Jusqu'à 300 euros par mois : cette option discrète de votre opérateur peut vous coûter très cher si vous ne la désactivez pas
Une option méconnue de votre forfait mobile et de votre opérateur Internet peut entrainer des frais récurrents via des abonnements discrets, souscrits par mégarde. Mieux vaut la désactiver pour éviter les mauvaises surprises !
C'est la mauvaise surprise que vous n'attendiez pas. En examinant votre relevé bancaire, vous remarquez une facture de mobile avec un montant bien plus élevé que d'habitude. Vous allez alors dans votre espace client, via l'application ou le site Web de votre opérateur pour en savoir plus. Et vous trouvez une ligne à l'intitulé aussi flou que "Achats multimédias", associée à un éditeur que personne dans la famille ne connaît, avec un montant de plusieurs dizaines d'euros dont vous ignorez l'origine.
Rassurez-vous, il ne s'agit ni d'un piratage, ni d'une erreur de l'opérateur : juste d'une option méconnue, qu'un membre de votre foyer a utilisée à votre insu. Généralement, un enfant ou un ado, qui, en jouant sur son smartphone ou sur le vôtre, a validé une proposition sans réaliser qu'il venait de souscrire un abonnement.
Rien de méchant a priori : il a simplement cliqué sur une bannière qui s'affichait durant une partie, en lui promettant un cadeau, et validé un SMS innocent. Le genre de détail qu'on oublie vite, surtout quand on est plongé dans un jeu.

Il ne s'agit toutefois pas d'une arnaque, mais d'un mécanisme légal et officiel baptisé Internet+. Créé il y a une vingtaine d'années par un groupement d'opérateurs français et encore proposé aujourd'hui par Bouygues Telecom, Orange, Sosh, SFR et RED – Free y a mis fin en 2022 –, il permet d'acheter un contenu numérique ou de souscrire à un service en ligne sans fournir de coordonnées bancaires : le montant correspondant est simplement ajouté à la facture de téléphone, que l'opérateur reverse ensuite à l'éditeur du service.
Un dispositif conçu pour être simple et pratique, avec un appui sur l'écran et une validation par SMS suffit. Le système sert à l'origine à des achats parfaitement légitimes, mais des éditeurs peu scrupuleux en détournent le principe via des jeux, des concours ou de faux cadeaux pensés pour séduire un public jeune, peu attentif aux petites lignes d'un contrat.
Le "piège" est d'autant plus redoutable que le montant en cause paraît toujours dérisoire, entre 3 et 6 euros par semaine. De quoi passer inaperçu. Et quand plusieurs services de ce type s'accumulent sur la même ligne, la facture peut vite grimper. Jusqu'à 300 euros en un seul mois : ce n'est pas un hasard, c'est très exactement le plafond légal mensuel autorisé par Internet+, comme l'expliquent les opérateurs sur leur site mutualisé surmafacture.fr.
Pour mettre fin à ces abonnements et à ces prélèvements, répondre STOP au SMS reste le réflexe le plus rapide, avant de contacter l'éditeur du service, dont les coordonnées se retrouvent grâce à l'annuaire du site surmafacture.fr. Le droit de rétractation de 14 jours s'applique si la souscription est récente, et un contrat signé par un mineur sans l'accord de ses parents peut être contesté auprès de l'éditeur, qui rembourse alors sans discuter dans la grande majorité des cas.
Mais la meilleure parade, simple, radicale et définitive, c'est encore de bloquer le service Internet+ depuis l'espace client de l'opérateur. Une option gratuite chez Orange, Bouygues et SFR, parfois appelée "paiement sur facture", activable en quelques clics et sans justificatif. Une fois cette porte fermée, il n'y aura plus aucun risque pour qu'un membre de la famille souscrive involontairement un abonnement ou un service payant !