Ces pneus hiver sont à éviter absolument selon les experts allemands : ils ne tiennent pas la route

Ces pneus hiver sont à éviter absolument selon les experts allemands : ils ne tiennent pas la route

L'ADAC, une association d'automobilistes allemande réputée pour la rigueur de ses évaluations, a testé 31 pneus hiver. Et les écarts de performances en termes de sécurité sont tels que certains modèles devraient être proscrits.

L'ADAC n'est pas une organisation parmi d'autres. Fondée en Allemagne et connue avant tout pour ses analyses techniques minutieuses, elle publie régulièrement des tests et des comparatifs qui font office de références auprès des automobilistes comme des constructeurs. C'est encore le cas pour une évaluation géante de pneus spéciaux pour l'hiver, précieux par grand froid sur les routes glissantes, et même obligatoires dans certaines régions françaises durant toute la saison.

Ce test portait sur 31 pneus hiver en 225/40 R18, une dimension courante sur les compactes et berlines européennes (Audi A3, BMW Série 1, Mercedes Classe A, Opel Astra, Škoda Octavia, Volkswagen Golf, etc.). Mais ses conclusions valent pour d'autres modèles. Il a été effectué en Finlande, sur des pistes réelles, à des températures strictement contrôlées. Chaque pneu est passé au crible : neige, verglas, freinage sur route mouillée, tenue sur le sec, longévité… C'est ce mélange de méthodes rigoureuses et de mesures très concrètes qui donne à ces résultats un poids particulier. Et le bilan du comparatif de pneus fait froid dans le dos, avec des mesures inquiétantes… 

En tête, on retrouve des valeurs sûres, issues de grandes marques. Le Goodyear UltraGrip Performance 3 domine l'ensemble du classement avec un équilibre rare : excellente adhérence, distances de freinage courtes, tenue de route maîtrisée et, surtout, une durabilité hallucinante estimée à 76 000 km. Le Michelin Pilot Alpin 5 n'est pas loin, avec une réelle aisance sur neige et une conduite très stable. Derrière, le Bridgestone Blizzak 6 et le Dunlop Winter Sport 5 complètent le groupe de tête avec des résultats homogènes. Même si le Hankook Winter i*cept evo3 W330 et le Continental WinterContact TS 870 P montrent quelques marges d'amélioration, ils restent de très bons choix pour un usage régulier en conditions froides.

© ADAC

Plus bas dans le classement arrivent les produits du milieu de gamme. Ils ne déméritent pas et constituent une option raisonnable pour les conducteurs aux trajets courts ou prévisibles. Le Kleber Krisalp HP3, le Nokian Snowproof P ou encore le Semperit Speed-Grip 5 offrent des performances globalement cohérentes, avec parfois un freinage un peu long sur le mouillé ou une motricité légèrement moins efficace sur la neige. Trois modèles, en revanche, peinent à trouver leur équilibre : le Firestone Winterhawk 4, pourtant bon sur neige, se montre trop souple sur le sec, tandis que les Maxxis Premitra Snow WP6 et Apollo Aspire XP Winter souffrent d'un comportement irrégulier selon les surfaces.

Ce n'est qu'en fin de tableau que le contraste apparaît vraiment. Dans le segment des pneus économiques, onze modèles décrochent la mention "insuffisant". Les CST Medallion Winter WCP1, Petlas SnowMaster 2 Sport et Nankang Winter Activa 4 manquent de motricité au point de provoquer des décrochements rapides lors des tests sur neige. Le Landsail Winter Lander allonge de façon critique les distances de freinage en conditions hivernales, et l'Evergreen EW66 montre des faiblesses marquées sur la glace. Sur route mouillée, les écarts deviennent vertigineux : entre le meilleur et le pire, l'ADAC mesure jusqu'à 15 mètres de différence pour un arrêt complet à 80 km/h. Dans ce scénario, la voiture équipée du Syron Everest 2 roule encore à 46 km/h alors que le modèle chaussé en Goodyear est déjà immobile.

Pour deux pneus d'entrée de gamme, le Matador MP93 Nordicca et le Momo W-20 North Pole, le verdict est un peu moins sévère. Ils restent limités, mais n'affichent pas les défaillances critiques des autres.

Cette édition du test confirme une tendance nette : les économies réalisées sur l'achat de pneus peuvent se payer en mètres de freinage supplémentaires. Et sur une route glissante, ces quelques mètres font toute la différence entre un arrêt sûr et un accident.