Cette touche des claviers AZERTY ne sert que pour un seul mot en français
Les claviers de nos ordinateurs ont de très nombreuses touches, certaines à la fonction évidente, d'autres plus mystérieuses. Mais les modèles AZERTY pour le français ont en plus une particularité étonnante…
Regardez votre clavier d'ordinateur. Avec ses touches de lettres, ses chiffres, ses symboles et ses boutons de fonctions, il vous paraît sans doute familier, voire "naturel". Pourtant, quand on l'examine de plus près, son organisation pose question. De fait, le modèle AZERTY utilisé en France n'a rien d'universel ni d'évident. Il est le fruit d'une longue histoire, faite de compromis industriels, d'héritages typographiques et de choix dont la logique semble pour le moins mystérieuse, mais dont les conséquences se font sentir tous les jours.
Tout commence avec le QWERTY américain, apparu dans les années 1870 pour les premières machines à écrire Remington. La légende veut que cette disposition ait été conçue pour ralentir les dactylos trop rapides et éviter que les tiges métalliques correspondant à des lettres souvent frappées successivement en raison de leur fréquence dans les mots anglais ne se coincent : une explication commode mais contestée par certains historiens. Ce qui est certain, en revanche, c'est que le QWERTY s'est imposé par inertie, et que les Européens ont ensuite adapté cette base à leurs propres langues sans jamais repartir de zéro.
En France, l'adaptation a donné l'AZERTY, dont les premières versions datent de la fin du XIXe siècle. La logique de la permutation des lettres – le A à la place du Q, le Z pour le W, etc. – n'obéit à aucune règle claire, tout comme la position de caractères fréquents comme le M déplacé à côté du L, l'origine exacte et les raisons de ces changements étant encore inconnus.
De nombreux symboles set caractères particuliers ont également été déplacés, à l'instar du @, du &, du % ou des ponctuations, ce qui ne facilite pas leur saisie.
Surtout, les accents et les caractères accentués, essentiels et français et inexistants en anglais, ont été traités comme des citoyens de seconde zone. Certains, comme le é ou le à, disposent bien de touchées dédiées. Mais d'autres comme le ô ou le ë reposent encore sur l'utilisation préalable d'une touche "morte". Et le majuscules accentuées sont tout simplement absentes, obligeant à utiliser des solutions détournées !
Pourtant, au milieu de ce grand bazar, une touche a été dédiée à une lettre accentuée très particulière, qui n'apparaît que dans un unique mot de la langue française : le ù. On ne le trouve en effet que dans le mot "où". Aucun autre ! Une aberration quand on songe à d'autres caractères bien plus fréquents – ê, ô, â, î, ï, etc. –, qui obligent à faire des acrobaties sur le clavier alors qu'ils sont employés dans de nombreux termes !
D'autres dispositions, plus logiques et plus pratiques, ont bien été mises au point au fil du temps pour en finir avec les absurdités de l'AZERTY. C'est le cas du fameux Bépo, beaucoup plus ergonomique, ou encore d'une norme AFNOR définie en 2019. Mais aucune ne s'est encore popularisée, malgré leurs nombreux avantages pour la saisie en français. Et nous restons avec cet antique AZERTY et ses bizarreries.