Free va couper d'office la connexion Internet de certains abonnés : êtes-vous concerné ?

Free va couper d'office la connexion Internet de certains abonnés : êtes-vous concerné ?

Free a commencé à envoyer des courriers d'alerte à une partie de ses abonnés : leur connexion Internet sera coupée le 9 juillet 2026, sans solution de remplacement proposée par l'opérateur. Une très mauvaise surprise.

Des abonnés Free reçoivent en ce moment un mail surprenant et même inquiétant. L'opérateur leur annonce en effet sans détour que leur connexion Internet sera coupée à leur adresse le 09 juillet 2026. Rien de moins ! On imagine la panique causée par cette information brutale.

Les abonnés en question n'ont pourtant rien fait de mal. Il ne s'agit pas d'un problème lié ç une facture non réglée ou à un comportement non autorisé quant à l'utilisation de leur connexion. Non, simplement, ils ont la malchance d'être encore reliés en ADSL en zone non dégroupée. 

L'opérateur reconnaît dans ce même message que leur "adresse n'est malheureusement pas encore éligible à la fibre" et qu'il n'est donc "pas en mesure de proposer une solution de remplacement équivalente". En clair : coupure sèche, sans filet, sans solution de secours.

Pour comprendre cette décision, il faut revenir sur une notion technique qui a longtemps structuré le marché de l'Internet français : le dégroupage. Lorsque Free dispose de ses propres équipements dans un central téléphonique local (le NRA), le client est dit " dégroupé " et les données transitent directement par les infrastructures de Free. Lorsque ce n'est pas le cas, Free loue l'accès au réseau d'Orange – le client est alors " non dégroupé ", ce qui représente un coût pour l'opérateur et limite les services proposés, la télévision par ADSL étant notamment absente.

Les abonnements visés sont les formules Freebox Only et IP-ADSL en zone non dégroupée, correspondant à des lignes qui s'appuient encore sur des équipements Orange dans les centraux téléphoniques. Il s'agit d'un profil d'abonné de plus en plus rare. En 2026, à peine 12 % des clients fixes de Free utilisent encore l'ADSL, et les zones non dégroupées représentent une fraction encore plus réduite de ce total.

La décision de Free est par ailleurs indépendante du grand calendrier de fermeture du réseau cuivre piloté par Orange, qui se déroule commune par commune jusqu'en 2030. Il s'agit d'un choix propre à l'opérateur, qui ferme ses accès ADSL non dégroupés selon son propre agenda, sans attendre le calendrier d'Orange. C'est là que le bât blesse pour les abonnés touchés : ces zones correspondent souvent à des territoires moins bien couverts, où la fibre optique n'est pas encore déployée, laissant les abonnés sans alternative immédiate viable.

L'impact de cette coupure dépasse la simple perte de connexion Internet. Free précise dans son courrier que les services complémentaires souscrits auprès de tiers et connectés à la Freebox cesseront également de fonctionner, comme les alarmes connectées, les dispositifs de surveillance médicale ou les abonnements TV liés à la box. Pour des foyers qui ont construit leur quotidien numérique autour de ces équipements, la coupure peut donc avoir des conséquences bien au-delà de l'absence de Wi-Fi.

Les abonnés concernés par cette mesure peuvent résilier leur abonnement avant le 9 juillet 2026 sans frais supplémentaires. Plusieurs pistes s'offrent à eux. La première est de vérifier si leur adresse est éligible à la fibre de Free ou d'un autre opérateur, les déploiements progressant régulièrement. Si ce n'est pas le cas, une box 4G ou 5G fixe, proposée par plusieurs opérateurs, constitue aujourd'hui une alternative sérieuse dans les zones non couvertes par la fibre, avec des débits souvent bien supérieurs à ceux de l'ADSL.

Enfin, il reste possible de migrer vers un autre opérateur ADSL si la ligne cuivre d'Orange est toujours active dans la commune concernée – ce qui sera généralement le cas jusqu'à la fermeture définitive du réseau cuivre dans ce secteur.

Pour Free, maintenir ces lignes vieillissantes louées à Orange ne présente plus d'intérêt stratégique : les débits sont trop faibles pour répondre aux usages actuels – streaming, télétravail, objets connectés – et les marges y sont quasi inexistantes. La page se tourne, mais pour les malheureux abonnés laissés sans solution, le calendrier de Free laisse peu de temps pour trouver une alternative.