Vinted au cœur d'une rumeur de trafic d'enfants : la justice s'en mêle enfin
La plateforme de vente de vêtements d'occasion Vinted fait l'objet d'une rumeur pour le moins inquiétante. Selon plusieurs influenceurs, l'application serait utilisée pour du trafic d'enfants. Les autorités ont ouvert une enquête.
D'habitude, les tempêtes et les scandales numériques en France sont provoqués par des fuites de données ou de nouvelles arnaques bien ficelées qui piègent les internautes. Mais depuis maintenant plusieurs mois, une nouvelle affaire fait couler beaucoup d'encre. Sur TikTok, Instagram ou encore Facebook, des influenceuses se sont muées en cyberenquêteurs pour essayer de prouver que Vinted, la célèbre plateforme de vente de vêtements d'occasion, est utilisée à des fins illégales. Selon eux, l'application serait au cœur… d'un trafic d'enfants.
Rumeurs sur Vinted : des annonces suspectes qui intriguent les autorités
Cette rumeur a pris beaucoup d'ampleur lorsque des internautes ont remarqué que des annonces suspectes se multipliaient. En effet, certains vendeurs affichent des prix exorbitants pour des objets banals – comme des peluches ou des télécommandes qui atteignent plusieurs milliers d'euros – et publient des descriptions tout aussi étranges dans lesquelles ils mentionnent des tranches d'âge très précises.
Pour tenter de démêler le vrai du faux, nos confrères de 20 Minutes ont mené l'enquête en contactant un utilisateur qui vendait une télécommande de climatisation au prix de 20 000 euros. L'échange a basculé sur une messagerie chiffrée et a mené à une proposition glaçante : le vendeur proposait en réalité une fillette pour 12 000 euros. Finalement, les journalistes se sont rendu compte qu'il s'agissait d'un canular d'un adolescent de 17 ans qui cherchait à "piéger les pédophiles". Une situation qui met toutefois en lumière le manque de contrôle flagrant sur l'application.
Une enquête est ouverte à la suite de la saisine que jai adressée à la justice face aux soupçons de trafic denfants sur Vinted.
— Sarah EL HAÏRY (@sarahelhairy) June 27, 2026
La vérité doit être établie sans tabou. Les plateformes ont une responsabilité : aucun espace ne peut être un terrain de chasse pour les prédateurs. https://t.co/7fczFLNMiM
Face aux éventuelles dérives, le Gouvernement a décidé de prendre les choses en main. La secrétaire d'État chargée de l'Enfance, Sarah El Haïry, a saisi deux institutions chargées de réguler les plateformes numériques, Pharos et l'Arcom, pour "que toute la lumière soit faite sur les annonces suspectes sur Vinted". En parallèle, le parquet de Nanterre a ouvert une enquête préliminaire, confiée à l'Office des mineurs (Ofmin).
De son côté, Vinted se défend et assure qu'aucun "élément permettant de relier les annonces à des activités de trafic d'enfants" n'a été trouvé. Selon l'entreprise, les âges mentionnés correspondent simplement aux catégories de jouets et elle déclare que les prix gonflés ne sont que des "stratégies de vente". Une justification qui peine à convaincre certains observateurs, la plateforme ayant déjà été pointée du doigt pour sa modération laxiste. Affaire à suivre donc, le temps que la justice fasse toute la lumière sur cette terrible rumeur..