Dans la rue comme chez vous, ce nettoyage peut vous valoir une amende de 450 euros (minimum)

Dans la rue comme chez vous, ce nettoyage peut vous valoir une amende de 450 euros (minimum)

La plupart des gens l'ignorent encore : il est strictement interdit de laver une voiture à l'eau sur la voie publique, mais aussi dans une propriété privée. Et les sanctions sont lourdes, avec des amendes qui peuvent dépasser les 450 euros.

C'est un grand rituel pour de nombreux automobilistes, surtout le week-end. On sort le  tuyau d'arrosage, la nettoyeur haute pression ou une simple bassine d'eau chaude avec un détergent et une éponge et on se lance dans le lavage de la voiture, histoire de nettoyer la crasse accumulée au fil des trajets et de redonner de l'éclat à la carrosserie. Une intention louable, et même légitime pour conserver un véhicule en bon état. Sauf que cette pratique anodine est strictement encadrée par la loi. Et rares sont les automobilistes qui le savent.

La loi ne fait aucune distinction selon la méthode utilisée. Que l'on rince sa voiture au tuyau d'arrosage, qu'on la nettoie au jet haute pression ou qu'on se contente d'un seau d'eau et d'une éponge, la règle est la même : c'est interdit. Peu importe aussi l'endroit choisi. La plupart des règlements sanitaires départementaux proscrivent le lavage sur la voie publique, les voies privées ouvertes à la circulation, les berges, ports et quais, ainsi que dans les parcs et jardins publics. Mais l'interdiction va plus loin : elle s'applique aussi chez soi, dans son propre jardin ou sur son allée privée, dès lors que l'eau utilisée finit par s'écouler dans le sol ou les canalisations. Et cela vaut toute l'année, même hors période de sécheresse.

Ce qui pose problème, ce n'est pas le geste en lui-même, mais ce que devient l'eau une fois utilisée. Chargée d'hydrocarbures, de métaux lourds, de détergents et de résidus d'huile moteur, elle s'infiltre dans les sols et finit par polluer les nappes phréatiques, sans passer par aucune station d'épuration. Un tuyau d'arrosage ou un seau paraissent inoffensifs, mais multipliés par des millions de foyers chaque week-end, ils forment une pollution diffuse que les autorités cherchent justement à limiter.

© djedzura - 123RF

Sur le plan pénal, les textes ne laissent guère de place au doute. L'article 7 du décret n° 2003-462 classe ce lavage en contravention de troisième classe, punie d'une amende de 450 € pour quiconque est pris sur le fait, quel que soit l'outil utilisé. La sanction grimpe nettement plus haut en cas de pollution avérée : l'article L216-6 du Code de l'environnement prévoit alors jusqu'à deux ans de prison et 75 000 € d'amende, même lorsque la pollution reste temporaire.

Heureusement, il existe des alternatives sans risque. Les stations de lavage professionnelles consomment paradoxalement moins d'eau qu'un lavage maison : celui-ci réclame en moyenne 300 litres, contre 170 litres aux rouleaux et seulement 50 litres au jet haute pression en station. Beaucoup de centres recyclent en plus une bonne partie de cette eau grâce à des bacs de décantation qui filtrent les hydrocarbures avant tout rejet.

Pour un entretien ponctuel entre deux passages en station, le nettoyage à sec reste la seule option légale à domicile. Des produits sans rinçage, pulvérisés à l'ombre puis essuyés à la microfibre, suffisent à enlever la poussière sur la carrosserie, les vitres ou les jantes. La méthode montre vite ses limites face à la boue ou au sable, mais elle permet de garder un véhicule présentable sans sortir le tuyau, le seau ou le karcher, ni s'exposer à la moindre amende.