Test du Xiaomi Redmi A5 4G : un smartphone premier prix qui mise sur l'essentiel
Loin des stars du marché, et encore moins cher que les Redmi Note, le Redmi A5 4G se contente du minimum technique pour satisfaire les utilisateurs peu exigeants. Un smartphone basique et économique pour qui veut l'essentiel.
Bien qu’il soit aujourd’hui un sérieux adversaire dans la catégorie des smartphones haut de gamme, le géant chinois Xiaomi n’en oublie pas pour autant ce qui a fait son succès à ses débuts. La firme continue ainsi de proposer des modèles beaucoup plus accessibles et aux ambitions bien moindres. De quoi équiper un ado peu soigneux ou encore satisfaire ceux qui n’ont que faire d’une qualité photo exceptionnelle, de fonctions IA plus ou moins gadgets ou encore de performances dignes d’un ordinateur.
Et si l’on connaît la gamme Redmi Note pour son excellent rapport qualité-prix, il est encore possible de serrer encore plus la vis et d’abaisser un peu la facture. C’est ce que propose le Redmi A5 4G, un smartphone qui vise à combler l’essentiel des besoins en ignorant la ribambelle d’avancées technologiques dont se parent les modèles plus haut de gamme. Mais Xiaomi n’aurait-il pas poussé le bouchon un peu trop loin ? C’est ce que nous allons découvrir dans ce test.
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Design et écran : un goût de déjà-vu… il y a longtemps
À le regarder de dos, le Redmi A5 ressemble à n’importe quel autre smartphone de milieu de gamme actuel. Son look est plutôt sobre et élégant avec son plastique noir légèrement satiné. L’ilot photo en forme de pilule profite d’un cerclage doré mais évite l’aspect bling-bling.
Néanmoins, en y regardant de plus près, difficile de ne pas noter l’épaisseur généreuse de l’appareil. Avec 8,26 mm, elle détonne un peu dans le paysage actuel où la tendance vise à toujours plus de finesse. Pour autant, cela procure un petit avantage que l’on ne croise plus aujourd’hui. Le Redmi A5 présente sur la tranche inférieure, une prise mini-jack. Étonnant, mais pratique pour y brancher un casque ou une paire d’écouteurs filaires. Cette prise permet même d’exploiter le tuner FM niché dans le mobile. Xiaomi fournit l’appli adéquate et les écouteurs (non fournis, eux) font office d’antenne.
L’ensemble paraît plutôt robuste. Mais gare à l’humidité. Le Redmi A5 revendique un indice IP54 ce qui le rend résistant à la poussière et aux éclaboussures. Une immersion dans l’eau peut lui être fatale.
Le reste du boîtier rejoint en revanche la mode du moment avec un gabarit généreux de 173,3 x 79,4 mm pour 198 g. C’est grand et large et pas vraiment conçu pour les petites mains. Mais suffisamment spacieux pour accueillir en façade un écran de 6,88 pouces tout de même ! Cependant, une fois le smartphone allumé, c’est un grand retour en arrière qui frappe la rétine. L’appareil ressemble à un modèle sorti il y a dix ans avec des bordures de 4 mm de part et d’autre de la dalle, un menton de 7 mm en bas et une grosse encoche en forme de goutte d’eau pour la caméra selfie.
Un look très daté, donc, renforcé par l’emploi d’une dalle LCD là où l’OLED règne aujourd’hui en maître même sur les smartphones très abordables. Un choix très discutable d’autant que le dalle ne fait pas partie des meilleures du moment. La luminosité se montre assez faiblarde. Difficile de déchiffrer ce qui s’y affiche en plein soleil. La définition n’est pas au top non plus avec seulement 1640 x 720 pixels pour une résolution de 260 ppp. Elle ne permet de lire de vidéos en streaming qu’en qualité HD (et sans HDR). Du classique dans cette gamme de prix, tous constructeurs confondus.
Performances : taillé pour l’essentiel mais pas plus
Comme son nom le laisse suggérer, ce Redmi A5 4G ne se connecte pas au réseau 5G. Ce n’est pas très gênant pour un usage modéré d’internet. En revanche, l’absence de puce NFC est plus pénalisante. Pas de possibilité de payer avec le smartphone ou d’y enregistrer une carte de transport. Vraiment dommage en 2026. Quant au Wi-Fi, il faut se contenter de la version 5 (802.11ac), ancienne et assez lente. En revanche, l’appareil dispose d’un lecteur d’empreintes sur le bouton de mise sous tension : toujours pratique pour sécuriser l'accès et utiliser des services nécessitant une authentification biométrique.
À bord de ce Redmi A5 vous ne trouverez pas de processeur Qualcomm ou MediaTek, les deux ténors du marché. Xiaomi a confié l’animation de son mobile à un SoC Unisoc T7250. Un processeur d’entrée de gamme, gravé en 12 nm. Pour rappel, les SoC au top actuellement sont gravés en 3 nm. Il est doté de huit cœurs dont deux capables d’atteindre 1,8 GHz. Il est épaulé dans sa tâche par 4 Go de RAM et 128 Go d’espace de stockage : des valeurs très faibles de nos jours, qui peuvent vite entrainer ralentissements et saturations. Ainsi équipé, le Redmi A5 ne fait pas d’étincelles. Les benchmarks auxquels nous avons procédé révèlent une grande mollesse qui se vérifie également au quotidien.
