Voilà pourquoi votre forfait 5G ne vous sert à rien, ou presque - La 4G suffit

Voilà pourquoi votre forfait 5G ne vous sert à rien, ou presque - La 4G suffit

Votre smartphone affiche fièrement un petit logo 5G dans le coin de l'écran. Mais derrière ce picto rassurant se cache une réalité bien plus nuancée — et souvent décevante — que les opérateurs préfèrent ne pas trop détailler.

Depuis 2020, les opérateurs téléphoniques français ont déployé la 5G à grands renforts de campagnes publicitaires. Aujourd'hui, quasiment tous les nouveaux smartphones sont compatibles, et les forfaits 5G ont progressivement remplacé les offres 4G+ dans les catalogues. Pourtant, une grande majorité d'utilisateurs ne tirent aucun bénéfice concret de cette évolution — et certains s'en sortent même moins bien sur un point précis : l'autonomie.

Pour comprendre pourquoi, il faut revenir sur ce que recouvre réellement le terme "5G", car cette technologie utilise plusieurs bandes de fréquences. La 5G des bandes basses – notamment le 700 MHz – offre une excellente couverture géographique, y compris en zones rurales, mais des débits à peine supérieurs à ceux d'une bonne 4G+. La 5G des bandes hautes, à 3,5 GHz, est celle qui correspond à la vraie promesse technologique, avec des débits descendants souvent entre 200 et 800 Mbit/s, et des pointes au-delà de 1 Gbit/s. Ces deux réseaux portent le même nom sur votre écran, mais n'ont strictement rien en commun en termes de performances.

À cette confusion s'ajoute une subtilité technique. La plupart des réseaux 5G fonctionnent encore en mode NA (non autonome) : le téléphone utilise la 5G pour les données, mais s'appuie toujours sur la 4G pour les fonctions de contrôle. En France, les opérateurs appellent la vraie 5G autonome la 5G+ — une technologie de bout en bout, sans ancrage 4G, qui tient enfin les promesses du marketing. Free a lancé sa 5G+ dès 2024, et Bouygues Telecom a lancé sa propre 5G+ grand public en juin 2025. Orange et SFR la déploient principalement pour les entreprises pour l'instant. Mais même en 5G+, la couverture reste inégale selon les villes et les quartiers.

©  fifeflyingfife - Adobe SDtock

Le picto "5G" qui s'allume sur votre écran ne fait aucune distinction entre ces différents modes. Pour les utilisateurs, la bande réellement utilisée conditionne très largement les performances — et rien dans l'interface ne permet de le savoir. Quant à la batterie, la 5G fait grimper la consommation d'environ 10 % par rapport à la 4G sur un usage mixte (appels, messages, Internet, vidéo…), et davantage encore dans les zones où la couverture est instable, forçant le téléphone à basculer continuellement entre les deux réseaux.

Pour un usage quotidien ordinaire — mails, réseaux sociaux, vidéo en streaming, guidage par GPS, etc. —, la différence entre 4G et 5G reste imperceptible. La vraie 5G change les usages pour ceux qui téléchargent des fichiers lourds, jouent en cloud gaming ou font des visioconférences en 4K. Pour les autres — c'est-à-dire la très grande majorité des gens —, passer le téléphone en 4G uniquement reste souvent le choix le plus rationnel, pour l'autonomie comme pour la stabilité.  Pour l'instant, le logo 5G reste souvent plus une promesse qu'une réalité.