en va pas de même pour les articles à tout petits prix. Car un objet acheté 1,50 euros sera taxé de 2 euros, exactement de la même manière qu'un article à 8 euros. Et si un colis contient plusieurs articles, la taxe s'applique à chacun d'eux. Un panier de cinq petits produits entraînera donc 10 euros de taxes.
La perception de cette taxe pourra se faire de différentes manières. Dans certains cas, elle sera intégrée directement au moment de l'achat par la plateforme. Dans d'autres, elle pourra être réclamée à la livraison par le transporteur, avec un risque de frais supplémentaires de gestion. Les modalités exactes dépendront des circuits logistiques et des accords passés avec l'administration.
Autre détail important : cette taxe dite "petits colis" s'ajoute aux règles existantes. Depuis 2021, la TVA s'applique déjà à toutes les importations, même de faible montant. Le nouveau prélèvement de 2 euros vient donc s'empiler sur un dispositif fiscal déjà renforcé, sans exonération possible liée à la valeur du produit.
Selon la Douane française, cette mesure vise avant tout à répondre à l'explosion du nombre de petits colis entrants. Quelque 800 millions de colis arrivent en effet chaque année dans l'Hexagone depuis la Chine, avec un taux de contrôle inférieur à 0,2 %. La nouvelle taxe doit permettre de financer des moyens supplémentaires pour les douanes, afin de mieux détecter les produits non conformes ou illicites, comme les contrefaçons ou les marchandises dangereuses.
Pour les consommateurs, l'impact sera direct et brutal, avec des colis coûtant 10 euros de plus s'ils contiennent cinq articles. Le Gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de rééquilibrer les règles du jeu du commerce international. Les commerçants européens, qui paient déjà taxes et charges, subissaient une concurrence difficile face à des produits importés sans frais. Avec cette taxe, l'écart de prix entre un article chinois et son équivalent européen devrait se réduire.
Notons enfin que cette taxe est transitoire : elle devrait disparaître au plus tard le 31 décembre 2026… lorsqu'une taxe européenne équivalente prendra le relais. Une chose est sûre : à partir du 1er mars, chaque clic sur un site marchand chinois coûtera un peu plus cher.