Test des Save G2 Pro : des lunettes connectées pas chères juste pour le minimum

Test des Save G2 Pro : des lunettes connectées pas chères juste pour le minimum

Pas besoin de dépenser une fortune pour jouer les geeks en société avec des lunettes connectées : Save propose ses G2 Pro pour une centaine d'euros. La qualité n'est pas toujours au rendez-vous mais l'essentiel est là.

Meta, Snapchat, Samsung, Xiaomi… Les grands noms de la tech se sont lancés à corps perdu sur un marché émergent : les lunettes connectées. Le principe est simple, une paire de lunettes équipée de verres de vue ou solaires embarque un véritable arsenal technologique pour prendre des photos ou des vidéos et enregistrer du son.

L'ensemble fonctionne avec une bonne dose d'IA pour permettre de reconnaître et d'identifier des éléments devant soi, de poser des questions à un assistant vocal, de prendre des appels téléphoniques ou encore d'effectuer des traductions en direct, le tout sans avoir besoin de sortir son smartphone de sa poche.

Quelques fabricants moins connus se sont aussi lancés dans l'aventure comme l'opticien Krys avec ses Smart Signature que nous avons testées récemment ou, plus étonnant, le Français Save.

Spécialisé jusque là dans la réparation de smartphones et la vente de produits reconditionnés, Save a profité de l'été pour lancer ses propres lunettes connectées. Attention, elles ne sont pas fabriquées dans l'Hexagone mais bien évidemment en Chine. Leur atout principal : le prix. Un peu plus d'une centaine d'euros, c'est largement inférieur aux 300 euros ou plus demandés par Meta pour ses binocles conçues en partenariat avec Ray Ban ou Oakley. Mais qu'a-t-on vraiment à ce prix-là ? C'est ce que nous avons voulu savoir en portant les lunettes Save pendant plusieurs semaines cet été.

L'avis de CCM
Points forts
  • Port confortable
  • Légèreté
  • Autonomie suffisante
  • Prix abordable
Points faibles
  • Stabilisation vidéo presque inexistante
  • Qualité photo passable sur petit écran
  • Recharge lente
  • Fonctions IA perfectibles

Design et ergonomie : classique, efficace et confortable

Presque rien ne distingue les lunettes Save d’une paire de lunettes de soleil ordinaires. Elles se déclinent en noir ou blanc et le seul élément qui saute aux yeux (particulièrement sur le modèle blanc), ce sont les deux ronds noirs logés à droite et à gauche près des verres au niveau des branches. Ils trahissent inévitablement l’aspect « connecté » de la monture avec d’un côté le capteur photo et de l’autre la Led qui témoigne d’un enregistrement en cours.

Sans cela, les lunettes adoptent un look assez classique et intemporel. Notre exemplaire de test se pare de verres teintés offrant une protection UV400, un traitement anti-reflets et anti-rayures. Il est tout à fait possible d’y clipser des verres de vue pour les garder sur le nez tout au long de la journée. Un usage rendu possible aussi par le poids léger de l’ensemble : 43 g seulement, malgré la présence de toute l’électronique et de la batterie de 260 mAh.

Nous les avons portées durant plusieurs heures d’affilée sans ressentir la moindre gêne. Elles se montrent très confortables et tiennent bien sur le nez. Le pont est plutôt large pour un bon maintien.

Chaque branche est munie d’un petit haut-parleur pour diffuser du son. Elles sont un peu épaisses et larges. Normal puisque c’est là que se cache l’électronique embarquée. Celle de droite se pare de deux boutons permettant de piloter l’ensemble. Ils sont faciles à identifier du bout de l’index mais comprendre et mémoriser leurs fonctions (appui simple, long, double…) demande un peu d’adaptation.

La partie extérieure comprend une surface tactile pour ajuster le volume sonore et gérer la musique.

À l’extrémité se nichent deux contacts métalliques. C’est par ce biais que la batterie peut refaire le plein grâce au connecteur filaire (fourni sans chargeur) qui vient le recouvrir.

On note au passage que ce dernier est muni d’une prise USB-A, une norme un peu datée aujourd’hui où l’USB-C règne en maître pour suivre la législation européenne. Attention à ne pas égarer ce connecteur propriétaire.

Application : un passage obligé parfois regrettable

Pour connecter ses lunettes au reste du monde (en Bluetooth et en Wi-Fi) il faut en passer par l’application gratuite HeyCyan disponible sur iOS et Android. L’appairage s’effectue sans difficulté. C’est à travers elle que s’activent plusieurs fonctions des lunettes. Tout y est traduit en français (avec plus ou moins de succès). Elle livre des indications pour saisir des photos, des vidéo, des enregistrements audio, pour profiter de l’assistant vocal, maîtriser les gestes tactiles, etc. L’appli permet également de gérer l’album où sont rangés les divers enregistrements effectués. C’est aussi à travers cette appli que l’on manipule les fonctions d’intelligence artificielle.

L’interface se révèle assez basique mais néanmoins déroutante et décevante, surtout concernant l’assistant IA. Nombre de commandes énoncées à la voix aboutissent non pas à une réponse orale diffusée à travers les lunettes mais à une réponse textuelle à aller chercher dans l’app. Si bien qu’aux débuts de nos tests, nous avons cru que l’assistant ne répondait à rien. 

Enfin, c'est aussi via l'application que l'on peut récupérer les photos, vidéos et autres enregistrements audio menés depuis les lunettes. Le transfert vers le smartphone s'effectue sans fil. Chaque fichier peut ensuite être exporté vers l'appli de votre choix.

