Soufflez dans votre smartphone : il vous dira si vous avez trop bu pour conduire

Soufflez dans votre smartphone : il vous dira si vous avez trop bu pour conduire

Vous craignez de prendre le volant après avoir bu quelques verres ? Vous avez raison ! Pour éviter amendes et accidents, utilisez un éthylotest sur smartphone qui vous indiquera immédiatement votre taux d'alcoolémie.

C'est une scène, hélas, trop familière : un repas entre amis qui s'éternise, un verre qui en appelle un autre, et cette question qui finit par s'imposer au moment de rentrer : "Suis-je encore en état de conduire ?" Le problème, c'est que le cerveau légèrement embrumé est précisément le pire juge de la situation. Et le verre de trop peut vite tourner au drame, en détruisant des vies. En France, l'alcool reste en effet la première cause de mortalité sur la route. Les données les plus récentes confirment une tendance lourde : l'alcool est impliqué dans près d'un accident mortel sur trois.

Pour tenter d'endiguer ce fléau, un décret de mars 2012 a rendu obligatoire la possession d'un éthylotest dans tout véhicule terrestre à moteur, pour permettre tout automobiliste de se tester avant de prendre le volant. L'obligation tient toujours, même si la sanction a été supprimée un an plus tard – comprenne qui pourra…

Mais une autre solution est apparue depuis, plus souple et plus moderne : les éthylotests connectés pour smartphone. Le principe est d'une simplicité désarmante : on branche, on souffle, et le résultat s'affiche en quelques secondes sur l'écran.

© SAM

À peine plus gros qu'une clé USB, ces petits boîtiers se glissent dans une poche ou une boîte à gants. Une fois branchés sur la prise USB du téléphone ou connectés en Bluetooth, ils communiquent en temps réel avec une application dédiée. On souffle dedans et le taux d'alcoolémie s'affiche sur l'écran en milligrammes par litre d'air expiré ou en grammes d'alcool par litre de sang. En quelques secondes, on sait si l'on respecte la limite légale de 0,5 g/l de sang (ou 0,2 g/l pour les jeunes conducteurs).

Quelques règles d'utilisation s'imposent pour ne pas se faire piéger. Il faut impérativement attendre au moins 30 minutes après le dernier verre avant d'effectuer le test, le temps que l'alcool passe dans le sang et que l'alcool résiduel présent dans la bouche se dissipe. Souffler juste après un verre donne un résultat artificiellement élevé – ce qui peut rassurer ou, au contraire, affoler inutilement.

Par ailleurs, le taux d'alcoolémie continue d'augmenter pendant une heure après le dernier verre, et aucun calcul ne permet d'évaluer avec précision le temps d'élimination de l'alcool dans l'organisme. L'éthylotest connecté n'est donc pas un passe-droit, mais un outil d'aide à la décision. Pour qu'un modèle soit le plus fiable possible, il est primordial qu'il soit certifié NF, le seul label qui garantit une démarche qualité vérifiée par un laboratoire indépendant.

Côté marques, le marché s'est bien étoffé. SAM, vendu autour de 30 €, cible clairement les jeunes conducteurs avec son design compact et son appli iOS et Android. L'américain BACtrack est une référence internationale : ses capteurs à cellule de combustible garantissent une précision de niveau professionnel, avec des modèles comme le C6 (environ 70 €) ou le Mobile Pro (autour de 100 €).   La marque française Alcopass, elle, a été la première à obtenir l'homologation NF EN 16280:2012 pour un éthylotest connecté, avec un capteur électrochimique de haute précision.

Réutilisable, sans embout buccal à usage unique, ce type d'appareil évite aussi le gaspillage des éthylotests chimiques jetables. Un argument écologique qui s'ajoute à l'argument économique : à 30 € contre 135 € d'amende, sans compter la perte de points ou le retrait de permis, et sans même parler d'accident, parler l'investissement se rentabilise vite. Loin d'un simple gadget, c'est un outil de sécurité !