Ce smartphone Samsung très populaire est retiré du marché pour non conformité
Plusieurs constructeurs de smartphones viennent de se faire taper sur les doigts par l'agence française des radiofréquences pour avoir commercialisé des modèles ne respectant pas les normes européennes, Parmi eux, un téléphone Samsung très populaire !.
La multiplication des appareils connectés dans notre quotidien (smartphones, tablettes, box Internet, ordinateurs, téléviseurs ou encore objets électroménagers) alimente régulièrement les inquiétudes concernant une éventuelle exposition excessive aux champs électromagnétiques. Certaines personnes redoutent notamment un impact sur la santé, les ondes radioélectriques étant parfois accusées de provoquer des maux de tête, des acouphènes, des troubles du sommeil, voire des pathologies plus graves comme des tumeurs.
Les smartphones font l'objet d'une attention particulière, car contrairement à de nombreux appareils qui se contentent de recevoir des signaux, ils émettent eux-mêmes des ondes radio de manière répétée, souvent à proximité immédiate du corps – lorsqu'il le colle à son oreille pour passer un appel ou dans la poche de son pantalon par exemple (voir notre article).
Pour limiter cette exposition, les autorités européennes imposent aux fabricants de respecter un seuil réglementaire, le Débit d'absorption spécifique (DAS), qui mesure la quantité d'énergie absorbée par le corps humain. En France, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) est chargée de contrôler les appareils commercialisés et peut prendre des mesures, voire imposer des sanctions, lorsque les limites fixées ne sont pas respectées. Et, parfois, elle doit parfois rappeler à l'ordre des constructeurs qui manquent aux réglementations sanitaires relatives à la commercialisation de smartphones. Cette fois-ci, c'est Samsung et plusieurs autres entreprises qui se trouvent dans son viseur.
DAS non conforme : un principe de précaution
Depuis l'apparition des smartphones et au fil de l'évolution de leurs usages, de nombreuses études se sont penchées sur les effets potentiels des ondes radio qu'ils émettent. À ce jour, les travaux scientifiques n'ont pas permis d'établir de lien de causalité entre l'utilisation d'un téléphone mobile et l'apparition d'effets nocifs sur la santé. Toutefois, les données disponibles ne permettent pas non plus d'exclure totalement un risque à très long terme.
C'est pourquoi l'Organisation mondiale de la santé (OMS), par l'intermédiaire du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), classe depuis 2011 les champs électromagnétiques de radiofréquence dans la catégorie des agents "peut-être cancérogènes pour l'homme" (groupe 2B). Dans ce contexte d'incertitude, les autorités appliquent le principe de précaution en limitant l'exposition du public aux ondes émises par les téléphones mobiles.
Cette réglementation repose notamment sur le débit d'absorption spécifique (DAS), un indicateur qui mesure la quantité d'énergie des ondes radio absorbée par le corps humain lors de l'utilisation d'un smartphone ou d'un autre appareil sans fil. Cette valeur doit être indiquée par les fabricants dans les caractéristiques techniques de leurs appareils. Plus le DAS est faible, moins l'utilisateur est exposé aux ondes. En Europe, les smartphones ne doivent pas dépasser 2 W/kg pour la tête et le tronc, et 4 W/kg pour les membres, sous peine de ne pas pouvoir être commercialisés.
DAS non conforme : cinq smartphones retirés du marché français
Mais, parfois, l'ANFR est obligé de taper du poing sur la table lorsque les constructeurs ne respectent pas son barème. Dans un communiqué publié le 30 juillet 2026, l'agence indique avoir relevé des mesures qui dépassent la limite de 4 W/kg pour les membres pour quatre smartphones : les AGM Note N1, Doogee N55 Plus, Infinix Smart 9 et Nothing Phone 3a. Si les trois premiers ne sont pas très connus sur le marché, car proposés par des marques très confidentielles en France, le Nothing Phone 3a, sorti en 2025, jouit tout de même d'une certaine popularité auprès des geeks.
Surtout, l'ANFR épingle le Samsung Galaxy A55, un des smartphones les plus vendus l'an dernier, pour plusieurs défauts de conformité aux exigences européennes. En effet, les contrôles ont révélé "l'absence de mise en œuvre d'une procédure d'évaluation de la conformité, la non-fourniture de la documentation technique et le défaut du marquage CE". L'agence n'y va pas de main morte et parle de "non-conformités administratives majeures" pour un téléphone qui n'aurait "jamais dû être mis sur le marché en France". Un avis sévère en regard des manquements quand on le compare aux problèmes de DAS des autres smartphones épinglés, car il s'agit ici d'une non conformité purement administrative, sans rapport avec le niveau des ondes électromagnétiques. D'ailleurs, le Galaxy ne figure pas dans le tableau des mesures publié par l'ANFR.
Quoi qu'il en soit, l'ANFR a mis en demeure Samsung et les autres fabricants pour "prendre toutes les mesures appropriées pour mettre fin aux non-conformités constatées sur les équipements actuellement sur le marché ainsi que ceux déjà commercialisés". Les constructeurs ne s'étant pas pliés aux exigences, l'agence se voit dans l'obligation de demander le "retrait du marché français et [le] rappel des téléphones". Ne vous étonnez donc pas de recevoir un message de rappel des fabricants concernés – ou d'un revendeur – par les mesures de rappel de l'ANFR si vous possédez l'un de ces modèles.

