Avec l'Eliteboard G1a, HP réinvente le PC complet dans le clavier
HP remet au goût du jour un concept oublié avec l'Eliteboard G1a : un ordinateur complet concentré dans un clavier. Le prototype présenté au salon CES 2026 est prometteur, mais il laisse encore des questions importantes en suspens.
Les plus anciens se souviendront sans doute avec nostalgie du Commodore 64, de l'Atari ST ou encore de l'Amiga 500. Très populaires dans les années 80, ces ordinateurs grand public avaient tous un point commun : ils tenaient entièrement dans un clavier ! Tous leurs composants essentiels – processeur, mémoire, etc. – et même l'alimentation étaient logés sous les touches, tandis que leurs prises étaient reléguées à l'arrière ou sur les côtés, un peu à la manière d'un ordinateur portable sans écran.
Quarante ans plus tard, HP exhume ce principe fondateur à l'occasion du CES 2026 avec l'Eliteboard G1a, un PC-clavier qui a fait immédiatement sensation auprès des visiteurs. Loin d'un simple clin d'œil rétro, le constructeur américain entend proposer une alternative moderne aux ordinateurs fixes traditionnels et même aux PC portables et aux mini PC, dans un contexte où le gain de place et la mobilité comptent plus que jamais.
HP Eliteboard G1a : un ordinateur fixe et nomade
À première vue, un ordinateur logé dans un clavier pourrait sembler moins mobile qu'un portable. Pourtant, HP défend une autre forme de nomadisme. L'Eliteboard G1a se glisse facilement dans un sac et peut être branché sur n'importe quel écran compatible, au bureau comme à domicile ou dans une salle de réunion. Contrairement à un portable, il ne impose pas un écran et un clavier intégrés, souvent jugés trop petits pour un usage prolongé.
Visuellement, l'Eliteboard G1a ressemble à un clavier informatique très classique. Châssis sobre, touches à frappe confortable, pavé numérique intégré : rien ne trahit, au premier regard, la présence d'un ordinateur complet sous la coque. C'est précisément l'objectif recherché par HP : libérer totalement le bureau. Plus de tour encombrante, plus de boîtier à dissimuler sous la table ou derrière l'écran. Un simple moniteur, une souris, et le clavier devient le cœur d'un poste de travail complet. Une approche qui séduit aussi bien dans les environnements professionnels contraints – open spaces, salles de formation ou de réunion, comptoirs d'accueil… – que dans un cadre domestique, pour qui cherche un ordinateur familial discret et facile à déplacer.
HP Eliteboard G1a : des caractéristiques techniques au goût du jour
Malgré son extrême compacité, l'Eliteboard G1a n'est pas un ordinateur au rabais. Sous les touches, HP a retenu des processeurs AMD de dernière génération, de la famille Ryzen AI 300, issus des gammes basse consommation mais orientées performances soutenues. Selon les configurations évoquées lors du CES, l'Eliteboard G1a pourrait embarquer des Ryzen AI 7 350 Pro ou Ryzen 5 340 Pro, dotés de cœurs Zen 5 et Zen 5c récents, d'un circuit graphique intégré de type Radeon 8xx et même d'un NPU pour le traitement de l'IA en local. Des puces puissantes, capables de fournir de hautes performances avec les applications lourdes – encodage audio-vidéo, bureautique évoluée, développement, multitâche intensif, etc. – mais aussi de faire tourner des jeux dans de bonnes conditions, sans carte graphique dédiée, tout en gérant l'affichage jusqu'à quatre écrans 4K à 60 Hz.
Côté mémoire et stockage, l'Eliteboard G1a présente aussi des caractéristiques modernes, avec de la Ram de type DDR 5 allant de 16 à 64 Go et un SSD au format M.2 NVMe de 512 Go à 2 To selon la configuration choisie. Des capacités très confortables qui devraient largement suffire dans bon nombre d'utilisations.
En revanche, la connectique semble beaucoup plus spartiate, avec seulement deux ports USB-C à l'arrière, l'un en USB 4 (40 Gbit/s) et l'autre en USB 3.2 Gen 2 -(10 Gbit/s), tous deux compatibles avec le transfert de données, l'affichage en DisplayPOrt et l'alimentation PowerDelivery à 65 W. C'est peu, d'autant qu'il n'y a pas de sortie HDMI pour brancher un écran ou un téléviseur, et qu'on ne trouve aucune prise USB-A basique. Il faudra au moins un hub ou un adaptateur pour profiter pleinement de tous les avantages de ces interfaces.
Les connexions sans fil ne sont évidemment pas oubliées, et l'Eliteboard G1a dispose de modules Wi-Fi et Bluetooth dans différentes versions, allant du Wi-Fi 6E et du Bluetooth 5.3 pour les modèles de base au Wi-Fi 7 et au Bluetooth 6.0 pour les configurations les plus luxueuses.
HP Eliteboard G1a : un pari étonnant
Très logiquement, compte tenu de son format très compact, l'Eliteboard G1a ne possède pas d'alimentation intégrée. Il faudra donc le brancher sur un bloc adaptateur secteur externe, via l'USB-C. Mais HP a également prévu des versions équipées d'une batterie interne d'une capacité de 32 Wh assurant jusqu'à 3 heures 30 d'utilisation. Suffisant pour un usage ponctuel, mais pas pour une journée de travail complète.
L'intégration de tous les composants dans le clavier pose des défis techniques évidents, notamment en matière de dissipation thermique. HP affirme avoir travaillé sur un système de ventilation discret, avec des flux d'air latéraux et arrière, afin d'éviter toute montée excessive en température sous les doigts. Le choix de composants à faible consommation participe également à cet équilibre. Dans sa communication, HP insiste aussi beaucoup sur la résistance de ce PC transportable, en assurant qu'il résiste à des mauvais traitements et qu'il est très facile à nettoyer. Des promesse qu'il convient de prendre avec précaution et à, surtout, à vérifier en pratique.
On le voit, HP a fait des choix assez étonnants pour son premier PC-clavier, qui pourrait aussi être équipé de micros et de haut-parleurs et même d'un lecteur d'empreintes digitales, pour davantage de sécurité.
Présenté comme un prototype sur le CES, l'Eliteboard G1a n'a pas encore de prix ni de date de commercialisation. Plusieurs questions demeurent, notamment sur sa résistance à la chaleur et sa réparabilité. Reste que HP propose ici une vision claire : repenser le PC de bureau en le rendant presque invisible. Dans un marché souvent dominé par des itérations mineures, cette approche tranche par sa simplicité et son audace. Si le concept se concrétise, il pourrait bien trouver sa place là où ni le portable ni le mini PC ne répondent pleinement aux attentes. Souhaitons qu'il ait plus de succès que les Raspberry Pi 400 et 500, des ordinateurs-claviers qui reposent sur le même principe mais qui connaissent une carrière bien plus discrète que leurs vénérables ancêtres des années 80…