Photos et vidéo : un résultat peu convaincant

Pour capturer des photos ou des vidéos, les lunettes Save exploitent un capteur de 8 Mpx. Il délivre des images de 6560 x 5415 pixels. Un format original et qui semble, sur le papier, prometteur. Il n’en est rien.

Affichés sur grand écran, les clichés saisis trahissent la faiblesse du capteur. Il manque de précision, notamment pour capturer les petits éléments. S’il n’est vraiment pas au niveau de ce que peut proposer un smartphone, même d’entrée de gamme, pour fournir assez de détails, il compense avec un bon respect des couleurs et des contrastes.

Attention cependant pendant la prise de vue. Le capteur est niché du côté droit de la monture. Si bien que le cadre ne correspond pas toujours à ce que vous regardez en face. Il faut se souvenir de tourner légèrement la tête vers la gauche pour obtenir le cadre souhaité.

 

Attention aussi si vous portez une casquette. Il y a de grandes chances que sa visière occupe la partie supérieure du cadre.

En vidéo, les lunettes peuvent filmer en 1080p à 30 images par seconde. Le petit capteur fait tout ce qu’il peut mais sans stabilisateur optique (même si un stabilisateur électronique est activable depuis l’appli), les images délivrées donnent rapidement le mal de mer. Ne tentez pas de filmer quoi que ce soit en marchant ou en courant. Par ailleurs, la qualité n’est pas non plus au rendez-vous. Les contre-jours sont très mal gérés et le capteur perd totalement pied lorsque la lumière décroit. Quant au son, il est légèrement en avance par rapport à l’image. Le rendu est par ailleurs étouffé et lorsque le vent se lève, les conversations capturées deviennent inaudibles. Bref, la vidéo est à utiliser avec modération. 

Audio : bon pour les appels, pas pour la musique

Les lunettes de Save permettent de passer des appels téléphoniques. Et mieux vaut limiter la partie audio à cet usage. Pour les voix humaines et les échanges, elles ne s’en sortent pas trop mal même si l’on aurait apprécié un petit peu de volume supplémentaire.

Pour l’écoute de musique en revanche, c’est une vraie catastrophe. Elles n’émettent aucune basse. Si bien que l’on a l’impression d’avoir près de l’oreille une vieille radio FM avec un son métallique qui ne se concentre que sur les médiums haut et les aigus. De quoi vous faire détester vos morceaux préférés.

Fonctions IA : l’essentiel est là

En général, l’avantage des lunettes connectées repose sur la couche d’intelligence artificielle embarquée. Ne tournons pas autour du pot : le modèle de Save fait le minimum.

Il est d’abord possible d’interpeller l’assistant vocal Cyan en énonçant à haute voix « Hey Cyan » (à prononcer Sayann sinon, il reste sourd aux demandes). On peut alors lui poser des questions mais il ne répond pas forcément à l’oral. On peut lui demander quel est l’animal, la plante, le tableau, etc. qui se trouve face à nous. Les lunettes prennent en photo la scène puis la réponse arrive dans les haut-parleurs (pourvu que le smartphone soit connecté à Internet). Les descriptions sont justes et la réponse est globalement bonne. Mais il arrive parfois que l’assistant garde le silence. Il faut alors aller chercher la réponse dans l’appli dans l’onglet IA> Discussion.

La traduction simultanée est également disponible. Par simultanée, on entend toutefois en léger différé. Il faut au préalable lancer l’outil de traduction depuis l’appli. Ne reste plus qu’à choisir la langue d’origine et celle vers laquelle la traduction doit porter. Le live n’est pas possible. Il faut faire une pause pour obtenir la traduction (à l’oral) et la transcription à l’écrit. Une solution qui conduit à de discussions qui manquent de fluidité. 

Autonomie et recharge : suffisant pour un usage modéré

Les lunettes de Save se dotent d’une petite batterie de 260 mAh soit l’équivalent de ce que l’on trouve dans les montres connectées actuelles. Selon la marque, l’autonomie peut atteindre une journée d’usage… à condition de ne pas trop forcer quand même. Multiplier les enregistrements photo/vidéo/audio peut vite vider la batterie. Avec un usage raisonnable cumulant le recours à l’assistant IA, quelques conversations téléphoniques et la prise de photos et de vidéos, les lunettes ont tenu 5 heures. Douze minutes d’enregistrement vidéo en continu ont fait fondre la batterie de 25 %. Ce n’est pas si mal. Quant à la recharge complète, elle a nécessité deux bonnes heures. C’est un peu lent.

Savec G2 Pro : des lunettes connectées abordables mais basiques

© Save

Avec ses G2 Pro, Save montre que les lunettes connectées peuvent devenir un accessoire accessible. Bien sûr, il ne faut pas trop leur en demander. Les photos capturées manquent de détails, la qualité des vidéos est très éloignée de ce que peut produire un smartphone et l’écoute audio est vivement déconseillée si vous tenez à apprécier la musique. Néanmoins, l’essentiel est là.

L’assistant vocal répond présent (la plupart du temps) avec des indications pertinentes dénichées sur le Web. Reste une grande inconnue : la confidentialité des données. Le modèle HeyCyan AI à bord de ces lunettes (et utilisé dans de nombreux autres modèles à prix abordables) sort tout droit des laboratoires de Quingcheng Future Technology, une société basé à Shenzhen, en Chine.

Toutes les données sont collectées pour leur traitement par IA afin de fournir les réponses aux questions demandées. Il est également indiqué dans les conditions générales d'utilisation (CGU) que l’entreprise recours aux outils IA de Microsoft pour le traitement du son et de l’image. Bref, vos informations, photos, vidéos et audios partent dans la nature. Un peu comme avec Meta finalement… sauf que la firme de M. Zuckerberg connaît probablement déjà tout de vous !