Six mois avec macOS 26 Tahoe : pourquoi je suis revenu à une ancienne version de système
J'ai vraiment essayé, promis ! Mais impossible de me faire à macOS 26 Tahoe. Alors, pour la première fois dans ma longue histoire avec les Mac, je suis repassé à la version précédente du système… Et j'en suis ravi !
Ça ne m'était encore jamais arrivé : j'ai entièrement effacé le contenu de mon Mac pour repasser à la version précédente du système. Et ça va beaucoup mieux, je vous remercie… Précisons que je ne parle pas d'un Mac de test, mais bien de mon Mac principal, celui que j'utilise tous les jours, un MacBook Pro M1 Pro que j'avais mis à jour vers macOS 26 Tahoe, comme je fais tous les ans une fois la version finale du système disponible. Sauf que cette fois-ci, impossible de m'y habituer. Et quand j'ai vu réapparaître l'interface de macOS 15 Sequoia, j'ai poussé un grand soupir de soulagement. Et ça me perturbe.
macOS : des versions plus ou moins réussies
Mais comment ai-je pu en arriver là ? Je ne suis pourtant pas un débutant. Le premier Mac sur lequel j'ai placé mes doigts tout tremblants d'émotion était un Mac SE/30 de 1989 que mon père avait acheté pour plus 15000 francs. À l'époque, j'utilisais un Amstrad PC 1512, les plus anciens se souviendront. Avec le Mac, j'avais devant moi une œuvre d'art, une machine d'exception. J'avoue, j'ai continué à utiliser des PC pendant quelques années encore. Il faut dire que je n'avais pas encore les moyens de m'offrir un Mac.
Puis tout a changé au début des années 2000 quand je suis définitivement passé au Mac, notamment avec un iMac G4 (vous savez, le fameux Mac tournesol). J'aurais bien voulu le faire avant, mais il a fallu que j'attende de ne plus être le rédacteur en chef d'un magazine qui s'appelait… PC Expert. Et depuis, j'ai suivi le flux régulier des mises à jour de macOS…
Au fil des versions, il y a bien sûr eu des hauts et des bas. Sans être exhaustif, on peut citer par exemple macOS X 10.6 Snow Leopard reconnu pour s'être surtout concentré sur une optimisation globale. Ou encore macOS 12 Monterey, célébré pour son équilibre entre une grande stabilité et de nouvelles fonctions très appréciées comme Commande universelle ou les Raccourcis.
Mais il y a aussi eu des versions qui ont surtout laissé de mauvais souvenirs comme macOS 13 Ventura aux performances décevantes. Et potentiellement la pire d'entre elles, Mac OS X 10.0 Cheetah, la toute première version de Mac OS X, censée apporter le renouveau tant attendu des Mac. Difficile de ne pas avoir envie de revenir en arrière vers le Système 9 tellement il était évident que macOS X n'était par terminé…
macOS 26 Tahoe en est-il à ce triste niveau ? Non, bien sûr. Le système des Mac est aujourd'hui mature et les évolutions d'une version à l'autre ne sont que mineures. Avec, normalement, un point commun : l'agrément d'utilisation. Et c'est là que le bât blesse pour moi. Chaque fois que je lançais macOS 26, j'avais un mouvement de recul : je ne prenais plus plaisir à utiliser mon Mac. Sacrilège !
macOS 26 Tahoe : une interface qui agace
Décortiquons les raisons qui m'on poussé pour la première fois à ce pas en arrière. Il y a bien sûr l'interface Liquid Glass à laquelle je n'arrive pas à m'habituer. Les goûts et les couleurs, que voulez-vous. Mais ce n'est pas seulement une question d'esthétique.
Citons bien sûr cet usage immodéré des effets de transparence qui ont surtout créé un problème global de baisse de contraste et donc de lisibilité que les nouvelles options de la 26.2 et 26.3 ne suffisent pas à corriger pour moi. Dans la section Apparence des Réglages Système, par exemple, on peut choisir l'option Teinté dans la zone Liquid Glass. Elle ne fait que réduire très légèrement la transparence. On peut aussi chercher l'option « Réduire la transparence » dans les réglages d'Accessibilité. Ce qui veut tout dire, non ? Pour rendre son Mac utilisable, il faut utiliser les options d'accessibilité. Sans commentaire supplémentaire.

Continuons avec les coins très (trop!) arrondis des fenêtres. Et là, Apple, il faut vraiment qu'on parle. Que l'on aime ou que l'on n'aime pas les coins arrondis, il n'en reste pas moins vrai que plus on rabote les coins, plus on perd de place. Car cela oblige à éloigner textes et boutons des bordures des fenêtres.
