ChatGPT intègrera de la publicité en France dès la fin du mois : voici ce qui va changer

ChatGPT intègrera de la publicité en France dès la fin du mois : voici ce qui va changer

C'est officiel : OpenAI va intégrer de la publicité dans ChatGPT en France dès ce mois d'août pour les utilisateurs gratuits et les abonnés à la formule Go. De quoi susciter des inquiétudes quant au ciblage publicitaire et la confidentialité des données.

Depuis maintenant plus de trois années, ChatGPT s'est imposé comme une référence dans le monde de l'intelligence artificielle. Selon les chiffres publiés par Sam Altman, le patron de l'entreprise américaine, ChatGPT compte environ 800 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires dans le monde. Avec une telle fréquentation, il était donc surprenant de voir qu'OpenAI n'avait pas cédé à l'immense tentation d'intégrer de la publicité dans son application.

Mais c'était trop beau pour être vrai, et des tests allant en ce sens ont débuté aux États-Unis dès février 2026 (voir notre article). Les publicités ont ensuite été officiellement étendues le 11 août au Royaume-Uni, au Mexique, au Brésil, au Japon et à la Corée du Sud. Si l'Union européenne a pu compter sur le RGPD pour retarder leur intégration, elle ne pouvait cependant pas y échapper éternellement. Dans un courrier le 15 août 2026 à ses utilisateurs français, OpenAI indique que ces encarts arriveront "plus tard ce mois-ci".

Publicités dans ChatGPT : l'épineuse question de la confidentialité des données

Sans grande surprise, la publicité sera proposée aux utilisateurs du service gratuit et de la formule Go (l'abonnement payant le moins cher). En revanche, les offres Plus, Pro, Enterprise, Business et Education y échapperont. Le format sera le même que celui sur les autres marchés. Les réclames seront placées sous les réponses, de façon clairement visible et identifiable, et n'affecteront en rien le contenu généré par le chatbot.

© OpenAI

La question du ciblage est toutefois plus délicate. Pour commencer, les publicités ne seront pas personnalisées et se baseront uniquement sur le contexte de la discussion en cours et sur des informations limitées, comme la localisation de l'utilisateur et l'appareil utilisé. OpenAI assure qu'il n'utilisera ni les conversations passées ni les souvenirs de l'IA pour sélectionner les réclames. En revanche, par la suite, ChatGPT demandera à l'utilisateur s'il souhaite voir des publicités plus pertinentes. Et si ce dernier accepte, le chatbot pourra commencer à en afficher des plus ciblées moyennant un accès plus large aux données personnelles.

La question du ciblage publicitaire est particulièrement délicate car ChatGPT est devenu un outil auquel les utilisateurs confient parfois des informations très personnelles. OpenAI affirme néanmoins que les annonceurs n'auront pas accès aux conversations, à l'historique des discussions, à la mémoire ou aux données personnelles des utilisateurs. Ils recevront uniquement des données agrégées permettant de mesurer le nombre de vues ou de clics générés par leurs publicités.

© OpenAI

Publicités dans ChatGPT : monétiser une partie de l'audience

L'ajout de la publicité doit permettre à OpenAI d'améliorer sa situation financière. En effet, même si l'entreprise américaine est cotée en bourse et compte plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde, elle dépense des sommes astronomiques en puissance informatique pour faire tourner son chatbot. Il lui faut donc trouver un moyen de renflouer ses caisses, et les abonnements payants ne suffisent malheureusement pas.

La publicité devient donc un moyen, pour OpenAI, de monétiser une partie importante de son audience sans avoir à forcer tous ses utilisateurs à passer vers une offre payante. Pour faire passer la pilule, l'entreprise a récemment rendu ses offres gratuite et Go plus intéressantes en supprimant la limite d'utilisation quotidienne, tout en donnant accès à un meilleur modèle de langage et en améliorant la qualité des réponses (voir notre article). Reste désormais à voir comment les utilisateurs accueilleront ces nouvelles réclames.