Les applis mettent un peu de temps à se lancer, l’appareil photo présente quelques latences, la lecture de pages Web un peu chargée saccade. Ça manque globalement de fluidité mais le smartphone n’a jamais planté et encore moins chauffé.
Par ailleurs, avec une configuration aussi légère, Xiaomi a joué la prudence. Le système à la manœuvre d’est autre qu’Android Go edition ici en version 15. Une version allégée d’Android conçue pour les mobiles peu performants. Que l’on se rassure, les fonctions essentielles sont là tout comme les applis par défaut avec quelques nuances. Google Photos a été remplacée par l’appli Galerie (de Google également), Maps ne permet pas la navigation et Chrome est absent du package. Il reste possible d’installer les applis habituelles mais sans garantie qu’elles fonctionneront parfaitement. En outre, Xiaomi ne s’est pas privé de gaver le mobile d’applis tierces (18 en tout) qu’il est heureusement possible de supprimer pour regagner de l’espace de stockage. Et si le besoin s’en fait sentir, il reste possible d’étendre la capacité de stockage à 1 To grâce à l’emplacement pour carte microSD prévu dans le tiroir de carte SIM.
Enfin, Xiaomi se montre assez peu généreux sur le suivi logiciel. Comme c’est souvent les cas avec les mobiles d’entrée de gamme, il faudra compter sur trois ans de mises à jour système et six ans de correctifs de sécurité. Une espérance de vie limitée, donc, mais compréhensible à ce tarif.
Photo : un seul capteur pour des usages ponctuels
Ne vous faites pas berner par l’apparence de l’îlot photo au dos de l’appareil et ses deux modules bien visibles. En réalité, un seul permet de saisir les clichés. Il s’agit d’un grand-angle de 32 Mpx (f/2,0). L’autre, baptisé « objectif auxiliaire » par la marque, n’est là que pour calculer la profondeur de champ. Pas d’ultra grand-angle donc, encore moins de téléobjectif, pas plus que de module macro. Service minimum. En façade, la caméra selfie s’appuie quant à elle sur un capteur 8 Mpx (f/2,0).
Ne tournons pas autour du pot : le Redmi A5 n’est pas vraiment taillé pour la photo. De jour, il délivre des clichés acceptables pour une diffusion sur les réseaux sociaux ou pour une consultation sur petit écran. Mais à y regarder de plus près, le lissage opéré par le traitement logiciel se montre bien trop prononcé et provoque une grosse perte de détails. La netteté au centre de l’image disparaît plus on approche des bords. Les couleurs restent néanmoins fidèles. Nous vous déconseillons par ailleurs de faire appel au zoom numérique qui, dès 2x, est à la peine pour produire une image propre.
Le mode portrait proposé par l’appareil bénéficie d’un effet bokeh réglable manuellement. Le Redmi A5 s’en sort plutôt bien dans cet exercice avec un détourage plutôt propre et un flou appliqué convenablement.
De nuit, les défaut constatés en pleine lumière s’intensifient. Le traitement relève encore un peu les contrastes pour accentuer les contours et le traitement logiciel toujours aussi agressif sur la dose de lissage ne produit rien de bon.
Batterie : une bonne autonome mais une charge lente
Malgré sa belle épaisseur, le Redmi A5 n’embarque qu’une batterie standard de 5200 mAh. Cependant, on peut miser sur la faible consommation du SoC Unisoc qui malgré sa taille, reste assez économe. Avec notre test de lecture vidéo en streaming (en HD pour le coup), le mobile a tenu un peu plus de 17 heures avant de jeter l’éponge. C’est plutôt confortable. Un usage réel, on peut compter sur une journée et demie. Ce n’est pas exceptionnel mais dans la moyenne.
La vitesse de charge en revanche est beaucoup moins reluisante. Limité à une puissance de 15 W, le Redmi A5 prend son temps. Il lui aura fallu 2 heures 20 pour refaire le plein de 0 à 100 % avec un chargeur Anker 100 W. On est très loin des charges rapides de 30 ou 40 minutes ! Mieux vaut ne pas attendre qu’il soit complètement à plat pour passer par la case recharge.
Xiaomi Redmi A5 : le minimum à tout petit prix
Appareil photo unique de qualité très moyenne, processeur poussif, connectivité limitée… On le voit, Xiaomi a tiré presque tous les curseurs vers le bas pour atteindre un prix très serré . Et pourtant, il nous paraît encore un peu élevé au regard de la fiche technique et des résultats de nos tests. Proposé par la marque au tarif de 123 euros, c’est chez les revendeurs sur le Web que le prix du Redmi A5 paraît plus juste. Il flirte en effet autour de la barre des 90 euros ce qui nous semble bien plus en adéquation avec ses possibilités. Au tarif officiel, le jeu n’en vaut pas la chandelle.
Pour le même prix ou quelques euros supplémentaires, mieux vautse tourner vers un Samsung Galaxy A17 4G ou même, son aîné, le A16 4G aux finitions plus soignées et avec un écran Amoled plus confortable. Ce qui sauve le Redmi A5 4G, c’est son autonomie plutôt satisfaisante pour un smartphone de cette catégorie et quelques fonctions annexes comme l'emplacement pour carte mémoire, la prise mini jack ou la radio intégrée. Mais ça ne suffit pas à en faire l’un des meilleurs mobiles d’entrée de gamme du moment.













