Free Max : voici ce que le nouveau forfait mobile révolutionnaire ne dit pas

Free Max : voici ce que le nouveau forfait mobile révolutionnaire ne dit pas

Avec Free Max, l'opérateur apporte les appels et Internet en illimité en Europe et dans de nombreux pays pour moins de 30 euros par mois. Mais derrière son apparence séduisante se cachent des limites dont il faut être conscient.

Il y a quelques jours, Free révélait en grandes pompes Free Max, un nouveau forfait qui marque une évolution notable dans la stratégie de l'opérateur. Commercialisé à 29,99 euros par mois ou 19,99 euros par mois pour les abonnés Freebox, ce forfait inclut Internet sans restriction en 5G et 5G+ en France, ainsi que des appels, SMS et MMS illimités. Il se distingue surtout par son ouverture internationale, avec une data illimitée dans plus de 135 destinations et des communications incluses dans plusieurs dizaines de pays, ce qui en fait une offre particulièrement généreuse sur le papier (voir notre article). C'est bien simple, aucun opérateur ne propose de solution équivalente. Cependant, cette promesse d'illimité est soumise à des conditions spécifiques tout en favorisant une démesure assez problématique.

Free Max : quelles sont les limites du forfait illimité ?

Quand il y a des offres aussi alléchantes, il est essentiel de lire les petites lignes dans les conditions d'utilisation. Car oui, on se doute qu'avec la promesse de l'illimité, il y aura forcément des abus. L'opérateur a donc pris des précautions pour éviter cela. Dans sa brochure tarifaire sur les forfaits mobiles, mise à jour le 31 mars 2026, Free détaille plusieurs points particulièrement intéressants.

Ainsi, il apparaît que l'itinérance n'est pas conçue pour un usage permanent hors de France. Free impose en effet une forme d'équilibre entre usage national et international. Si un abonné consomme davantage de données en Europe ou dans les DOM qu'en métropole pendant quatre mois consécutifs, l'opérateur peut considérer qu'il s'agit d'un usage anormal. Dans ce cas, une notification est envoyée, avec un délai de 15 jours pour corriger la situation. Si rien ne change, des frais supplémentaires peuvent être appliqués, avec un tarif au mégaoctet particulièrement élevé. Une carte SIM utilisée presque exclusivement à l'étranger et très peu en France, même en dehors d'une période de quatre mois consécutifs, peut aussi être sanctionnée de la même manière.

Ces limitations servent à éviter que le forfait soit détourné de son usage principal. Cette contrainte n'empêche pas les usages fréquents à l'étranger, mais elle impose qu'ils restent secondaires par rapport à l'activité en France.

Mais qu'en est-il des travailleurs transfrontaliers ? En soi, les Conditions générales d'abonnement de Free Max n'imposent pas de résider en France à proprement parler. Elles stipulent que "pour souscrire au Service, l'abonné doit pouvoir justifier d'un lien stable en France métropolitaine et être titulaire d'une adresse e-mail valide". Une adresse d'une entreprise domiciliée en France devrait donc suffire. En revanche, une personne vivant durablement à l'étranger sans réelle présence en France risque de ne pas pouvoir utiliser l'offre sur le long terme. Des limites dont il faut être conscient, mais qui sont tout à fait raisonnables.

Free Max : le risque de démesure de l'illimité

Mais l'abonnement Free Max soulève des questions d'un autre type. En effet, si l'offre est jugée impressionnante sur le plan technique et commercial, elle pose toutefois la question de la pertinence du modèle qu'elle encourage, comme le souligne justement l'UFC-Que Choisir. En favorisant une consommation sans limite apparente, ce type de forfait pourrait inciter à une utilisation accrue des données mobiles, notamment via la vidéo, les appels vidéo ou encore l'essor de l'IA générative, soit "des services qui contribuent fortement à l'essor des data centers, ces centres de données particulièrement gourmands en ressources par lesquels transitent tous les flux."

Sans compter qu'avec la 5G en illimité, le Wi-Fi risque de devenir quasiment inutile, alors même que ce mode de connexion est nettement moins impactant que le réseau mobile. Autant dire que tout cela va avoir un fort impact sur notre empreinte environnementale du numérique.

Pourtant, l'Ademe et l'Arcep assuraient en mars 2023 "l'objectif de réduction des émissions de CO2 passera forcément par une plus grande sobriété." Et là, on en est loin ! Finalement, si Free Max apparaît comme une offre très séduisante pour les grands voyageurs et les utilisateurs intensifs, l'UFC-Que Choisir estime qu'elle s'inscrit "à rebours de l'intérêt général". Un modèle fondé sur l'abondance est-il encore pertinent aujourd'hui ?