Sur un grand écran, cela n'a peut-être qu'une importance relative. Mais sur le principe, c'est tout de même dommage. D'autant plus que les plus anciens d'entre nous, encore eux, se souviennent du temps où Sony, avec sa marque Trinitron, avait réussi à enfin nous fournir des écrans cathodiques à coins carrés. Enfin, on pouvait facilement occuper toute la surface d'un écran. Les ingénieurs ergonomes d'Apple ont dû l'oublier.
Mais le pire, c'est qu'Apple n'est pas allé jusqu'au bout et a rendu plus difficile le redimensionnement des fenêtres du Mac à cause d'une erreur qu'on pourrait qualifier de débutant. En effet, Apple a fait disparaître les coins des fenêtres, mais n'a pas changé la zone permettant de saisir ces fameux coins pour redimensionner la fenêtre concernée. Il faut donc viser à l'aveugle le plus souvent pour redimensionner une fenêtre.
C'est ce que démontre sur son blog le développeur d'applications Norbert Heger (lire son article). Dans l'image ci-dessous, il a figuré les zones de saisie à la souris, en vert pour le coin, en jaune pour les côtés. On voit bien que la surface en verre est largement décalée par rapport à l'arrondi de la fenêtre. Et on parle en plus ici de la version 26.2 de Tahoe !
Pire : alors qu'on avait eu un espoir de correction de ce problème dans la version bêta de la 26.3, ici 26.3 RC pour Release Candidate, la version finale est finalement revenue en arrière et nous en sommes toujours au même point. Rappelons que macOS 26.3 est sorti le 11 février, soit près de 5 mois après la première version de Tahoe.
Vous allez me dire que ce n'est peut-être pas très grave et qu'il suffit de s'y habituer. C'est vrai, on peut s'habituer à tout. Sauf peut-être à ce qu'Apple ne soit pas au top de l'ergonomie, justement.
Et ce n'est pas tout, il y a aussi quelques impressions de lenteur, le crash de certaines applis, de temps en temps comme Calendrier, Mail ou Contacts, y compris sur une machine installée à partir de zéro. Et cinq mois plus tard également, l'application Contacts a toujours le même problème de scintillement dans la zone d'affichage d'une fiche Contact, lorsque l'on fait défiler les informations. Les premiers utilisateurs pensaient même que, brusquement, leur écran était endommagé.
Je m'arrête là, mais on comprend que j'ai moins envie d'utiliser mon Mac depuis macOS 26.
Installer une ancienne version de macOS : le parcours du combattant
Alors, je me suis résolu à tenter l'expérience et à revenir en arrière. Ce qui implique de (en résumé, ceci n'est pas un pas à pas) :
- Récupérer une version d'installation de macOS 15 (par exemple via ce lien sur le Mac App Store)
- Créer une clé USB démarrable pour y recevoir macOS Sequoia que l'on vient de télécharger
- Lancer le Mac en mode Récupération
- Formater le Mac
- Réinstaller Sequoia
- Réinstaller les applications
Autant dire que ce n'est pas pour tout le monde. Et ne comptez pas récupérer vos données via une sauvegarde Time Machine : Sequoia ne saura pas relire celle de Tahoe. Donc, attention, il faut copier à la main toutes les données qui ne seraient pas stockées sur iCloud par exemple. Et il faut aussi refaire à la mains tous ses Réglages.
Alors, est-ce que ça vaut quand même le coup ? Pour moi, oui, sans hésitation ! J'ai retrouvé le Mac que j'aime, des fenêtres que l'on peut lire et manipuler facilement, et aussi une autonomie améliorée me semble-t-il et une meilleure réactivité sans conteste.
Et j'ai perdu… en réalité, rien. Après quelques jours, rien de macOS 26 ne me manque. Le nouveau Spotlight plus sophistiqué ? Mes quelques essais ne m'avaient pas convaincu. L'application Téléphone dédiée ? Je continue sans problème à passer mes appels téléphoniques via mon Mac en passant par l'application FaceTime. Pas de problème.
L'expérience me laisse toutefois un goût amer : que se passe-t-il ? Est-ce moi qui vieillis ? C'est sûr ! Est-ce Apple qui se plante ? C'est possible. Reste à savoir si les formidables nouvelles fonctions d'IA que l'on attend pour les versions 26.4 des OS d'Apple, me feront revenir au bercail. Pour l'instant, j'ai un doute.
Au final, je n'ai qu'un seul regret, c'est qu'Apple ne me laisse pas faire le même retour en arrière sur mon iPhone pour repasser à iOS 18 et me débarrasser enfin de Liquid Glass. C'est absolument impossible. Soupir…